grd tuyauAUTEUR : Lysis SONG

Prévu après l’installation des délégués syndicaux désignés à l’issue du renouvellement des conseils municipaux, l’avenant n° 3 au Traité de Concession entre le S.I.V.U des Eaux du Grand Nouméa et la S.A.D.E.T a, enfin, été porté sur les fonts baptismaux le 29 juin 2009. Il prend effet à compter du 1er juillet 2009.

 « Le SIVU a … voulu tenir compte des observations de la Chambre Territoriale des Comptes, notamment en ce qui concerne deux impératifs :

  • un lien substantiel entre la rénumération du concessionnaire et le risque d’exploitation,
  • un contrôle efficient du concédant sur la gestion du service public. »(1)

 En tant que consommateur, c’est bien sûr, la rénumération du concessionnaire qui nous intéresse.

100521sLe concessionnaire est toujours autorisé, comme  lors du Traité de Concession du 31 décembre 1998 et des deux précédents avenants (n° 1 du 16 mars 1999 et n° 2 du 30 mars 2005), à percevoir une rénumération composée de deux éléments :

  • Une Redevance Abonnement (payée par les usagers)
  • Une rénumération Variable (à la charge des communes ou de leurs délégataires)

 En ce qui concerne la Redevance Abonnement, sa formule de variation a, certes, été modifiée en supprimant, entre autres, la composante liée aux ventes prévisionnelles d’eau, mais en relevant considérablement  le montant de base de l’Abonnement (+ 214 850 000 F) comme l’y autorise l’article 20 du Traité de Concession.

La résultante, c’est que cela se traduit, finalement, pour le consommateur, par une baisse de 38,23 F/m3 à 35,34 F/m3 au niveau de sa participation au financement du Grand Tuyau, pour le deuxième semestre 2009 et le premier trimestre 2010.

 Après ? Le tarif de base sera révisé au 1er avril 2010, mais, les paramètres sont trop nombreux.

 En ce qui concerne la rénumération Variable, le prix du m3 d’eau livré, par la S.A.D.E.T, aux réseaux de distribution (qui entre ensuite dans le calcul du prix de vente à l’abonné), il a été convenu d’un prix P = 20,82 F/m3 pour la période du 1er juillet 2009 au 31 mars 2010.

Avec le décalage contractuel, ces achats d’eau ne devraient être répercutés sur les factures des Dumbéens qu’à compter du 1er avril 2010.

facture-eau-okMais, la différence entre les tarifs dérogatoires de 2005 (2,72 F/m3 pour la tranche 2 ou 9,94 F/m3 pour la tranche 3, réactualisable) et le prix P, ci-dessus convenu, entraînera, à mon avis, une hausse du prix de vente du m3 à l’abonné.

 « Le concessionnaire a, certes, intégré plus de variabilité dans sa rénumération en modifiant la répartition des recettes entre l’abonnement et la part variable, ce qui introduit une plus grande part de risque assumée par le concessionnaire »(1), mais, il n’est pas encore certain que l’abonné en soit bénéficiaire. Etait-ce, là, l’objet de l’avenant ?

 « La part variable du chiffre d’affaires (s’était) limitée à 3% en 2005 et à 0,3% en 2006. » (2)

 La C.T.C avait souligné que la jurisprudence retenait comme seuil qu’au moins 30% du chiffre d’affaire devait dépendre exclusivement de la fréquentation du service par les usagers pour caractériser une concession.(2)

 Qu’en sera-t-il dans les prochaines années avec ce nouvel avenant ? Atteindrons-nous les 30 % ?

 Lysis SONG

(1)   d’après l’avenant n° 3 au Traité de Concession entre la S.A .D.E.T et le S.I.V.U des Eaux du Grand Nouméa (page 3)

(2)   d’après le Rapport d’Observations Définitives établi à la suite de l’examen de la Gestion du Syndicat Intercommunal à Vocation Unique des Eaux du Grand Nouméa (pages 17 et 35)

.

la-CDE-au-cm-de-dumbeaAUTEUR : Lysis SONG

Lors de la réunion du Conseil Municipal qui s’est déroulée à la Mairie de Dumbéa, le jeudi 17 septembre 2009, le Directeur général de La Calédonienne des Eaux a précisé que le contrôle de la qualité de l’eau vendue aux Dumbéens était effectué par le distributeur lui-même et que sa société s’appuyait, pour cela, sur le respect des normes européennes et non pas métropolitaines.

