sortie-sur-la-dumbeaAuteur : Patrick de Viviès

decouverte-de-la-dumbeaL’association Dumbéa Rivière Vivante et le WWF ont monté avec l’école John Higginson de Dumbéa un projet se déroulant sur trois mois dont l’objectif est de sensibiliser les élèves d’une classe de CE1 à la vie de la rivière.

les-enfantsLe projet s’articule autour de la réalisation par une classe d’une maquette géante (2m sur 2.5 m) du bassin versant de la rivière Dumbéa avec le concours d’un artiste plasticien Terence Barnes.

la-pêche-miraculeuseS’inspirant d’un projet analogue réalisé par le WWF avec la tribu de Gohapin, Dumbéa Rivière Vivante et le WWF ont  considéré que la réalisation d’une maquette dans le cadre d’un projet d’école était un moyen efficace de faire toucher du doigt les enfants de la commune la réalité de ce qu’est un écosystème de rivière et des menaces qui pèsent sur ce milieu fragile.

libellule-rougeOutre les enfants de la classe de maîtresse Caroline, acteurs du projet, l’opération permet de sensibiliser l’ensemble de l’école, les partents, et la population dans son ensemble.  La maquette est un excellent support pédagogique qui pourra au terme de l’opération être exposé dans l’école et dans d’autres sites et présenté au plus grand nombre.

Le projet, qui a débuté le 21 septembre, alterne travail en classe et sortie sur site.

hubert-et-les-enfantsLe 29 septembre, les élèves, encadrés par des bénévoles de Dumbéa Rivière Vivante, ont pu découvrir sur place la richesse de la faune et de la flore qui leur était présentée par Hubert Géraux et Hélène Bucco du WWF et par Pascal Guillotin, président de Dumbéa Rivière Vivante. Les poissons, les oiseaux, les insectes, toutes les formes de vies dans, au-dessus et autour de l’eau de la rivière ont été  inventoriés méthodiquement par nos chercheurs en herbe. Les liens entre les espèces, les chaines alimentaires, les différents types de milieux ont été mis en évidence afin d’illustrer la complémentarité et les interdépendances au sein de ce biotope sensible.

la-dumbea-à-secDRV-et-WWF-Le produit des collectes a été passé en revue au terme de ce périple pour favoriser l’apprentissage des notions abordées au cours de la visite.

 

 

CE1-de-l'ecole-higginsonLes enfants sont partis enchantés de leur sortie et pourront relier ces connaissances au cours de la suite du travail qui développera leur sens de l’orientation et de la visualisation dans l’espace.

DRV-sortie-rivièremaitresse-carolineUne seconde sortie sur site est programmée le 29 octobre pour sensibiliser les enfants sur les menaces qui pèsent sur la rivière (feux, pollution, errosion, espèces envahissantes, etc), à un moment ou le travail sur la maquette avec l’animateur plasticien sera déjà avancé.

Patrick de Viviès

rivière vivante

Patrick de Viviès, Caroline Niautou, Hubert Géraux et Pascal Guillotin en juin dernier lors de la préparation du projet

P1020796P1020790AUTEUR : Patrick DE VIVIES

En parcourant le bord de mer dans le lotissement de la pointe à la dorade, qui est le premier quartier habité de Dumbéa-sur-mer, la menace pesant sur la mangrove dumbéenne est bien visible. Ordures, plastiques, déchets ménagers sont abandonnés en abondance sur chacun des cul-de-sac du lotissement qui offrent un accès à la mer. On y trouve même, à quelques mètres de l’eau, des déchets hautement toxiques comme des batteries, abandonnés dans ce qui ressemble à de véritables dépotoirs sauvages.

Mais cette pollution du fragile écosystème de la mangrove n’est que la partie visible de la pression résultant de l’urbanisation rapide de la façade maritime de Dumbéa. En effet, le réseau de traitement des eaux usées de ce lotissement qui accueille environ trois cents foyers n’est aujourd’hui pas opérationnel, si bien que l’on peut légitimement se demander si une part importante de cette pollution ne va pas directement dans la mangrove et à la mer. (voir Les Nouvelles Calédoniennes du 30 janvier 2009)

P1020798En effet une station d’épuration provisoire de 240 équivalents habitants avait été construite par le promoteur du lotissement en attendant d’en construire une plus grande. Mais la construction de cette dernière a été refusée par la mairie en 2004, parce qu’elle empiétait légèrement sur une zone maritime. Puis, lorsque le secteur a été intégré dans la zone d’aménagement concertée de Dumbéa-sur-mer en 2006, le lotissement de la pointe à la dorade s’est trouvé au milieu d’un véritable imbroglio juridico-financier opposant l’ancien promoteur, la commune de Dumbéa, la Secal, gestionnaire de la ZAC pour le compte de la Province sud (voir Les Nouvelles-Calédoniennes du 11 novembre 2008)

Depuis près de quatre ans, les pouvoirs publics sont donc  informés que la station d’épuration est saturée. Avec les conséquences qui en découlent en terme d’hygiène publique et d’environnement, sans qu’une solution n’ait pu être trouvée.

