chez-carlo-leoni-ok-AUTEUR : Patrick de Viviès

Article dédié à Edouard LEONI, petit fils de Carlo LEONI.

Ces quelques photos de la Collection Brun Dequen (Archives de la Nouvelle-Calédonie) datées d’août 1926 restituent l’ambiance et le style de vie des années 30 le long de la Ouanéoué, au Val d’Ermitage. 

chez-carloau-val-d'ErmitageLa légende précise « Chez Carlo Léoni à l’Hermitage. De droite à gauche: Andrée Metzger (debout), Albi et Dorothée Hagen (assises), Girly Hagen (la première debout) et Hélena Metzger (assise sur la moto) ».

Le terrain concerné se situe le long de la RT1, à droite  en contrebas, immédiatement après la bifurcation des Koghis.

Carlo Léoni l’avait acheté nu en 1921 à M. Hern. Il y construisit « un kiosque et un hangarg couvert de chaume pour s’abriter et pouvoir accueillir parent et amis« . (1)

Situé à mi distance entre la maison Lacroix et le relais de la poste, le terrain Léoni était à quelques centaines de mètre de la halte du train du Val d’Ermitage.

chez-Carlo-LeoniEn 1925, Carlo Leoni revendit l’ensemble à M. Hagen « qui importa de Nouvelle-Zélande une agréable maison préfabriquée en bois pour y loger confortablement sa famille« (1).

vue-ensemble-hermitageLe préau fût transformé, un pigeonier construit, un élevage installé avec des canards, des émus et des tourterelles d’Australie et une très belle volière. Y furent plantés des badamiers, , des arbres du voyageurs, des palmiers, des ibiscus, des bois de fer et des fougères ce qui tranformat l’endroit en havre de paix. La proriété Albi Hagen fût revendue en 1934 à Douglas Carter.Elle est au jourd’hui propriété de M. Courtot.

Patrick de Viviès

 

Ferme-à-l'Ermitage1926(1)La Dumbéa des années 30, Henri Daly, bulletin n°64 SEH

ANC. Collection Brun Dequen 1Num 11-27   11.3 x 6.9 cm L’Hermitage, août 1926.

ANC. Collection Brun Dequen 1Num 11-129    11 x 6.5 cm L’Hermitage, août 1926.

 ANC. Collection Brun Dequen 1Num 11-130   11 x 6.1 cm Hermitage. Le kiosque chambre à coucher.

 ANC. Collection Brun Dequen 1Num 11-131   10.8 x 6.7 cm Vue générale de l’Hermitage.

 ANC. Collection Brun Dequen 1Num 11-241      Chez Carlo Léoni à l’Hermitage. De droite à gauche: Andrée Metzger (debout), Albi et Dorothée Hagen (assises), Girly Hagen (la première debout) et Hélena Metzger (assise sur la moto).

gare-de-l'ErmitageAuteur : Patrick de VIVIES

Dans la vallée de la Ouanéoué, les quartiers du Val d’Ermitage et de La pépinière sont probablement les premiers quartiers résidentiels de Nouvelle-Calédonie.

Bénéficiant depuis 1904 d’une desserte par le chemin de fer, ces quartiers ont attiré de nombreuses familles qui ont ainsi fait l’aquisition de résidences secondaires le long de la Ouanéoué. A l’occasion des Jounées du patrimoine, nous ouvrons cette page de l’histoire dumbéenne.

