P1020477Auteur : Patrick de Viviès

P1020476Visibles sur la route du barrage ou route de Koé, quelques centaines de mètres après avoir quitté la RT1, les ruines de la sucrerie de Nimba sont un des vestiges les mieux conservés de l’épopée des sucriers de Dumbéa.P1020473

 

Evenor Degreslan et Paul Duboisé fuient la crise sucrière sur l’ile Bourbon et s’installent en Nouvelle-Calédonie en 1863 et 1864.

 

P1020478champ-de-canne-à-sucre

Ils s’associent pour planter la canne à sucre et monter une rhumerie. Ils s’installent sur la rive gauche de la Dumbéa, à Nimba, suivis de créoles et de malabars réunionnais, sur des terrains loués à Didier Numa Joubert : 132 hectares sur la plaine de Nimba.

 

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ANC Extrait Périmètre de la Dombea 2num 16

Le Gouverneur Guillain promit une prime de 500 hectares au premier colon qui parviendrait à doter la colonie d’une sucrerie. Numa Joubert, associé au réunionnais Gustave Clain toucherons la prime, en juin 1868. Evenor Degreslan la touchera finalement également trois ans plus tard en 1871.

Il reçoit une concession gratuite de 500 hectares sur la rive droite qui s’entendait depuis le départ de la route de Nakutakoin après le pont sur la Dumbéa jusqu’au bas du col de Katiramona.

Les deux férus d’agriculture réalisent un jardin d’essai à Nimba pour étudier le rendement de différentes sortes de cannes et pour acclimater des tubercules comestibles et des arbres fruitiers (1).

P1020472Ils introduisent ainsi la patate douce, le letchi, l’avocat, les mangues et plantent même du riz. Evenor Degreslan, plante également autour de sa demeure toutes sortes d’arbres de palmiers, de plantes exotiques qu’il fait venir de la réunion : sapotiers, kapotiers, cerisiers de Madagascar, pommiers de Cythère, citronnelle, vanille… On prête même à Evenor Degreslan l’introduction du Merles des Moluques pour lutter contre les invasions de sauterelles (4).

Paul Duboisé épousera Rose Joubert, la fille de Didier Numa Joubert (3) et reparti quelques années plus tard en Australie, à Hunter hills, dans le fief des Joubert (1)

Propriété-Duboisé-et-Grelan

ANC Album Robin – de Greslan 1 Num 1 - 23 E. Robin "Plaine de Némba, Propriété Duboisé et Grelan, Dumbéa", 1868.

Degreslan-Evenor

Evenor Degreslan

Evenor Degreslan devient propriétaire en 1871 de la plaine de Nimba qu’il rachète à la fille de Numa Joubert et possède en 1872 plus de 2300 hectares.

Dès 1867, il fait parti du conseil privé du Gouverneur et est chargé, en 1874 de recenser la population blanche du sud de la colonie.

Il préside à deux reprises la commission municipale de Dumbéa et siègera au Conseil général en 1885.

Evenor Degreslan a fondé la franc-maçonnerie en Nouvelle-Calédonie, l’Union calédonienne qui relève du Grand Orient.

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ANC. Collection Brun Dequen 1Num 11-392 Propriété Higginson (Numba) – Dumbéa

P1020552A proximité des vestiges de la sucrerie de Nimba,  face à l’allée des Palmiers, la résidence, une grande demeure de style colonial construite entre 1865 et 1869 par Degreslan- Duboisé, désormais propriété Fayard a été restaurée depuis que son toit a été arraché par le cyclone Erica en 2003.

allee-palmiers-ANC-1Num2---

ANC 1 Num-2 -983 Album de l'Archevêché de Nouméa Allée des Palmier Dumbea

P1020556Acquise par Victor Fayard en 1926 elle fût également propriété de John Higginson de 1878 et à  sa mort en 1904, ses héritiers la louèrent à la famille Lemoy qui en fit un restaurant vers 1911.erica_29

P1020468Toujours à côté des vestiges de la sucrerie de Nimba, côté route du barrage, face au trou sans fond, une solide maison d’époque qui fut habitée successivement par Léon Fayard et Charles Fayard, aujourd’hui décédés.

Cet ensemble de constructions offrent un témoignage inestimable de l’épopée des sucriers de Dumbéa.

Patrick DE VIVIES

(1)La Dumbéa des années 30, Henri Daly, bulletin n°64 SEH
(2) Toi qu’on appelle Dumbéa, B. Fustec
(3) D N Joubert, Pionnier Malchanceux, Claude Cornet, n°112 SEH
(4) La canne à sucre dans la vallée de la Dumbéa, D N Joubert, n°112 SEH

Photos anciennes :

ANC. Collection Brun Dequen 1Num 11-392             Propriété Higginson (Numba) – Dumbéa

ANC Album Robin – de Greslan 1 Num 1 – 23    E. Robin « Plaine de Némba, Propriété Duboisé et Grelan, Dumbéa », 1868.

