CM-271008AUTEUR : Patrick de Viviès

Parmi les sujets à l’ordre du jour du conseil municipal du 27 octobre 2009, figurait l’extension des attributions du syndicat intercommunal du grand Nouméa (SIGN) et la dissolution des syndicats des Eaux du Grand Nouméa et des Déchets Ménagers. Il s’agit d’une étape importante et annoncée dans le renforcement de l’intercommunalité au sein de l’agglomération pour préparer la création à terme d’une communauté d’agglomération.

Le SIGN a déjà délibéré sur l’extension de ses attributions le 15 octobre et les conseils municipaux des quatre communes concernées doivent désormais statuer en des termes identiques sur cette extension concomitante à la dissolution des syndicats des Eaux du Grand Nouméa et des Déchets Ménagers. Le haut-commissaire sera ensuite invité à constater par arrêté cette extension-dissolution comme le prévoit le code des communes.

CM-maire-281009Une modification des statuts du SIGN a été opérée à cette occasion, la mutualisation des moyens entre syndicat entrainant une diminution de la contribution de la commune de Dumbéa – la base actuelle étant toutefois évolutive – et une modification du calcul de la contribution respective des communes sur la base du fond intercommunal de péréquation (FIP).

Parmi les améliorations présentées aux statuts, le doublement du nombre de représentants de chacune des communes, qui passe de deux à quatre, traduit-il une véritable évolution, puisque les deux nouveaux membres sont suppléants des deux premiers ?

CM-Malfar-gogoLe maire indique en réponse à la question d’un élu que le principe d’une présidence tournante tous les deux ans a été retenu, mais personne ne s’est étonné que ce principe ne soit pas traduit dans les statuts annexés au dossier du conseil, qui mentionne une élection parmi ses membres à bulletin secret avec élection au bénéfice de l’âge en cas d’égalité des voix après trois tour. Comme Nouméa dispose d’autant de membres que les trois autres communes et du maire le plus âgé de l’agglomération, comment est-il prévu de garantir le principe de la présidence tournante ?

conseil-281009Le sujet, qui n’a pas passionné les conseillers, aurait mérité quelques questions sur le choix de la procédure d’extension-dissolution, et non de fusion-absorption, effectué avec le concours d’un cabinet juridique. Comment et avec quelles conséquences seront transférés les droits et obligations des syndicats dissouts vers de SIGN, notamment pour les contrats de concessions en cours avec la SADET et VEOLIA ?

La procédure engagée aboutira effectivement à compter du 1er janvier 2010. A noter que les quatre communes examinent cette semaine le schéma de cohérence de l’agglomération et devraient se prononcer sur les suites qu’elles entendent donner à ce document fondateur en matière d’urbanisme et de transport notamment.

Patrick de Viviès

pointe-a-dorade-dumbea-sur-Auteur : Patrick de Viviès

Le lotissement de la pointe à la dorade est désormais raccordé à la station d’épuration de Koutio. Les eaux usées du quartier était prérécemment traités par une station provisoire d’une capacité de 240 équivalent habitants dont le dysfonctionnement avait été souligné.  Cette station était un leurre pour faire croire que nos eaux usées étaient traitées, indiquait Yves Quillien«  dans un commentaire à l’article la mangrove en danger publiés sur ce blog .

Ceci est la station d'épuration provisoire sur laquelle était raccordée le lotissement

Ceci est la station d'épuration provisoire sur laquelle était raccordée le lotissement

« Pour s’en convaincre il faut observer le fonctionnement des neuf postes de refoulement du réseau situés en bord de mer. Certains sont en panne et ” aux abords de certains regards qui sont bouchés , l’eau polluée stagne “,…,” un regard déborde et soulève même le couvercle ”. Les postes qui tournent brassent nos eaux usées et , au lieu de les refouler vers la station d’épuration inopérante , ils les déversent dans ” dans le réseau des eaux pluviales vers la mangrove située non loin “.

