DRV--291009-groupeAUTEUR : Patrick de Viviès

DRV-291009-WWFDans le cadre de l’opération organisée par l’association Dumbéa Rivière Vivante et le WWF avec l’école John Higginson de Dumbéa, une seconde sortie de la classe de CE1 de maitresse Caroline s’est déroulée le 29 octobre.

DRV-291009-visiteLa première sortie du 29 septembre avait pour objectif de faire découvrir aux enfants sur place la richesse de l’écosystème de la rivière et l’interdépendance entre les différentes formes de vies animales et végétales.

DRV-291009-batteriesLa seconde sortie visait à sensibiliser les enfants sur les menaces qui pèsent sur ce fragile écosystème. Il n’y a hélas pas besoin de chercher beaucoup pour faire toucher du doigt la réalité de ces menaces.

DRV-291009-déchetsLes déchets abandonnés par des visiteurs indélicats sont abondants, malgré les poubelles mise en place par l’association Dumbéa Rivière Vivante en 2002 et collectées hebdomadairement dans le cadre d’un partenariat avec la ville de Dumbéa.

Les plus dangereux d’entre eux, pour les poisons qu’ils contiennent, les piles et les batteries, ont hélas pas été difficiles à trouver. Les enfants ont même trouvé un frigo abandonné dans les brousses !

DRV-feuxLes traces du feu sont également partout visibles.

DRV-menace-feuxMalgré l’interdiction totale de faire du feu, les emplacements de feux de pique-nique sont nombreux et la nature est marquée par les incendies qui ont brulent la montagne presque chaque année au niveau du stand de tir.

DRV-291009-feuDRV-menace-minesLes cicatrices laissées par la mine sont également visibles partout, et l’érosion intense envase le lit de la rivière d’importantes quantités de terre minière stérile.

Les espèces envahissantes constituent une menace plus difficile à percevoir. Pour sensibiliser les enfants, les bénévoles du WWF et de Dumbéa Rivière Vivante avaient apportés des tortues de Floride, une espèce introduite si attractive quand la tortue est petite.

DRV-291009-tortue-florideEncombrante quand elle devient grande, elle devient un redoutable envahisseur lorsqu’elle s’échappe dans le milieu naturel.

DRV-291009-kaorisDes plantes aquatiques envahissantes ont également été présentées, comme les jacinthes d’eau, les choux fleurs, les lentilles d’eau, utilisées pour décorer les bassins mais redoutablement envahissantes lorsqu’elles accèdent à la rivière.

Pour cloturer la sortie par l’apprentissage d’un geste écocitoyen, les enfants ont été invités à planter des Kaoris sur les berges de la rivière.

DRV-291009-carolineCes sorties ponctuent la réalisation en classe d’une maquette géante (2m sur 2.5 m) du bassin versant de la rivière Dumbéa avec le concours d’un artiste plasticien Terence Barnes, autour de laquelle s’articule la sensibilisation sur la vie de la rivière et les menaces qui pèsent sur elle.

Les parents et enfants des autres classes pourront admirer la maquette géante qui sera exposée à l’occasion de la fête de fin d’année de l’école John Higginson qui se déroulera le 28 novembre 2009.

Patrick de Viviès

A lire également « Les écoliers inquiets pour leur rivière », les Nouvelles Calédoniennes du 1er novembre 2009

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Branche-nordAUTEUR : PASCAL GUILLOTIN

 La nature, grâce aux hommes, vient de remporter une victoire !

La mairie de Dumbéa, à l’initiative de l’association Dumbéa Rivière Vivante, va interdire l’accès à la branche nord à tous les véhicules à moteur :

4X4,  motos, quads, …

Depuis plusieurs années, l’association se bat pour la protection de l’ensemble de la  rivière de Dumbéa et ce premier pas de préservation est une belle avancée !

 

Mais interdire pourquoi ?

Kuhlia-rupestrisTout d’abord, et pour ceux qui l’ignorent encore, la rivière Dumbéa est une richesse pour la nature :

40 espèces de poissons d’eau douce dont 11 endémiques.

24 espèces d’oiseaux dont 20 endémiques.

9 espèces de palmiers dont 4 d’une grande rareté.

DSCN4980La richesse paysagère de la branche nord est diverse et magnifique, un sentier en bord de torrent, des trous d’une eau cristalline (marmite du diable). Malgré le feu qui l’a ravagée il y a quelques années, la flore est variée : maquis minier et surtout forêt primaire en fond de vallée.