ANC. Album Raoul de la VAISSIÈRE 1 Num 4 -44 Homme dans un champs de canne à sucre.

ANC   Album de l’Archevêché de Nouméa 1 Num-2 – 983 Allée des Palmiers à Dumbea

moto_Nouvelle-CaledonieAUTEUR : Lysis SONG

La Province Sud vient de prendre un arrêté interdisant aux motos marines, aux plaisanciers et aux Kite surfers de s’approcher à moins de 200 mètres de l’île aux Goélands de façon à ne pas perturber la reproduction de ces oiseaux actuellement en période nuptiale, période précédant celle de l’incubation.

Sur les ondes d’une radio locale, on nous a même expliqué que l’ombre d’une aile de Kite Surf pouvait provoquer la fuite de ces animaux  qui l’assimilent à un énorme prédateur et quittent alors définitivement leur nid.

 Peut-être ? De toute façon, il ne s’agit pas ici de condamner cette décision mais bien d’établir un parallèle avec les êtres humains.

 En effet, si je peux comprendre qu’on s’inquiète de la tranquillité des animaux, il serait aussi grand temps de s’occuper de la nôtre.

rte-de-koéLes Riverains de Koé ont, dans leur très grande majorité, intégré les interdictions susceptibles de causer une gêne pour leur voisinage notamment le dimanche, mais, ils ne s’expliquent pas encore pourquoi chaque week-end, quelques motards, apparemment étrangers au quartier, regroupés par 5 ou 6, s’amusent à effectuer des courses sur la grande ligne droite de Koé comme s’ils circulaient sur le circuit de NAKUTAKOIN pourtant si proche.

Circonstance aggravante (tout au moins, je le pense), ces deux-roues déjà bruyantes à régime normal deviennent assourdissantes (doux euphémisme) plein pot, de telle sorte qu’on anticipe leur arrivée à plusieurs centaines de mètres.

moto okA quand les sonomètres agréés ?

Pendant une période, la gendarmerie nationale et la police municipale effectuaient des contrôles de vitesse dont nous n’avions qu’à nous féliciter.

controle_routierMalheureusement, cette excellente pratique a disparu trop rapidement.  Avec l’approche des vacances (et des baignades) amenant un afflux de visiteurs, nous ne serions pas opposés à la présence des hommes en uniforme du côté du Couvoir. A moins que leur présence annoncée, avec la mise en place de la déviation, à hauteur de la Rhumerie, nous amène un répit inespéré, mais, peut-être éphémère.

 Alors qu’une tondeuse est beaucoup moins bruyante, son utilisation est frappée d’une interdiction dominicale. Les Riverains de Koé (et par extension, les Dumbéens) seraient-ils, donc, les seuls concernés par la lutte contre le bruit ?

 Va-t-on laisser ces quelques « visiteurs – pollueurs »  nous empoisonner l’existence ?

 N’avons-nous pas le droit comme les sternes à notre tranquillité ?

 …mais, il y a aussi des riverains exaspérés.

 Lysis SONG

(1) Parodie des paroles de la chanson de François DEGUELT, « Le ciel, le soleil et la mer »

Carigou-panneauAUTEUR : Patrick de Vivies

Nous avions annoncé dans un précédent article le démarrage des travaux de construction d’un nouveau pont sur la rivière Carigou, au niveau de l’Auberge de la Rhumerie. Depuis mercredi 4 novembre, la déviation est désormais en place et les véhicules doivent tourner à gauche juste avant l’Auberge, et suivre la voie qui traverse une propriété privée.

carigou-déviationCarigou-pont-déviationLa construction du nouveau pont, appelé à remplacer l’ancien, va pouvoir débuter. Ils devraient se poursuivre jusqu’au mois d’avril.

Les travaux sont financés par la ville et 52 MF sont inscrits au budget primitif de la ville pour financer cette infrastructure. Compte tenu de la faiblesse du budget d’investissement de la commune cette année, liée à la situation financière très difficile dont à hérité la nouvelle mandature, l’effort de la municipalité marque la volonté politique de respecter un engagement de campagne que la précédente mandature n’avait jamais honoré.

bouchon-col-de-tonghouéSi on ne peut que se féliciter de l’engagement de ces travaux attendus qui sécuriseront la traversée du creeck, force est de constater que la route vers Nouméa est désormais un véritable parcours du combattant : déviation à la Rhumerie, une voire parfois deux circulations alternées simultanées dans le col de Tonghoué, avec ses tranchées instables traversant la RT1, ralentissement pour travaux au niveau du futur giratoire des Alamandas, à l’entrée du nouveau lotissement des collines d’Auteuil… Vivement la quille !!!