Une station provisioire qui aurais du être remplacée par une station propre plus grande en 2004. Mais la construction de cette dernière a été refusée par la mairie en 2004, parce qu’elle empiétait légèrement sur une zone maritime. Puis, lorsque le secteur a été intégré dans la zone d’aménagement concertée de Dumbéa-sur-mer en 2006, le lotissement de la pointe à la dorade s’est trouvé au milieu d’un véritable imbroglio juridico-financier opposant l’ancien promoteur, la commune de Dumbéa, la Secal, gestionnaire de la ZAC pour le compte de la Province sud.

Il aura fallu  cinq ans pour que les riverains réunis au sein de l’association de la point à la dorade est enfin gain de cause et que les eaux usées du lotissement ne soient plus déversés dans la mangrove.

La Station d'épuration de Koutio dispose d'une capacité de 12 500 équivalents habitants

La Station d'épuration de Koutio dispose d'une capacité de 12 500 équivalents habitants

Le raccordement du quartier à la station d’épuration de Koutio a nécessité le changement de nombreuses pompes de relèvement du lotissement car ces dernières, sous-dimensionnées, et obturées par des graviers et autres matériaux de chantier.

Ce raccordement souligne désormais le sous-dimensionnement de la station d’épuration par rapport au nombre d’habitants raccordées. Cette unique station d’une capacité de 12 500 équivalents habitants reçoit en effet tous les effluents du sud de la commune et désormais des nouveaux quartiers de Dumbéa-sur- mer.

10 000 logements sont en construction à Dumbéa

10 000 logements sont en construction à Dumbéa

La remise en service de l’ancienne station, qui traitait les eaux usées de Dumbéa avant 2001, a permis de passer la capacité de traitement à 15 500 équivalent habitants, ce qui reste insuffisant par rapport au nombre de foyers connectés et ne permet pas en tous les cas de traiter dans de bonnes conditions l’ensemble des lotissements en cours de construction sur la commune. La création d’une nouvelle station d’épuration doit donc être sérieusement envisagée par la commune. En effet, plus de 10 000 logements se construisent à Dumbéa aujourd’hui.

Le rapport de la chambre des comptes sur la commune de Dumbéa mentionnait d’ailleurs à ce sujet que « la station d’épuration de Koutio, largement (…) est arrivée progressivement à pleine charge et la commune n’a engagé aucuns travaux, ni aucune démarche pour se doter de nouveaux moyens d’assainissement.Actuellement le coût des besoins communaux pour l’assainissement de ses quartiers sud est évalué à 1,6 MdF CFP uniquement pour la station d’épuration à créer ».

 

Patrick de Viviès

Lire aussi les Nouvelles-Calédoniennes du 20 octobre 2009.

Auteur : Patrick de VIVIESdsm-habitat-social

dumbea-sur-mer-constrdsm-centre-urbaindsm-centre-udsm-immeubleDumbea-sur-merZAC-panda-camionschantier-ZAC-pandazac-pandazac-panda-accesla-mer-vous-attendZAC-Panda-route

Sans commentaires…

Patrick de VIVIES

grand-nouméaAUTEUR : Patrick de Viviès

Dans un ouvrage intitulé « intercommunalité politique et territoire » (1), les auteurs dressent le bilan d’une décennie de tentative de réforme du maillage communal en métropole afin de permettre une gestion des territoire urbain à une échelle géographique correspondant aux enjeux.

Dans la conclusion, les auteurs soulignent que « dès que surgissent des enjeux politiques, les élus, principalement les maires, sont prompts à reprendre la main sur les structures intercommunales. Deplus l’exercice des compétences intercommunales et toujours soumis au bon vouloir des communes, puisque le flou de la répartition des compétences rend toute action dépendante de la bonne entente au sein du couple communes-communauté »

En Nouvelle-Calédonie, l’intercommunalité est embryonnaire. Elle peine a sortir d’une simple juxtaposition de politiques communales.

Des signes encourageant apparaissent.

Ainsi le Syndicat Intercommunal du Grand Nouméa (S.I.G.N.) maître d’ouvrage des démarches du schéma d’aménagement et plans de déplacement de l’agglomération de Nouméa (SCAN et PDAN) devrait absorber en 2009 le SIVU des Eaux du grand Nouméa et le SIVU pour le traitement des déchets ménagers du Grand Nouméa.