En outre elle a été un centre de prospection minière dont il reste encore quelques vestiges qui racontent l’histoire du pays. Autant de raisons qui doivent nous faire réfléchir sur le pourquoi de la dégradation du site.

Le feu bien sûr, première cause de mortalité de la Dumbéa : mégots, barbecues mal ou pas éteints, pyromanes , bouteilles en verre …il y a quelques années 700 hectares ont brûlé … On en voit encore les traces ! Les déchets qui dégradent l’esthétique de la nature et génèrent en se décomposant des effluents nocifs pour la faune ou la flore …

Les passages répétés de véhicules qui arrachent  et entaillent les arbres, qui s’embourbent et laissent derrières eux plusieurs mètres carrés nus de végétation ! Dont le bruit moteur ou le son radio fais fuir mammifères, oiseaux et randonneurs et qui exportent au plus loin les déchets de la bêtise humaine !

Bien sûr tous les amoureux de la mécanique ne sont pas à loger à l’enseigne du vandale, mais il est légitime que les endroits les plus sensibles soient aussi les plus protégés , la Dumbéa nord est très fragile et il est plus que temps de limiter l’impact des hommes sur son cours.

Arauc-2Cette mesure de fermeture ouvre donc des perspectives pour l’avenir. D’abord, elle démontre la prise de conscience de nos élus communaux sur les richesses naturelles de la commune, ce n’est pas rien. Ensuite, elle ouvre la porte à l’équipement des sites pour accueillir correctement les visiteurs : balisages de sentiers de randonnées sportives ou familiales, installations pour le pique-nique, panneaux explicatifs sur la nature ou l’histoire, etc.

Dumbéa Rivière Vivante œuvre pour la protection de la vallée de Dumbéa, protection et aménagement des sites sont les voies qui y mènent.

Il est temps de rendre à l’homme la place qui est la sienne et cette place est dans et avec la nature, sans trop d’artifices  et dans le respect des autres !

 

Pascal Guillotin

Président de Dumbéa Rivière Vivante

 PS : Pour fêter ca nous organiserons bientôt une journée de nettoyage de la branche nord …. A suivre

 

feu-brousseEn 2004, un feu de brousse d’origine humaine (accidentel ou intentionnel ?) a détruit plus de 700 hectares de végétation sur la branche nord de la Haute-Dumbéa. Les pompiers, alertés par un riverain, étaient arrivés tardivement, car ils avaient eu du mal  localiser le lieu concerné. Le feu avait quitté le bord de route et était déjà dans les crêtes. Les pompiers avaient fait demi-tour.

ECHBE01J’avais contacté le chef de corps pour qu’il mobilise l’hélicoptère bombardier d’eau, mais il avait refusé car aucune habitation n’était menacée… le lendemain, face à mon insistance, l’hélicoptère était venu une heure avant de renoncer face à l’ampleur qu’avait pris le feu. L’incendie dévora les versants pendants 7 jours dans la plus totale indifférence avant que la pluie ne l’éteigne.

Heureusement, bien des choses ont changé depuis 2004. Il y a eu la grande mobilisation autour du feu de la Montagne des sources de l’été 2005-2006 et le renforcement des moyens publics consacrés à la lutte contre les feux.

Plus tôt les secours sont sur place et plus le feu peut être maitrisé avec des moyens limités. Chaque minute, chaque heure compte. Pour cette raison, la mise en place de moyens de surveillance pendant la saison sèche est indispensable. De ce fait, les centres de secours ne sont pas dépendants de l’appel  éventuel un citoyen –parfois imprécis sur la localisation ou l’ampleur du feu – pour intervenir.

Fort de ce constat, les collectivités se sont dotées d’un réseau de tours de guet. Les tours et la formation des guetteurs sont financés par la Nouvelle-Calédonie, l’Etat met à disposition des communes les guetteurs (des jeunes stagiaires pour le développement ou JSD), les municipalités assurant l’encadrement des guetteurs et leur acheminement sur site comme l’entretien des tours.

A Dumbéa pourtant, aucune tour de guet ne couvre la Haute-Dumbéa, de la Montagne des sources au Monts Dzumac. L’association Dumbéa Rivière Vivante a donc demandé en août 2008 à la commune l’installation d’une tour de guet supplémentaire couvrant ces secteurs particulièrement menacés par le feu. En effet chaque été, de nombreux feux de pique-nique ou de camping sont allumés par les visiteurs qui fréquentent les espaces de baignade. Ils dégénèrent chroniquement en incendie dont l’importance dépend de la sécheresse, du vent et de la rapidité d’accès des secours.