 Deux  remarques :

 1. La France, en tant qu’état membre de l’Union Européenne, est tenue de mettre en application, sous forme de décrets, les directives et notamment celle relative aux eaux destinées à la consommation humaine : la directive 98-83/CE du 3 novembre 1998.

Le décret 2001-1220 du 20 décembre 2001 a transposé cette directive en droit français, lequel décret a été modifié par les décrets 2003-461 et 2003-462 du 21 mai 2003.

D’une manière générale, la réglementation française est plus stricte que la réglementation européenne.

compteur-eau-dumbeaL’article 26 – QUALITE DE L’EAU (in Règlement du Service de Distribution d’eau de la Ville de Dumbéa) précise : « Le Service des Eaux est tenu de fournir une eau correspondant aux normes réglementaires de potabilité en vigueur. »

 Quelles normes ? Les normes européennes ou les normes françaises ?

 L’autorité compétente en Nouvelle-Calédonie pour fixer les normes de potabilité auxquelles doit satisfaire la distribution d’eau au public est la Nouvelle-Calédonie.

 Ces normes de potabilité ont-elles été fixées ? A notre connaissance, non. Sinon, pourquoi la Calédonienne des Eaux  en appliquerait-elle d’autres ?

 A moult reprises, nous avons signalé à la filiale de Suez la turbidité ainsi que la couleur de l’eau distribuée au magasin TOP STORE qui se situe à proximité du Parc Fayard. A la demande du directeur administratif de la C.D.E, une lettre lui a même été adressée, lettre restée sans réponse  si ce n’est un bref coup de fil. Mais, pour quel résultat ?

6 mois après, les désagréments subsistent. De surcroît, c’est une situation qui perdure depuis environ 7 années.

eau-top-store-281009

L'eau qui coule au robinet du magasin Top Store, photo prise le 28 octobre 2009

En cas de carence de la Nouvelle-Calédonie dans l’exercice de sa compétence, qui peut prendre les mesures destinées à  protéger l’hygiène et la santé publique dans une commune ?

2. En Métropole, les échantillons sont analysés par des laboratoires agréés par le Ministère chargé de la Santé.

test laboratoireEn Nouvelle-Calédonie, les échantillons devraient, donc, être analysés par un laboratoire agréé par les autorités du pays puisque les conditions dans lesquelles devrait s’exercer le contrôle du respect des normes (qui restent à fixer) est de la compétence de la Nouvelle-Calédonie.

 Pour l’instant, la C.D.E choisit ses normes et effectue elle-même ses propres analyses. Elle est, donc, tout simplement « Juge et partie ». Qui dit mieux ?

 Lysis SONG, vice -président de l’association des Riverains de Koé, en charge du dossier de l’eau

CM-271008AUTEUR : Patrick de Viviès

Parmi les sujets à l’ordre du jour du conseil municipal du 27 octobre 2009, figurait l’extension des attributions du syndicat intercommunal du grand Nouméa (SIGN) et la dissolution des syndicats des Eaux du Grand Nouméa et des Déchets Ménagers. Il s’agit d’une étape importante et annoncée dans le renforcement de l’intercommunalité au sein de l’agglomération pour préparer la création à terme d’une communauté d’agglomération.

Le SIGN a déjà délibéré sur l’extension de ses attributions le 15 octobre et les conseils municipaux des quatre communes concernées doivent désormais statuer en des termes identiques sur cette extension concomitante à la dissolution des syndicats des Eaux du Grand Nouméa et des Déchets Ménagers. Le haut-commissaire sera ensuite invité à constater par arrêté cette extension-dissolution comme le prévoit le code des communes.

CM-maire-281009Une modification des statuts du SIGN a été opérée à cette occasion, la mutualisation des moyens entre syndicat entrainant une diminution de la contribution de la commune de Dumbéa – la base actuelle étant toutefois évolutive – et une modification du calcul de la contribution respective des communes sur la base du fond intercommunal de péréquation (FIP).

Parmi les améliorations présentées aux statuts, le doublement du nombre de représentants de chacune des communes, qui passe de deux à quatre, traduit-il une véritable évolution, puisque les deux nouveaux membres sont suppléants des deux premiers ?