Patrick de Viviès

A lire également « Le pont de la Rhumerie refait à neuf », les Nouvelles-Calédoniennes du 2 novembre 2009

pont-carigou-dumbeaAUTEUR : Patrick DE VIVIES

pont-carigou-déviationLes habitants de la plaine de Koé l’attendaient. Cela fait plus de dix ans qu’on nous le promettait. Il avait même été inscrit au budget de la commune depuis 1999 sans jamais être réalisé. Le pont du Carigou, aussi appelé pont de la Rhumerie ne permettait pas le croisement de deux véhicules. Il va donc être remplacé par un pont tout neuf de 8 m de large et de 14 m de long.

pont-carigou-ouvrierspont-carigou-provisoireLes travaux qui ont débuté la semaine dernière consistent à mettre en place une déviation. Un accès aux berges de la Carigou a été aménagé face à l’Auberge de la Rhumerie, au niveau de l’arrêt de bus, la déviation traversant ensuite la propriété situé sur la gauche de la route pour ressortir au niveau du portail.pont-carigou-buses

 

 

 

 

 

 

Un pont provisoire sera très prochainement posé. Une fois la déviation en place, les travaux de construction du pont neuf sur la Carigou devraient durer trois à quatre mois. Les travaux sont financés par la ville et 52 MF sont inscrits au budget primitif de la ville pour financer cette infrastructure. Compte tenu de la faiblesse du budget d’investissement de la commune cette année, liée à la situation financière très difficile dont à hérité la nouvelle mandature, l’effort de la municipalité marque la volonté politique de respecter un engagement que la précédente mandature n’avait jamais honoré.

Le pont en bois sur une carte Bernier datant de 1921

Le pont en bois sur une carte Bernier datant de 1921

Nous ne sommes pas parvenus à déterminer précisement de quand date le pont actuel sur la Carigou. Ce qui est certain, c’est que dans les années 20-30 on fanchaissait le creeck sur un ponceau de bois (1). La seconde plaine de Koé, de l’autre côté du creeck, fût connue pendant la seconde guerre mondiale sous le nom de la vallée des hotipaux, en raison des établissements hospitaliers que les américains et les néo-zélandais y avaient construit. Peut-on pour autant déduire que ce pont actuel fûr construit par les alliés ? Rien ne me permet de l’affirmer.

Patrick DE VIVIES

(1) La Dumbéa des années 30, Henri Daly, bulletin n°64 SEH

(2) ANC Carte Bernier 2 num 16-26 2-43 1921

facture-eau-okAUTEUR : Lysis SONG

Par définition, une redevance est « une taxe due en contrepartie de l’utilisation d’un service public. »

 Ainsi, nous payons :
* une redevance d’enlèvement des ordures ménagères (Facture de la Mairie de DUMBEA)
* une redevance comptage (Facture ENERCAL)
* une redevance d’assainissement (Facture de la Calédonienne des Eaux)
* une redevance Abonnement rebaptisée « Investissement A.E.P » (Facture de la Calédonienne des Eaux)
* Etc, etc ….

Lorsque le  service de ramassage des ordures ménagères n’est pas effectué, la Mairie procède fort logiquement à un dégrèvement sur notre facture trimestrielle. Quoi de plus normal ? Lorsque vous ne bénéficiez pas du courant électrique fourni par ENERCAL ou E.E.C, il serait étonnant qu’on vous réclame une redevance comptage. Les abonnés du lotissement de La Pointe à la Dorade ont obtenu, fort logiquement, depuis le début de l’année, la suppression de la Redevance Assainissement et le remboursement des sommes prélevées depuis la signature de leur contrat d’abonnement, compte tenu du fait que le réseau de refoulement du lotissement jusqu’à la station d’épuration de KOUTIO ne peut être mis en service sans avoir fait l’objet de travaux de renforcement.

grd tuyauLa redevance Abonnement (Investissement A.E.P) qui apparait sur votre facture trimestrielle d’eau concerne tous les abonnés du Grand Nouméa, qu’ils soient ou non reliés au Grand Tuyau. Certains, et notamment les usagers de la partie sud de la commune du Mont Dore ont la certitude d’être assujettis à cette redevance sans boire l’eau de TONTOUTA. (1) D’autres, comme les abonnés de Koé, voire des KOGHIS ont de sérieux doutes.