Le blog de Dumbéa a rendu public le schéma de cohérence de l’agglomération nouméenne (SCAN)

bouchon-à-AuteuilIl a souligné combien notre mode de développement et de déplacement était absurde et insoutenable. Des solutions ont été présentées dans le Schéma de Cohérence de l’agglomération (SCAN) et supposent une nouvelle gouvernance de l’agglomération.

Pour résoudre les problèmes de transport, « il faut aborder la question à l’échelle du bassin de vie de l’agglomération ».
Pour cela, « l’échelle du Grand Nouméa correspond bien à une notion de périmètre de transport urbain, territoire où le transport public doit être géré par une seule autorité organisatrice afin de (…) gommer les ruptures induites par des organisations basées sur les limites communales internes et des logiques très différentes
 »

Il est donc nécessaire « d’une part de trouver des projets communs et d’autre part de créer un grand syndicat mixte des transports (communes, Province, voire plus…) qui regrouperait l’ensemble des autorités actuelles de transports publics. Ce travail à caractère éminemment politique nécessitera la réelle volonté de le mener à bien de la part de toutes les structures parties prenantes à l’affaire »

noumea-SLNCertaines indiscrétions laissent à penser de la Ville de Nouméa serait très réservée concernant la validation des documents d’orientation du SCAN. Ainsi, le premier véritable effort de planification intercommunale pourrait ne servir à rien puisque la principale ville a décidé qu’il lui serait trop demandé que de se contraindre aux ambitions de ces documents.

Pourtant la création d’une autorité organisatrice des déplacements à l’échelle des 6 grands acteurs institutionnels de la ville (les 4 communes, la Province et le Gouvernement) est indispensable si on souhaite une prise en compte plus globale, transversale et intégrée des problématiques de transport .

290px-EstacionelevadaSi cette réserve se traduisait en refus, il constituera un vrai coup d’arrêt pour l’intercommunalité, et un pas en arrière concernant les questions urbaines, alors même que les autres communes de l’agglomération s’enthousiasment de la création d’un organe permettant une gestion à une échelle supra-locale.

Dont-on conclure que la mise en oeuvre d’une stratégie de développement urbain et de transport à l’échelle de l’agglomération pour sortir de l’impasse dans laquelle nous conduit nos pratiques actuelles nécessite de sortir de la logique de pré-carré politicienne pour prendre une hauteur de vue qui n’est pas accessible à tous ?

L’avenir nous le dira.

 

Patrick de Viviès

 (1) Intercommunalité politique et territoire, Paul Boino et Xavier Desjardins, La documentation française

pub-dumbea-sur-merAUTEUR : Patrick de Viviès

Une grande campagne de communication a été engagée par la SECAL mandatée par la province Sud pour ouvrir la commercialisation dans le secteur libre (hors habitat social) aux particuliers, promoteurs et investisseurs des premiers terrains mis en vente à Dumbéa sur Mer. Pages entières de publicité dans les magazines et le quotidien, panneau publicitaires 4 par 3, plaquettes luxueuses, publi-reportage. 

            

 « La mer vous attends là-bas » indique la publicité, alors que les vues d’architectes du publi-reportage (1) sur papier glacé présente le tableau idyllique d’un aussi paisible que luxueux quartier. « Un impact sur l’environnement jugulé » affirme un encadré soulignant le profond souci environnemental des concepteurs.

           

vue-architecte-DSMLe publi-reportage peut en outre laisser croire à la possibilité de trouver du travail sur place. On peu ainsi lire(1)  que « la zac panda accueillera 438 lots d’entreprises » et que « environ deux mille personnes seront appelées à travailler sans ce nouveau quartier nord« .           

La réalité semble pourtant très éloignée de ces images de rêve.

D’abord, les lots au bord de mer ne seront pas commercialisés avant cinq ans. Aussi le particulier est invité à choisir parmi les lots disponibles de part et d’autre de la voie express.