CM-Malfar-gogoLe maire indique en réponse à la question d’un élu que le principe d’une présidence tournante tous les deux ans a été retenu, mais personne ne s’est étonné que ce principe ne soit pas traduit dans les statuts annexés au dossier du conseil, qui mentionne une élection parmi ses membres à bulletin secret avec élection au bénéfice de l’âge en cas d’égalité des voix après trois tour. Comme Nouméa dispose d’autant de membres que les trois autres communes et du maire le plus âgé de l’agglomération, comment est-il prévu de garantir le principe de la présidence tournante ?

conseil-281009Le sujet, qui n’a pas passionné les conseillers, aurait mérité quelques questions sur le choix de la procédure d’extension-dissolution, et non de fusion-absorption, effectué avec le concours d’un cabinet juridique. Comment et avec quelles conséquences seront transférés les droits et obligations des syndicats dissouts vers de SIGN, notamment pour les contrats de concessions en cours avec la SADET et VEOLIA ?

La procédure engagée aboutira effectivement à compter du 1er janvier 2010. A noter que les quatre communes examinent cette semaine le schéma de cohérence de l’agglomération et devraient se prononcer sur les suites qu’elles entendent donner à ce document fondateur en matière d’urbanisme et de transport notamment.

Patrick de Viviès

barrage-dumbeaAUTEUR : Lysis SONG

1. Quelle situation avant  1998 ?

 « Les ressources en eau de la ville de Nouméa étaient déjà insuffisantes…

 De fait, Nouméa était alimentée à titre principal par un barrage dit de Dumbéa-est et par quelques captages. Or, à l’insuffisance quantitative de ce barrage s’ajoutait celle de l’usine de traitement dite du  Mont Té : celle-ci ne dispose pas de la capacité nécessaire au traitement de toutes les eaux du barrage. Il en résultait que, lorsqu’il fallait faire appel à toute la capacité du barrage, le fermier de la ville « by-passait » l’usine, autrement indiqué il envoyait sur le réseau de distribution de la ville de Nouméa de l’eau médiocre et non traitée.

barrge-dumbea-cascade A quoi s’ajoutait la situation de la ville de Dumbéa. Parce que le barrage financé et réalisé par Nouméa est installé sur son territoire, Dumbéa dispose d’une sorte de droit non-écrit au prélèvement d’un volume mal défini d’eau de ce barrage. Concrètement, Dumbéa s’alimente partiellement par la voie d’un piquage et d’une dérivation sur la canalisation, en amont de l’usine du Mont Té. De sorte que l’eau du barrage destinée à Dumbéa n’était jamais traitée. » (1)

 Les études avaient pour objectif principal de répondre à la consommation de Nouméa, accessoirement de Dumbéa. Et cet objectif était dépassé lorsqu’il convenait de répondre à une autre demande : la consommation des quatre villes du grand Nouméa. » (1)

 2. Comment se présente la situation entre avril 2005 et juin 2009 ?

 La commune de Dumbéa est alimentée en partie par le barrage de Dumbéa (d’après la Convention de fourniture d’eau potable entre les Communes de Nouméa et de Dumbéa) mais aussi par l’achat d’eau à la Société Anonyme des Eaux de Tontouta (S.A.D.E .T)

 1. Selon les tarifs dérogatoires de l’avenant n° 2 du 30 mars 2005 :

  • Gratuité pour la tranche 1
  • 2,72 F/m3 pour la tranche 2
  • 9,94 F/m3 pour la tranche 3 (tarif réactualisé au 1er janvier de chaque année)

 2. Selon les 3 tranches suivantes, dont le volume est à répartir entre les 4 communes adhérentes au S.I.V.U des Eaux du Grand Nouméa : 

  • Tranche 1 : de 0 m 3 à 284 400 m3
  • Tranche 2 : de 284 401 m3 à 2 487 400 m3 (pour l’année 2007)
  • Tranche 3 : au-delà de 2 487 401 m3 (toujours, pour l’année 2007)

eau potable dumbea La répartition des quotas de chaque commune, par tranches, se fait en fonction des consommations réelles des communes, lors de l’année n-1.