C’est bien la raison pour laquelle, nous réclamons à cor et à cri la pose d’un compteur à l’instar de ce qui s’est fait pour nos voisins de KATIRAMONA. Au moment où le nouveau règlement du Service de l’Assainissement Collectif de la Commune de NOUMEA exige que : « Si vous êtes alimenté en eau, totalement ou partiellement, à partir d’un puits ou de toute autre source qui ne relève pas du service public, vous êtes tenu d’en faire la déclaration en Mairie. Dans ce cas, la redevance d’assainissement applicable à vos rejets est calculée :
– soit par mesure directe au moyen de dispositifs de comptage posés et entretenus par vos soins,
– soit …………………….
 » (2)

On croit rêver. Les compteurs à poser, c’est bien connu : c’est pour les usagers, pas pour la Calédonienne des Eaux.
Pour terminer, sachez que La Calédonienne des Eaux (filiale de SUEZ) est en charge de facturer, de recouvrer cette redevance Abonnement auprès des usagers pour la reverser directement au Concessionnaire, la S.A.D.E.T, qui est également une filiale de SUEZ
Conclusion : Pour la Calédonienne des Eaux, le mot « Redevance » est donc bien polysémique
  

(1) in le Rapport d’Observations Définitives de la C.T.C portant sur l’examen de la gestion du S.I.V.U des Eaux du Grand Nouméa à la page 17
(2) in Document établi par la Ville de NOUMEA et adopté par délibération n° 2008/1489 du 04/12/2008 et adressé à tous les usagers de NOUMEA par la C.D.E

 Lysis SONG, Vice-président, en charge du dossier de l’eau, association des Riverains de Koé

AUTEUR : Patrick DE VIVIES

P1020751L’association des riverains de Koé tiendra sa prochaine assemblée générale le jeudi 27 août à 18 h au faré situé sur le terrain de l’ancien Buffalo Ranch.

Les membres seront invités à se prononcer sur l’adhésion de l’association à la confédération citoyenne de Dumbéa et sur le nom des personnes chargées de les représenter dans cette confédération.

Ensuite Marc Piednoël, vice-président en charge des risques naturels, présentera la jurisprudence actuelle en matière de responsabilité d’un maire en cas de rupture d’un barrage situé sur sa commune. La création d’un logo et l’opportunité d’organiser une rencontre festive seront ensuite évoqués, avant de parler de la politique d’adhésion de l’association. A ce propos,merci de penser à vous munir de votre chèquier afin que nous puissions recueillir les adhésions des membres.

Je rappelle que l’objet de l’association est la reconnaissance et le respect des droits ainsi que la défense des intérêts des riverains de Koé et plus généralement des habitants de la vallée de la Dumbéa. Si vous êtes interressé par nos travaux ou si vous souhaitez rejoindre l’association, vous pouvea nous contacter au 98 53 43, nous envoyer un mail à patrick.devivies@canl.nc ou nous écrire à L’association des riverains de Koé BP  116 98836 Dumbéa GA. 

Patrick de Vivies, président de l’Association 

voir le projet de statuts de la confédération citoyenne de Dumbéa statuts confédération

voir également le compte-rendu de la réunion constitutive du 4 août

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Marie Joubert et ses trois enfants

AUTEUR : Patrick DE VIVIES

Didier Numa Joubert (1) fait partie de ces français installés Australie qui sont attirés par les opportunités offertes la prise de possession récente (1853) de la grande terre par la France.   Après vingt-deux ans en Australie où il est un homme d’affaires réputé, il  arrive en Nouvelle-Calédonie en juillet 1858. Et obtient le 19 décembre 1858 une concession de près de 4000 hectares à Dumbéa depuis Koé jusqu’à Koutio en englobant Dumbéa-sur-mer.

Didier séjourne encore souvent en Australie, et ce sont ses deux fils qui sont chargés de gérer la propriété (2). L’ainé Numa Joubert reçoit la station de Koutio-Kouéta consacrée à l’élevage bovin et le cadet, Ferdinand, reçoit la station de Koé destinée à la création d’une usine sucrière et à la culture de la canne à sucre.

Usine-de-Koé-à-Monsieur-JOU

ANC Album André MARCHAND 2 Num 8 - 13 "Nouvelle-Calédonie, Usine de Koé à Monsieur JOUBERT"

Les Joubert amènent hommes, animaux et matériel d’Australie. Et comme le prévoit l’arrêté de concession, installent plusieurs centaines de colons sur leur propriété. Parmi ces immigrants, John Newland, George Bull et Peter Heister sont à l’origine d’une nombreuse descendance calédonienne.
 