P1030080Un certain nombre d’entre eux  sont à proximité des futures barres d’immeubles dont l’implantation est prévue à la sortie de l’actuel lotissement de la pointe à la Dorade.  Au modeste prix moyen de 2 millions de francs l’are pour des lots à partir de cinq ares !!!  Ensuite, la ZAC contient un nombre très important de lotissements sociaux (51%) seules 49% des parcelles étant à la vente dite libre.            

          

Quand à l’impact sur l’environnement jugulé, il suffit de se rendre sur place un jour de forte pluie pour constater les milliers de mètres cubes de terre qui se déversent dans la mer en raison de l’érosion résultant des imposants terrassements, s’étalant sur plus de deux cent hectares. Allez au bord de mer et appréciez par vous-même l’état de préservation de la mangrove.

           

P1020823Dans son rapport en date du 13 mai 2009 (2) portant sur la commune de Dumbéa, la Chambre territoriale des comptes a rappelé le contexte de la création de la Zac de Dumbéa-sur-mer qui a conduit à une importante augmentation du nombre de logements (près de 2300 en plus) et une diminution du nombre d’équipements publics, notamment scolaires. Pour aboutir à « une densification du projet peut être excessive, une mise en œuvre en net retard ayant engendré des coûts et une réalisation en retrait par rapport au projet initial »

           

Concernant la possibilité de travailler sur place, La Chambre mentionne que « la ZAC de Dumbéa-sur-Mer ne comporte pas d’activités pourvoyeuses d’emplois en dehors du futur médipôle dont une partie des emplois est déjà pourvue par les personnels en poste au sein de l’hôpital actuel et qui n’entrera en fonctionnement qu’en 2014. » Elle émet de grosses réserves concernant la création d’activités dans la ZAC Panda déjà présentées dans ce blog.

            

P1020825Le rapport précise en outre que « la réalisation de l’intégralité du programme d’équipements publics reste tributaire des recettes provenant de la commercialisation effective des lots et notamment des parcelles privées. Or leur commercialisation est rendue difficile par la mise en œuvre des opérations de logements sociaux qui sont prioritaires sur la zone. Par conséquent, l’équilibre du bilan de la ZAC sera difficile à atteindre immédiatement et sera au mieux décalé dans le temps. »

La chambre considère de plus que « la commercialisation des parcelles privées va pâtir du fait qu’une partie de la clientèle potentielle a effectué ses investissements ailleurs, sur les autres lotissements ayant été réalisés depuis 2004 sur le Grand Nouméa »

la-mer-vous-attendDe surcroit, l’ouverture vers la mer du public – l’un des arguments forts du projet initial de la ZAC – a été supprimée au profit d’un accès privatif aux seuls bénéficiaires de terrains en bord de mer. Doit-t-on comprendre qu’il faut attendre la montée des océans résultant du réchauffement climatique pour que « La mer vous attende » là ou les lots sont aujourd’hui en vente, « là-bas » sur le bord de la Voie express  comme le promet la publicité ????            

            

L’enjeu de cette campagne de communication est de taille puisque on attend clairement des investisseurs privés qu’ils prennent en charge le financement des équipements publics de superstructures et assurent ainsi un aléatoire équilibre financier au projet.

           

Patrick de Viviès

pub--sur-mer-

(1) Le Construire n°56, octobre 2009 supplément des Nouvelles-Calédoniennes

(2) Chambre territoriale des comptes de Nouvelle-Calédonie, Rapport d’observations définitives concernant la commune de Dumbéa, mai 2009

péage savexpress kourioAuteur : Patrick DE VIVIES

En 2003-2004, les quatre communes de l’agglomération ont commandé au GIE ADEFRANCE, un groupement qui réuni des établissements publics d’aménagement, des établissements publics fonciers et des sociétés d’économie mixtes français, une étude d’aménagement de l’agglomération pour les quinze ans à venir. La maîtrise d’ouvrage déléguée pour la partie administrative et financière a été confiée à la SECAL et l’ADUA a assurée l’assistance au collège des Maîtres d’ouvrage composé des communes de Nouméa, Dumbéa, Paîta et Mont-Dore. Un diagnostic (septembre 2004) suivi d’une étude prospective (2004-2005) puis d’un projet d’agglomération a été réalisé par ADEFRANCE .