 Ainsi en 2006, la commune de Dumbéa qui n’avait consommé que 10,965 % de la consommation globale d’eau du Grand Nouméa (tous réseaux confondus, c’est-à-dire eau du barrage + eau du Grand Tuyau) n’a eu le droit, en 2007, qu’à 10, 965 % de la tranche 1 (soit 31 185 m3 gratuits) et 10,965 % de la tranche 2  (soit 241 561 m3 à 2,72 F/m3).

Nouméa a obtenu, quant à elle, 190 586 m3 gratuits (tranche 1) et 1 476 305 m3 à 2,72 F/m3 (tranche 2).  

Avec du recul, on s’aperçoit pourtant que ces deux communes ont, en 2007, utilisé pratiquement le même volume d’eau en provenance de Tontouta. (Voir tableau ci-dessous)

 Volumes achetés à la S.A.D.E.T

                 2005              2006            2007           2008 
     Ville de                 DUMBEA       242 088 m3      319 131 m3     800 703 m3                  ?
     Ville de    NOUMEA    1 547 610 m3  1 051 951 m3      881 508 m3     476 822 m3

 Mais, avec ce mode de répartition,  la commune de Dumbéa a payé, en 2007, à la S.A.D.E.T, 6 205 874 F pour 800 703 m3 alors que notre voisine Nouméa n’a payé que 1 879 308 F pour une utilisation pourtant supérieure d’environ 10 %.

 Cherchez l’erreur !

On peut également envisager la « discrimination » sous un autre angle. Celui du prix moyen du m3 d’eau acheté à la S.A.D.E.T, compte tenu des 3 tranches ci-dessus.

Pour les 476 822 m3 achetés, par la Ville de Nouméa, à la S.A.D.E.T, en 2008, le prix moyen pondéré est de 1,6 F/m3. (2)

On ne connait malheureusement pas, pour 2008, le chiffre concernant notre commune.

 Par contre, on peut se référer aux années antérieures.

           Année 2006        Année 2007         Année 2008
 Ville de Nouméa              2,65 F/m3         2,13 F/m3              1,6 F/m3
 Ville de Dumbéa            4,07 F/m3          7,75 F/m3                          ? 

 Alors que tous les abonnés du Grand Nouméa sont assujettis (reliés ou non au Grand Tuyau) à la même Redevance Abonnement (38,23 F/m3 jusqu’au 30 juin 2009 et 35,34 F/m3 depuis le 1er juillet 2009), leurs communes ont un prix moyen d’achat du m3 d’eau différent de l’une à l’autre.

Cherchez l’erreur !

goutte Il faut savoir que ce prix d’achat du m3 d’eau à la S.A.D.E.T est, bien entendu, pris en compte lors du calcul du prix de vente à l’abonné.

Changer le mode de répartition ?

 En 2007, Nouméa  a  utilisé un total de 881 508 m3 en provenance du Grand Tuyau, soit l’intégralité de sa tranche 1 (190 586 m3) mais seulement 690 922 m3 sur les 1 476 306 m3 de sa tranche 2.

Qu’ a – t – on fait du volume inutilisé ?

  Cela était, également, le cas en 2006 où Nouméa a utilisé, là encore les 191 212 m3 gratuits de la tranche 1, mais seulement 860 739 m3 sur son quota de 1 370 220 m3 de la tranche 2 (soit les m3 vendus à 2,72 F/m3) dont elle disposait.

N’aurait-il pas été plus judicieux de le distribuer aux 3 autres communes ?

 En tout état de cause, cette répartition des quotas de chaque commune se basant sur la répartition des consommations réelles (globales) des communes de l’année n-1 n’est pas équitable.

grd tuyau Elle serait beaucoup plus juste si elle se basait sur la répartition des volumes réels achetés au Grand Tuyau par les communes sur l’année n-1.

 Nouméa ne devrait pas être vraiment lésée puisque ses achats annuels à la S.A.D.E.T fondent comme neige au soleil (Voir tableau ci-dessus). Les autres communes, dont la nôtre, qui consomment plus d’eau en provenance de Tontouta devraient en être les bénéficiaires.

 Bien sûr, il y aura un perdant. Mais, ce n’est pas le problème de tous les usagers du Grand Nouméa.