C’est le 4 septembre 1865 que la sucrerie est inaugurée. Mais les résultats sont décevants, et Didier cherche un associé expérimenté pour aider son fils.

vestiges de la sucrerie Degreslan-Duboisé

vestiges de la sucrerie Degreslan-Duboisé

D’autant que la concurrence est rude depuis l’arrivée des familles réunionnaises expérimentées dans la culture de la canne à sucre et dans l’industrie sucrière. Paul Duboisé, arrivé le 9 février 1864 s’installe à Nimba, suivi de créoles et de malabars réunionnais. Il s’associe à Evenor Degreslan, un autre réunionais arrivé en 1863, pour monter une sucrerie concurrente.

Le Gouverneur Guillain promit une prime de 500 hectares au premier qui parviendrait à doter la colonie d’une sucrerie. Joubert parvient à s’associer avec un autre réunionnais, Gustave Clain. Mais les résultats ne sont pas au rendez-vous : le rendement des plantations est insuffisant et l’usine fonctionne mal. Ils obtiennent malgré tout la prime promise en juin 1868, mais Gustave Clain décède quelques mois plus tôt et ce sont ses descendants qui récupèrent les 500 hectares de la prime du Gouverneur.

Joubert et la succession Clain se livrent alors une bataille juridique jusqu’à que le Gouverneur décide en juin 1869 que la prime revient par moitié à Joubert et Clain. Pourtant, depuis février 1869, des nuées de sauterelles s’abattent sur les champs de canne à sucre. Les plantations de canne à sucre de la vallée (120 hectares au total) subissent d’énormes dégâts. Les invasions durent plusieurs années et il faut attendre 1871 (3) pour qu’une méthode efficace soit trouvée pour lutter contre ces insectes qui avaient donné leur nom « Koé » à la plaine.

maison-de-M-Joubert

ANC Album A. HUGAN 1 Num 23 3058 Koé Habitation de M Hugan, planteur de cannes

Ferdinand Joubert décède de maladie en mars 1874. Cela entrainera le désengagement des Joubert. Dès mai 1874, Didier se défait des terres – 600 hectares – qu’il possède sur la rive droite de la Dumbéa de Nondoué à la Kouvelée. Numa continue de gérer la propriété de Koé avant de la vendre en 25 juillet 1877. Et c’est John Higginson qui devient propriétaire en 1878 de ce qui resta de la concession Joubert. Ainsi, la saga des Joubert ne dura que 25 ans.

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ruine de la sucrerie Joubert à travers la végétation

Peu de gens savent que Gregory Wamytan, fils du vieux Joseph, décédé en 1987, que l’on appelait « le guérisseur » et de Germaine, est à Dumbéa, le descendant direct de Numa Joubert. Ce dernier laissa une fille après son départ en Australie, Marie Ondaboué (4), née de son union avec Marie Rose Ondaboué, mélanésienne de Tonghoué. Bien que vivant en Australie, il resta proche d’elle, et s’assura  de son éducation auprès des sœurs de la Conception. Il donna son autorisation écrite à son mariage avec Joseph Wamytan, le 11 mars 1882 au village de Saint-Louis. C’est ainsi que le sang des descendants du grand chef Kuindo se mélangea avec celui des premiers colons sucriers. Le couple eut  neuf enfants dont Joseph le guérisseur.

mur de la sucrerie Joubert

mur de la sucrerie Joubert

Victor Fayard racheta bien longtemps après à John Higginson notamment les propriétés initialement concédées à Joubert, et c’est sur un terrain appartenant (ou à côté ?) à Colette Fayard, qui épousa Bernard Marant, que se situent les derniers restes de la sucrerie Joubert, dans un rare état d’abandon. Un mur s’est effondré il y a quelques années dans la plus totale indifférence et il faut beaucoup d’attention pour déceler, dans la broussaille les vestiges de la sucrerie à quelques dizaines de mètres à droite de l’Auberge de la Rhumerie.

L’auberge, quand à elle, était un entrepôt de l’administration pénitentiaire construit en 1880 sur les terres louées par John Higginson. Après la mort de Victor Fayard, en 1934, l’entrepôt est intégré à la société des propriétés Fayard, créée en 1937.

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Auberge de la Rhumerie

 
(1) Didier Numa Joubert, Pionnier malchanceux de l’agriculture calédonienne, Claude Cornet,  bulletin n°112 de la SEH

(2)Voyage autour du monde, Jules Garnier

(3) La canne à sucre dans la vallée de Dumbéa, Numa Joubert, bulletin n°112 de la SEH

(4) Histoire des Gens du Sud, Claude Cornet, Edition la Boudeuse