grand-nouméaLe projet d’agglomération d’ADEFRANCE prévoyait notamment  de « remplacer la voie rapide qui arrive en cœur de ville par un réseaux d’avenue structurantes. Cette transformation permettra de supprimer la coupure urbaine qu’elle représente, facilitant l’ouverture sur la mer et valorisera des terrains aujourd’hui délaissés ». (p219)

faire-de-la-savexpress-unr-« Une voie à caractère autoroutier en ville constitue, perpendiculairement à son tracé, une coupure urbaine (…) qui crée une rupture de fluidité dont l’onde de choc ralenti durablement la circulation ». (p220)

voie-urbaineEn un mot, ADEFRANCE propose en 2005 de transformer la voie express dans l’agglomération en voie urbaine ouverte, reliant les quartiers entre eux. Nous sommes en 2009 et le déplacement de péage, initialement envisagé en 2011, semble aujourd’hui reporté aux calanques grecques.

L’objectif pour la Savexpress est de faire financer par les habitants de Dumbéa et de Païta qui se rendent chaque jour à Nouméa le doublement des voies jusqu’à la Tontouta. Mais est-ce bien les résidents de la périphérie ainsi pris en otage qui doivent financer en lieu et place de ceux qui se rendent effectivement à la Tontouta ?

1384842972_6db2c0ec54La conséquence directe de ce choix absurde, inéquitable et irresponsable est de pousser des milliers d’automobilistes à éviter l’utilisation de la voie  à péage en s’engouffrant sur une RT1 mal entretenue, accidentogène et déjà saturée par l’augmentation du trafic en provenance de l’ensemble des quartiers de Koé, Nimba, La pépinière, Val d’ermitage, Les Koghis, Tonghoué, Auteuil qui n’ont pas d’autre alternative pour se rendre à Nouméa.

Notre mode de développement urbain n’est pas durable, ni même soutenable à moyen terme. Il convient de revoir autant nos choix urbains, dans le sens d’un rapprochement des zones d’activité des zones de résidence, que la manière de concevoir nos déplacements, trop focalisés sur le « tout automobile ». 10 000 logements se construisent à Dumbéa alors qu’aucune zone d’activité en proportion ne se crée. Ces nouveaux foyers vont déverser de 2009 à 2020 près de 20 000 voitures supplémentaires sur les deux pauvres axes (la RT1 et la voie express) déjà engorgés aux heures de pointes.

Avant qu’une solution d’ensemble ne puisse être engagée et produire ses fruits, il faudra une à plusieurs décennie. Des solutions à brève échéance peuvent être mises en oeuvre sans délai : le déplacement du péage au delà de Paîta et la transformation de la voie express en voie urbaine !

congestion-autoAuteur : Patrick DE VIVIES

Près de 80% des déplacements domicile-travail s’effectuent en véhicule particulier. Seulement 8% des déplacements domicile-travail s’effectuent en transport public (enquête ménages 2002).

Résumé des épisodes précédents : les activités et les équipements sont concentrés à Nouméa, et cela ne changera pas à court ou moyen terme, plus de 10 000 logements se construisent à Dumbéa ce qui déversera d’ici 2020 environ 20 000 voitures supplémentaires sur les routes menant sur la capitale.

Or les principales voies de communication sont déjà arrivé à un point de saturation grave aux heures de pointe. C’est le constat établi à de nombreuses reprises sans qu’un début de solution ait été engagé. Nous publions à titre d’exemple quelques extraits accablants du schéma de cohérence de l’agglomération nouméenne consacrés au problème des déplacements.