P1020827Comme si cela ne suffisait pas, la mangrove doit à présent absorber les milliers de mètres cubes de boues que les pluies drainent. En effet, plus de deux cents hectares sont en cours de terrassement sur le vaste chantier de Dumbéa-sur-mer et les pluies des ces derniers mois sont la source d’une intense érosion.

Cette imposante pression  sur un écosystème aussi fragile que la mangrove surprend de la part d’acteurs publics engagés dans un aménagement urbain novateur présenté comme respectueux de l’environnement.

P1020793La mangrove joue un rôle central dans la chaine alimentaire du lagon, dans la préservation de la mer contre l’érosion et dans la reproduction des poissons. Et notamment dans la reproduction des poissons d’eau douce vivant dans la Dumbéa, comme l’on démontrés les études (1) sur la faune de poissons d’eau douce réalisées par Dumbéa rivière vivante et par la Province sud. La Dumbéa abrite une faune dulçaquicole parmi les plus diversifiée de Nouvelle-Calédonie. La plupart des espèces recensées dans le cours supérieur vont se reproduire dans la mangrove de l’estuaire aujourd’hui en danger.

 Il serait donc grand temps que les pouvoirs publics se mobilisent pour limiter l’impact de l’urbanisation de cet écosystème en danger. Ne croyez-vous pas ?

P1020804(1) Faune ichtyologique et carcinologique de Nouvelle-Calédonie, Christine Poellabauer,Province sud, Faune aquatique de la Rivière Dumbéa, Christine Poellabauer, Dumbéa rivière vivante.

Branche-nordAUTEUR : PASCAL GUILLOTIN

 La nature, grâce aux hommes, vient de remporter une victoire !

La mairie de Dumbéa, à l’initiative de l’association Dumbéa Rivière Vivante, va interdire l’accès à la branche nord à tous les véhicules à moteur :

4X4,  motos, quads, …

Depuis plusieurs années, l’association se bat pour la protection de l’ensemble de la  rivière de Dumbéa et ce premier pas de préservation est une belle avancée !

 

Mais interdire pourquoi ?

Kuhlia-rupestrisTout d’abord, et pour ceux qui l’ignorent encore, la rivière Dumbéa est une richesse pour la nature :

40 espèces de poissons d’eau douce dont 11 endémiques.

24 espèces d’oiseaux dont 20 endémiques.

9 espèces de palmiers dont 4 d’une grande rareté.

DSCN4980La richesse paysagère de la branche nord est diverse et magnifique, un sentier en bord de torrent, des trous d’une eau cristalline (marmite du diable). Malgré le feu qui l’a ravagée il y a quelques années, la flore est variée : maquis minier et surtout forêt primaire en fond de vallée.

En outre elle a été un centre de prospection minière dont il reste encore quelques vestiges qui racontent l’histoire du pays. Autant de raisons qui doivent nous faire réfléchir sur le pourquoi de la dégradation du site.

Le feu bien sûr, première cause de mortalité de la Dumbéa : mégots, barbecues mal ou pas éteints, pyromanes , bouteilles en verre …il y a quelques années 700 hectares ont brûlé … On en voit encore les traces ! Les déchets qui dégradent l’esthétique de la nature et génèrent en se décomposant des effluents nocifs pour la faune ou la flore …

Les passages répétés de véhicules qui arrachent  et entaillent les arbres, qui s’embourbent et laissent derrières eux plusieurs mètres carrés nus de végétation ! Dont le bruit moteur ou le son radio fais fuir mammifères, oiseaux et randonneurs et qui exportent au plus loin les déchets de la bêtise humaine !

Bien sûr tous les amoureux de la mécanique ne sont pas à loger à l’enseigne du vandale, mais il est légitime que les endroits les plus sensibles soient aussi les plus protégés , la Dumbéa nord est très fragile et il est plus que temps de limiter l’impact des hommes sur son cours.

Arauc-2Cette mesure de fermeture ouvre donc des perspectives pour l’avenir. D’abord, elle démontre la prise de conscience de nos élus communaux sur les richesses naturelles de la commune, ce n’est pas rien. Ensuite, elle ouvre la porte à l’équipement des sites pour accueillir correctement les visiteurs : balisages de sentiers de randonnées sportives ou familiales, installations pour le pique-nique, panneaux explicatifs sur la nature ou l’histoire, etc.

Dumbéa Rivière Vivante œuvre pour la protection de la vallée de Dumbéa, protection et aménagement des sites sont les voies qui y mènent.

Il est temps de rendre à l’homme la place qui est la sienne et cette place est dans et avec la nature, sans trop d’artifices  et dans le respect des autres !

 

Pascal Guillotin

Président de Dumbéa Rivière Vivante

 PS : Pour fêter ca nous organiserons bientôt une journée de nettoyage de la branche nord …. A suivre