 S’il est proposé un changement de mode de répartition, c’est bien parce que l’avenant n° 3 au Traité de Concession entre la S.A.D.E.T et le S.I.VU qui a été signé le 29 juin 2009 et applicable au 1er juillet 2009 stipule (page 3) que :

« Les quotas d’eau gratuite et les crédits de consommation prévus à l’avenant N° 2 sont maintenus pour les communes.»

Répartition de la production (Barrage de Dumbéa + forages)

 Sur les 4 dernières années, elle est la suivante (2) :

 

           2005         2006          2007           2008
Production(barrage + forages)  16 845 703 m3  18 153 746 m3  18 120 300 m3    17 241 195 m3
m3 vendus en gros à Dumbéa    2 658 636 m3    2 507 907 m3     2 260 940 m3      2 148 903 m3
m3 eau brute vers le Mont Té  14 187 067 m3  15 645 839 m3    15 859 360 m3     15 092 292m3

retenue-barrage-dumbea Entre 2005 et 2008, si on constate, pour Nouméa, une meilleure utilisation des capacités du barrage de Dumbéa et des forages (+ 6,38 %), on déplore, malheureusement, une diminution de 19,17 % pour Dumbéa alors que la production (Barrage + forages) a augmenté entre ces deux années (+ 2,34 %).

 La convention de fourniture d’eau potable entre les communes de Nouméa et de Dumbéa signée le 24 novembre 1988 pour une durée de vingt années à compter du 1er janvier 1989 étant arrivée à expiration, les deux communes concernées travaillent actuellement à une nouvelle convention. La précédente prévoyait la cession de l’eau par la Commune de Nouméa à Dumbéa à titre gracieux avec un volume garanti au 1er janvier 1989 de 4 000 m3/j. (3)

 Qu’en sera-t-il de la nouvelle Convention ?

 Lysis SONG, Vice président de l’association des Riverains de Koé

 

 

(1) Réponse du S.I.V.U au Rapport d’Observations Définitives de la Chambre Territoriale des Comptes en date du 18 avril 2008 (pages 5 et 7)

(2) Statistiques  calculées à partir du Rapport analysant la qualité et exposant le prix des services publics de l’eau et de l’assainissement rendus par le délégataire (Calédonienne des Eaux) et retraçant les comptes de la délégation pour l’année 2008  – C.C.S.P.L de la Ville de Nouméa en date du 5 octobre 2009

 (3) Convention de fourniture d’eau potable entre les communes de Nouméa et de Dumbéa signée le 24 novembre 1988

pointe-a-dorade-dumbea-sur-Auteur : Patrick de Viviès

Le lotissement de la pointe à la dorade est désormais raccordé à la station d’épuration de Koutio. Les eaux usées du quartier était prérécemment traités par une station provisoire d’une capacité de 240 équivalent habitants dont le dysfonctionnement avait été souligné.  Cette station était un leurre pour faire croire que nos eaux usées étaient traitées, indiquait Yves Quillien«  dans un commentaire à l’article la mangrove en danger publiés sur ce blog .

Ceci est la station d'épuration provisoire sur laquelle était raccordée le lotissement

Ceci est la station d'épuration provisoire sur laquelle était raccordée le lotissement

« Pour s’en convaincre il faut observer le fonctionnement des neuf postes de refoulement du réseau situés en bord de mer. Certains sont en panne et ” aux abords de certains regards qui sont bouchés , l’eau polluée stagne “,…,” un regard déborde et soulève même le couvercle ”. Les postes qui tournent brassent nos eaux usées et , au lieu de les refouler vers la station d’épuration inopérante , ils les déversent dans ” dans le réseau des eaux pluviales vers la mangrove située non loin “.

Une station provisioire qui aurais du être remplacée par une station propre plus grande en 2004. Mais la construction de cette dernière a été refusée par la mairie en 2004, parce qu’elle empiétait légèrement sur une zone maritime. Puis, lorsque le secteur a été intégré dans la zone d’aménagement concertée de Dumbéa-sur-mer en 2006, le lotissement de la pointe à la dorade s’est trouvé au milieu d’un véritable imbroglio juridico-financier opposant l’ancien promoteur, la commune de Dumbéa, la Secal, gestionnaire de la ZAC pour le compte de la Province sud.