« Quotidiennement, ce sont des milliers de véhicules qui sont déversés à l’entrée de Nouméa sur les quatre principaux axes de l’agglomération : la VDO depuis Koutio et Païta, la RT1 depuis Dumbéa Nord et Païta et la VDE ou la RP1 depuis Mont Dore.
Les mesures de temps de parcours montrent une forte dégradation des conditions de circulation en période de pointe de trafic par rapport aux heures creuses sur ces voies :

temps-de-parcours

La rapide dégradation de la situation au cours des deux dernières années est flagrante. Ceux qui se déplacent au quotidien vers Nouméa constatent une augmentation de près de 50 % des temps moyens de trajets relevés en 2007. Ces temps moyens ne traduisent pas les intenses variations autour de la moyenne dès que survient une perturbation, même minime (accident, pluie, travaux, grève…) ou pendant l’hyperpointe (horaire le plus chargé en période de pointe), qui conduisent à des trajets depuis Dumbéa nord dépassant l’heure de trajet.

« Le réseau routier souffre d’un manque de hiérarchisation des voies et d’un manque de liaisons structurantes à forte emprise dans Nouméa au regard des besoins de déplacements entre secteurs. La VDO est le seul axe véritablement structurant à l’échelle intercommunale, alors que la VDE et la RP1 sont de simples infrastructures à 2×1 voies et que les abords de la RT1 ont été largement urbanisés. L’absence d’un maillage de voies transversales reliant ces pénétrantes augmente considérablement le phénomène d’étranglement du centre-ville. Les nombreux carrefours giratoires rythmant les itinéraires ne permettent pas de réguler les flux et constituent des points noirs de la circulation (carrefour Berthelot, carrefour Rabot). La résorption de ces difficultés aux noeuds stratégiques du réseau ne suffira pas à garantir le retour à une situation pérenne de « non congestion » dans la mesure où les capacités (nombre de véhicules que peut écouler une infrastructure) en centre-ville sont limitées ».

carte-dumbea-Sites-potentie(…) « La croissance très soutenue des trafics contribue au renforcement des problèmes de circulation d’année en année, d’autant qu’aucune alternative crédible à l’usage de la voiture n’est proposée aux habitants du Grand Nouméa. Ce qui est d’autant plus préjudiciable que les principaux axes d’entrée sur Nouméa (VE1 – VE2 et VDE ), de part leur statut de « voie express », sont interdits à certaines catégories d’usagers : piétions bien sûr mais aussi cyclomoteurs et motocyclettes légères ».

(…) « L’échec de la politique de développement du réseau routier a des conséquences doubles : les investissements conséquents réalisés dans le domaine des routes n’a seulement conduit qu’à une augmentation des trafics accompagnée d’une aggravation des problèmes de circulation, et, par ailleurs, la focalisation des collectivités sur les problématiques routières a occulté les problématiques de transport public, parent pauvre des politiques de déplacements. »

Bien évidemment « les encombrements de circulation provoquent-ils des répercussions importantes sur le fonctionnement des transports collectifs (TC). En effet on a pu observer ces dernières années une dégradation significative des temps de parcours des transports publics ».

Il est clair que les solution au problème de fond nécessite la mise ne oeuvre d’un projet ambitieux basé conjointement sur la mise en place d’une réelle alternative au déplacement automobile, sur le développement d’une hierarchisation cohérente du réseau routier, sur le renforcement d’une offre de stationnement en adéquation avec une réelle volonté politique de freiner le développement des déplacements automobiles vers Nouméa, sur la décentralisation d’un certain nombre de services publics et d’activités vers la périphérie, bref sur une stratégie d’ensemble qui prendra au mieux une décénie, au pire plusieurs pour se concrétiser.

péage de KoutioEn attendant la mise en oeuvre de solutions de fond, des réponses urgentes doivent être apportées à la dégradation rapide et chronique de l’engorgement des rares voies d’accès à Nouméa. Parmi les solutions maintes fois recommandées, le déplacement du péage après le village de Païta et la transformation de la Savexpress en voie urbaine ouverte sur les quartiers apportera une amélioration relative immédiate à des milliers d’automobilistes.

La construction en complément de voies reliant l’actuelle voie express à la RT1, notamment entre l’école Higginson et Dumbéa-sur-mer à travers la ZAC Panda répond à la nécessité de mailler et de relier entre eux anciens et nouveaux quartiers. Il y a désormais urgence à agir…

 

Patrick DE VIVIES