Val-d'ErmitageHenri Daly, dans son article sur la Dumbéa des années 30 (1) , décrit admirablement la manière les première automobiles faisaient la course avec le train dans le col de Tonghoué. Il fallait une quarantaine de minutes au train pour aller de Nouméa à Dumbéa, les passagers pouvant descendre aux haltes facultatives de Tonghoué, de l’Hermitage ou de La pépinère.

arrêt-de-l'HermitageLa vie du quartier de La pépinière était organisée autour des « deux arrêts de train aux extrémités« , ressemblant  » à un petit village allongé mais sans batiment public et sans chapelle« . « A l’époque  où les voitures particulières étaient encore rares, les gens de l’endroit se conaissaient tous puisqu’ils  se rencontraient et se déplaçaient à pied souvent ensemble pour aller prendre en des points fixe le train, le car, le pain, les vivres, le courrier et en revenir. »

Une photo d’août 1926 de la station de chemin de fer de l’Ermitage (2) offre un témoignage exceptionnel de l’animation provoquée à cette époque par la voie de chemin de fer. Des agrandissements de détails de cette photo sont reproduits ci-dessus.

P1020547Subsiste de cet époque, dissimulés par la végétation, les rambardes et portiques métalliques enjolivés de motifs ornementaux qui soutenaient la passerelle qui permettait, depuis la route de rejoindre l’arrêt de La pépinière.

maison-matsuda-détailA proximité; la maison Matsuda, une réalisation centenaire de la société « le bois calédonien », témoigne de ces habitations du début du sciècle dernier. 

Patrick DE VIVIES

(1) bulletin n°64 de la société des études historiques « La Dumbéa des années 30 » Henri Daly

(2) Station à l’Hermitage du chemin de fer. ANC. Collection Brun Dequen 1Num 11-129   L’Hermitage, août 1926. maison-matsuda-fronton

Auteur : Patrick DE VIVIES

2Ph7---542A l’occasion des jounées du patrimoine, je ne résiste pas au plaisir de mettre en ligne cette photo (1) dénichée au service des Archives de la Nouvelle-Calédonie qui provient du Fonds Maxime Meyer, datée du 1er novembre 1913, et qui témoigne que depuis bien lontemps, la Dumbéa est un lieu de loisirs et de détente pour les Nouméens. Sur la photo, il y a notamment Mme Martin, Agnès, Margot, Lilian et ses deux frères.

pont-du-chemin-de-ferAprès le pique-nique, la promenade au pied du pont du chemin de fer était un incontournable, comme en témoigne cette seconde photo (2), également prise le 1er novembre 1913 et provenant du même Fond photographique.

pile-du-pont-chemin-de-fer-Il ne subsiste plus que les piles de cet ancien pont du chemin de fer. Les automobiles ont remplacé le petit train. Et les fraicheurs des berges de la Dumbéa attirent chaque été un nombre croissant de Nouméens.

Patrick de Viviès

 

(1) ANC « Pique-nique à la Dumbéa »  1er novembre 1913 Fonds Maxime Meyer 2Ph7_542

(2) ANC « Pont de chemin de fer de Dumbé en entier » 1er novembre 1913 Fonds Maxime Meyer 2Ph7-548

AUTEUR : Patrick de Vivies

P1020519Les amateurs de vieilles pierres laissées en souvenir par nos « vieux » en témoignage de leur histoire seront intéressés par les vestiges de l’ancien relais de la poste, situés en contre haut de la RT1, dans le lieu-dit « La pépinière » au sortir du Val de l’Ermitage. C’est probablement un des plus vieux édifices de la vallée de la Ouanaoué, hélas aujourd’hui en très mauvais état de conservation. Les sources écrites qu’il m’a été possible de consulter ne m’ont pas permis de retrouver la date précise de sa construction. Mais l’escalier colonial en brique peut laisser supposer une construction postérieure à la mise en service de la briqueterie de l’Administration pénitentiaire ouverte à Koé après 1879 sur les terrains loués par John Higginson. Le relais fut vraisemblablement  contemporain des premières  commissions municipales et  la première école située sur l’emplacement de l’actuelle école maternelle John Higginson.

P1020529 La bâtisse, en état de délabrement avancé, a été restaurée avec les moyens du bord par les actuels occupants, la véranda ne tenant que grâce à un renfort de poteaux en acier galvanisé. A l’intérieur, le plancher est partiellement effondré et il est difficile, dans la pénombre, de percevoir les étagères en bois d’époque qui servaient à stocker le courrier. Sur un des murs subsiste le  portrait d’une femme qu’un rayon de soleil glissé par cette porte si rarement ouverte tente de sortir de l’oubli.   