La commune a répondu favorablement sur le principe à cette demande, la Nouvelle-Calédonie a inscrit à son budget une tour de guet supplémentaire pour Dumbéa. Elle n’a pourtant pas pu être mise en place pour la saison 2008 en raison de la diminution du nombre de guetteurs affectés par l’Etat aux communes et parce qu’aucun site d’installation n’a été arrêté par la municipalité.

Le WWF, relayé par Dumbéa Rivière Vivante, a proposé le site du plateau des Calytropisis sur la montagne des sources, qui permet de couvrir aussi bien la Haute-Dumbéa que le Mont-Dore et donc de mutualiser des moyens humains de plus en plus rares. Aux dernières nouvelles, ces deux communes ne seraient pas parvenues à un accord et aucun site alternatif n’aurait été envisagé par la commune de Dumbéa qui ne souhaiterait pas assumer seule la charge de l’acheminement des guetteurs sur la Montagne des sources.

small_MD-montagne--Q1La saison des feux arrive vite et il est urgent que les collectivités concernées aboutissent à une solution à la hauteur des enjeux. Les dégâts provoqués par le feu sont durables et parfois même irréversibles. Les randonneurs qui remontent la branche nord traversent encore de vastes espaces calcinés en 2004. On ne peut pas prendre le risque qu’un tel sinistre se reproduise et pour cela  il faut agir vite.

Pourquoi ne pas mettre en place une surveillance vidéo ? Une telle installation peut être alimentée par un panneau solaire et mise en place dans un site isolé ? Le centre de secours ne pourrait-il pas suivre à distance, sur écran, les éventuels départs de feu ?

nautou-okLe nautou et le plus gros pigeon arboricole  frugivore au monde. Endémique à la Nouvelle-Calédonie, il est classé comme « quasi menacé » par l’UICN. Son chant profond et monocorde permet de le détecter de très loin.

Dans les forêts de transition qui surplombent la plaine de Koé, la population de nautou est très dynamique. Encore assez rare il y a une dizaine d’année, il est désormais localement abondant, comme dans ce jardin d’un lotissement de Koé ou plus de dix spécimens ont été photographiés simultanément.

On aurait pu penser que le développement d’un habitat dispersé qui grignote les poches de forêt humide qui constituent son habitat lui aurait été préjudiciable. Il semble au contraire que le développement de lotissements ruraux lui ait été plutôt favorable. En effet, les feux de brousses sont désormais plus rares dans les zones habitées, chaque propriétaire ayant à coeur de ne pas voir son bien sous la proie de flammes. Ensuite, le développement de cet habitat rural a fermé ces secteurs à la chasse, auparavant courante sur ces collines. Enfin, certaines espèces de plantes introduites dans les jardins offrent aux nautous des aliments de choix parfois très recherchés, comme les graines de certains palmiers. Ainsi, les graines de l’Archontophoenix Alexandrae ou du Ptychosperma Macarthurii sont une véritable friandise pour les nautous, mais également pour les nombreux oiseaux de forêt qui viennent se régaler sur les grappes de fuits matures.

le-rendez-vous-des-nautous

Le développement d’un habitat dispersé de faible densité peut ainsi constribuer à préserver des milieux auparavant menacés. Dans le périmètre de protection des eaux de la haute-Dumbéa, il est ainsi interdit de morceller une propriété en dessous de 30 ares. Cela contribue donc à préserver, outre la qualité des eaux de la nappe phréatique,  une faune et flore originale et endémique. Ce constat invite à considérer avec réserve la tentation de densifier l’urbanisation à tout prix, parce que c’est économiquement plus rentable.

De nombreuses pressions sont exercées sur la municipalité pour que cette interdiction de morceller en dessous de 30 ares « saute » lors de la prochaine révision du plan d’urbanisme. Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

Souhaitez-vous que l’interdiction de morceller soit maintenue ?

En attendant, si vous aimez les oiseaux et cherchez à mieux identifier ceux qui vivent autour de vous, la société calédonienne d’ornithologie (SCO) a édité plusieurs ouvrages très bien faits. J’ai tout de même regretté qu’il fallait cumuler deux livres (Oiseaux de la forêt sèche de Nouvelle-Calédonie et Oiseaux de la chaine centrale de la province Nord) publiés avec des partenaires différents pour retrouver l’ensemble des espèces présentes sur la Haute-Dumbéa alors qu’un livre unique aurait été plus pratique.