Il aura fallu  cinq ans pour que les riverains réunis au sein de l’association de la point à la dorade est enfin gain de cause et que les eaux usées du lotissement ne soient plus déversés dans la mangrove.

La Station d'épuration de Koutio dispose d'une capacité de 12 500 équivalents habitants

La Station d'épuration de Koutio dispose d'une capacité de 12 500 équivalents habitants

Le raccordement du quartier à la station d’épuration de Koutio a nécessité le changement de nombreuses pompes de relèvement du lotissement car ces dernières, sous-dimensionnées, et obturées par des graviers et autres matériaux de chantier.

Ce raccordement souligne désormais le sous-dimensionnement de la station d’épuration par rapport au nombre d’habitants raccordées. Cette unique station d’une capacité de 12 500 équivalents habitants reçoit en effet tous les effluents du sud de la commune et désormais des nouveaux quartiers de Dumbéa-sur- mer.

10 000 logements sont en construction à Dumbéa

10 000 logements sont en construction à Dumbéa

La remise en service de l’ancienne station, qui traitait les eaux usées de Dumbéa avant 2001, a permis de passer la capacité de traitement à 15 500 équivalent habitants, ce qui reste insuffisant par rapport au nombre de foyers connectés et ne permet pas en tous les cas de traiter dans de bonnes conditions l’ensemble des lotissements en cours de construction sur la commune. La création d’une nouvelle station d’épuration doit donc être sérieusement envisagée par la commune. En effet, plus de 10 000 logements se construisent à Dumbéa aujourd’hui.

Le rapport de la chambre des comptes sur la commune de Dumbéa mentionnait d’ailleurs à ce sujet que « la station d’épuration de Koutio, largement (…) est arrivée progressivement à pleine charge et la commune n’a engagé aucuns travaux, ni aucune démarche pour se doter de nouveaux moyens d’assainissement.Actuellement le coût des besoins communaux pour l’assainissement de ses quartiers sud est évalué à 1,6 MdF CFP uniquement pour la station d’épuration à créer ».

 

Patrick de Viviès

Lire aussi les Nouvelles-Calédoniennes du 20 octobre 2009.

goutteAuteur : Lysis SONG

Si les citernes d’eau de pluie sont devenues obligatoires pour les constructions neuves en Belgique, la technique est encore confidentielle en France… il faut dire que cela représente un manque à gagner pour les agences de distribution de l’eau (qui sont des sociétés puissantes, devenues pour certaines des multinationales) ainsi que pour les sociétés de traitement de l’eau (qui sont souvent les mêmes).

L’eau de pluie peut servir à l’entretien de la voiture, au lavage des vélos, à l’arrosage du jardin, etc. Pour cela, une cuve placée en extérieur suffit.citerne-chasse-d-eau

 Mais, ces eaux pluviales peuvent aussi servir à alimenter, par exemple, les chasses d’eau.

 « Pour des raisons sanitaires, toute communication entre les canalisations alimentées par de l’eau ne provenant pas  de la distribution publique et celles assurant la distribution de l’eau en provenance du Service des Eaux est formellement interdite. »(1) 

citerne-eau-de-pluie Cette précaution prise, le distributeur vous opposera alors le problème du rejet des eaux usées. Cela peut, en effet, constituer un manque à gagner  pour la société de traitement de l’eau selon le terme de l’alternative suivante :

 Soit, vous disposez d’une installation autonome (avec bac à graisse, fosse toutes eaux, bac à sable et tranchées drainantes). C’est, souvent, le cas pour les Riverains de Koé. Pas de problème puisque vous   épurez, vous-mêmes, vos eaux usées.

 Soit, vous êtes raccordés ou raccordables au réseau d’assainissement collectif et vos eaux usées sont dirigées vers une station d’épuration (exemple Koutio). Dans ce cas là, vous êtes assujettis à la Redevance Assainissement dont le montant s’élève à 111,04 F/m3 (2 fois plus cher que sur la Commune de Nouméa où le « prix assainissement » n’est que de 53,76 F/m3)

recuperation-eau-pluieDans ce second cas (raccordement au réseau d’assainissement collectif), comment quantifier le volume des eaux pluviales utilisées pour les toilettes et rejetées ensuite, pour traitement, dans le réseau public? C’est bien la raison pour laquelle le distributeur exige que  « Tout abonné disposant à l’intérieur de sa propriété de canalisations alimentées par de l’eau ne provenant pas de la distribution publique doit en avertir le Service des Eaux. » (1)