Le relais de la poste a vu ce quartier naitre et se développer lorsque la ligne de chemin de fer a favorisé l’installation de nombreux foyers entre 1920 et 1930. Dans un article d’Henri Daly, qui témoigne de « La Dumbéa des années 30 » dont de larges extraits ont été repris dans le bulletin n°64 de la société des études historiques, le relais est décrit comme « la première maison que l’on rencontrait dans le secteur », « celle des Hemion de 1902 à 1935 puis des Gazengel. La maison se trouvait sur la gauche en très légère surélévation, un peu en retrait de la route. Bien des années plus tôt elle avait constitué un relais de poste ou la « patache » venant de Nouméa changeait son atelage de chevaux fatigués par la montée et la descente du col. »

Si vous disposez de témoignages, d’anegdotes ou d’informations sur l’histoire du relais de la poste, n’hésitez pas à les partatger.

P1020532

pontferAlors que nous sommes nombreux à nous épuiser chaque matin dans les interminables bouchons pour quitter notre dortoir communal et retrouver notre travail nouméen, je voulais rappeler qu’en des temps pas si lointains de l’histoire dumbéenne, on pouvait se rendre à Nouméa en train.

Il a tout de même fallu plus de 17 ans entre la décision, prise par le Gouverneur Pallu de la Barrière, en 1884, qui déclara d’utilité publique la création d’un chemin de fer calédonien, et le début des travaux en 1901. C’est seulement en décembre 1904 que la ligne Nouméa-Dumbéa sera inaugurée, donnant un nouvel essor à la commune. Le creusement du tunnel de Tonghoué constituait le principal ouvrage d’art de ce premier tronçon. Il faudra attendre 1914 pour que le train parvienne à Païta, franchissant un pont sur la Dumbéa et le tunnel d’Erambéré

Le petit train n’a pas su hélas trouver son équilibre financier. Le déficit s’est creusé d’année en année jusqu’à la fermeture de la ligne en 1940, pour une brève renaissance pour le transport de munitions à l’occasion de la seconde guerre mondiale.

Ce billet est un hommage à l’audace des pionniers d’avant qui n’avaient pas hésités à s’engager dans des travaux titanesques –surtout avec les moyens de l’époque- s’étalant sur plusieurs décennies, pour doter les pays d’un moyen de transport stratégique pour l’acheminement du Nickel, du bois de chauffage, du charbon de Nondoué et des personnes. Dans le contexte de la congestion croissante de la circulation automobile dans l’agglomération, un transport ferroviaire serait-il rentable ?

La réponse à cette question dépend probablement de la manière dont on calcule cette rentabilité : s’il on introduit l’économie que l’on pourrait réaliser sur les coûts cachés de notre mode actuel de transport – reposant exclusivement sur l’automobile, l’efficacité économique du transport collectif apparaitrait sans doute plus évidente.

En effet, notre société consacre collectivement un budget de plus en plus important au « tout-automobile », depuis la construction et l’entretien d’un nombre croissant de routes, en passant par la consommation de carburants, sans oublier les coûts de recyclage des épaves et déchets de la route et le prix du sang que payent ceux d’entre nous qui meurent chaque année dans des accidents de circulation.

290px-EstacionelevadaLes pionniers nous ont laissé en héritage le foncier de cette ancienne voie qui a largement échappé à l’urbanisation. Sachons le mettre en valeur en suivant leurs traces… et en nous inspirant de leur audace.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous à un transport collectif de type train rapide ou pensez-vous qu’au contraire, l’avenir est dans d’autres solutions de type « transport en commun en site propre« , c’est à dire à des bus sur des voies réservées ? Ou préféreriez vous des solutions du type transport collectif maritime comme à Sydney ?