 Par pallier ce manque à gagner, le nouveau règlement du Service de l’Assainissement collectif de la Commune de NOUMEA a prévu que si vous êtes alimenté à partir d’une source qui ne relève pas du service public, la redevance d’assainissement applicable à vos rejets est calculée :

  • Soit par mesure directe au moyen de dispositifs de comptage posés et entretenus par vos soins,
  • Soit sur la base de critères définis par la Collectivité et permettant d’évaluer les volumes prélevés.

citerne Malgré l’obligation d’avertissement du Service des Eaux faite aux Dumbéens, utilisez plutôt les eaux pluviales chaque fois que cela est possible (sachant qu’elle n’est pas potable sans traitement), c’est meilleur pour vos plantes et cela ne vous coûtera ni le prix d’achat du m3 d’eau, ni le prix du m3 d’eau assaini, encore moins le surprix communal et la participation au financement du Grand Tuyau, soit une économie d’au moins 213,31 F/m3.

 Et, en plus, vous ferez un geste écologique qui déplaira certainement au distributeur qui a qualifié « d’effet de mode » cette volonté de récupérer les eaux pluviales suite à une question posée par la 4ème adjointe au Maire, en charge de l’environnement. (2)

 

Lysis SONG

 (1) D’après le règlement du Service de Distribution d’eau de la Ville de Dumbéa article 15 – INSTALLATIONS INTERIEURES DE L’ABONNE : CAS PARTICULIERS  

(2) A  lire également l’article : « Jusqu’à 88 millions pour le golf incendié » et plus particulièrement le paragraphe : « Le Conseil se met à l’eau. », édition des Nouvelles Calédoniennes du 22 septembre 2009.

squat-SPANCAuteur : Patrick de Viviès

Il y a quelques mois, les médias calédoniens ont relayé les appels au secours de la Société protectrice des animaux de Nouvelle-Calédonie (SPANC) confrontée à un manque cruel de moyens, ne permettant pas d’assurer des conditions de vies decentes à leurs pensionnaires.

Nous avons porté notre objectif à quelques centaines de mètres de la SPANC, dans le squat  du même nom – appelé aussi squat du débarcadère – pour constater les conditions dans lesquelles y vivent nos concitoyens.

Route défoncée, subergée d’eau par temps de pluie.

route-défoncée-squatsEnfants arrivant boueux devant l’arrêt de bus pour le ramassage scolaire.

eau-de-pluieAbsence d’eau potable, contrairement à la plupart des squats voisins.

eau-dumbeaC’est au robinet -extérieur – situé sur la clôture de la station d’épuration de la commune que s’approvisionnent les squatters, après plus d’un kilomètres à pied ou en voiture.

 

Sinon c’est la récupération de l’eau de pluie.

squat-débarcadère

ordures-squatépaves-voituresPas d’organisation communautaire structurée, de responsable identifié, permettant de gérer en commun les problèmes de ce squat, le paiement d’une facture d’eau, la collecte des déchets.

Mangrove qui est à la fois garde manger et poubelle.

Habitat insalubre.

georges-lozachNous avons été accueilli par Georges Lozach, le plus ancien résident de ce squat qui rassemble une vingtaine de familles. Il est installé ici depuis près de 35 ans avec sa mère de 91 ans, sa femme, son frère, ses fils. Il indique avoir refusé toutes les offres de relogement du centre d’action social de la commune (CCAS), car il lui était refusé la possibilité d’être logé avec sa mère, qui ne supporterait pas d’être placée dans une maison de retraite.

 Entre 2000 et 2400 personnes, habitants permanents ou personnes hébergées, vivent dans un habitat précaire insalubre à Dumbéa, soit près de 10% de la population de la commune. Presque 8000 personnes sont concernées dans le Grand Nouméa(1). 100 familles nouvelles arriveraient chaque année dans les squats de l’agglomération(2).

Patrick de Viviès

(1)D’après le rapport TNS de 2008.

(2) D’après le rapport des journées de l’habitat 2007.

A lire également Une ville de plus en plus inégalitaire, un article des Nouvelles Calédoniennes du 26/02/09