barrage-dumbeaAUTEUR : Lysis SONG

1. Quelle situation avant  1998 ?

 « Les ressources en eau de la ville de Nouméa étaient déjà insuffisantes…

 De fait, Nouméa était alimentée à titre principal par un barrage dit de Dumbéa-est et par quelques captages. Or, à l’insuffisance quantitative de ce barrage s’ajoutait celle de l’usine de traitement dite du  Mont Té : celle-ci ne dispose pas de la capacité nécessaire au traitement de toutes les eaux du barrage. Il en résultait que, lorsqu’il fallait faire appel à toute la capacité du barrage, le fermier de la ville « by-passait » l’usine, autrement indiqué il envoyait sur le réseau de distribution de la ville de Nouméa de l’eau médiocre et non traitée.

barrge-dumbea-cascade A quoi s’ajoutait la situation de la ville de Dumbéa. Parce que le barrage financé et réalisé par Nouméa est installé sur son territoire, Dumbéa dispose d’une sorte de droit non-écrit au prélèvement d’un volume mal défini d’eau de ce barrage. Concrètement, Dumbéa s’alimente partiellement par la voie d’un piquage et d’une dérivation sur la canalisation, en amont de l’usine du Mont Té. De sorte que l’eau du barrage destinée à Dumbéa n’était jamais traitée. » (1)

 Les études avaient pour objectif principal de répondre à la consommation de Nouméa, accessoirement de Dumbéa. Et cet objectif était dépassé lorsqu’il convenait de répondre à une autre demande : la consommation des quatre villes du grand Nouméa. » (1)

 2. Comment se présente la situation entre avril 2005 et juin 2009 ?

 La commune de Dumbéa est alimentée en partie par le barrage de Dumbéa (d’après la Convention de fourniture d’eau potable entre les Communes de Nouméa et de Dumbéa) mais aussi par l’achat d’eau à la Société Anonyme des Eaux de Tontouta (S.A.D.E .T)

 1. Selon les tarifs dérogatoires de l’avenant n° 2 du 30 mars 2005 :

  • Gratuité pour la tranche 1
  • 2,72 F/m3 pour la tranche 2
  • 9,94 F/m3 pour la tranche 3 (tarif réactualisé au 1er janvier de chaque année)

 2. Selon les 3 tranches suivantes, dont le volume est à répartir entre les 4 communes adhérentes au S.I.V.U des Eaux du Grand Nouméa : 

  • Tranche 1 : de 0 m 3 à 284 400 m3
  • Tranche 2 : de 284 401 m3 à 2 487 400 m3 (pour l’année 2007)
  • Tranche 3 : au-delà de 2 487 401 m3 (toujours, pour l’année 2007)

eau potable dumbea La répartition des quotas de chaque commune, par tranches, se fait en fonction des consommations réelles des communes, lors de l’année n-1.

 Ainsi en 2006, la commune de Dumbéa qui n’avait consommé que 10,965 % de la consommation globale d’eau du Grand Nouméa (tous réseaux confondus, c’est-à-dire eau du barrage + eau du Grand Tuyau) n’a eu le droit, en 2007, qu’à 10, 965 % de la tranche 1 (soit 31 185 m3 gratuits) et 10,965 % de la tranche 2  (soit 241 561 m3 à 2,72 F/m3).

Nouméa a obtenu, quant à elle, 190 586 m3 gratuits (tranche 1) et 1 476 305 m3 à 2,72 F/m3 (tranche 2).  

Avec du recul, on s’aperçoit pourtant que ces deux communes ont, en 2007, utilisé pratiquement le même volume d’eau en provenance de Tontouta. (Voir tableau ci-dessous)

 Volumes achetés à la S.A.D.E.T

                 2005              2006            2007           2008 
     Ville de                 DUMBEA       242 088 m3      319 131 m3     800 703 m3                  ?
     Ville de    NOUMEA    1 547 610 m3  1 051 951 m3      881 508 m3     476 822 m3

 Mais, avec ce mode de répartition,  la commune de Dumbéa a payé, en 2007, à la S.A.D.E.T, 6 205 874 F pour 800 703 m3 alors que notre voisine Nouméa n’a payé que 1 879 308 F pour une utilisation pourtant supérieure d’environ 10 %.

 Cherchez l’erreur !

On peut également envisager la « discrimination » sous un autre angle. Celui du prix moyen du m3 d’eau acheté à la S.A.D.E.T, compte tenu des 3 tranches ci-dessus.

Pour les 476 822 m3 achetés, par la Ville de Nouméa, à la S.A.D.E.T, en 2008, le prix moyen pondéré est de 1,6 F/m3. (2)

On ne connait malheureusement pas, pour 2008, le chiffre concernant notre commune.

 Par contre, on peut se référer aux années antérieures.

           Année 2006        Année 2007         Année 2008
 Ville de Nouméa              2,65 F/m3         2,13 F/m3              1,6 F/m3
 Ville de Dumbéa            4,07 F/m3          7,75 F/m3                          ? 

 Alors que tous les abonnés du Grand Nouméa sont assujettis (reliés ou non au Grand Tuyau) à la même Redevance Abonnement (38,23 F/m3 jusqu’au 30 juin 2009 et 35,34 F/m3 depuis le 1er juillet 2009), leurs communes ont un prix moyen d’achat du m3 d’eau différent de l’une à l’autre.

Cherchez l’erreur !

goutte Il faut savoir que ce prix d’achat du m3 d’eau à la S.A.D.E.T est, bien entendu, pris en compte lors du calcul du prix de vente à l’abonné.

Changer le mode de répartition ?

 En 2007, Nouméa  a  utilisé un total de 881 508 m3 en provenance du Grand Tuyau, soit l’intégralité de sa tranche 1 (190 586 m3) mais seulement 690 922 m3 sur les 1 476 306 m3 de sa tranche 2.

Qu’ a – t – on fait du volume inutilisé ?

  Cela était, également, le cas en 2006 où Nouméa a utilisé, là encore les 191 212 m3 gratuits de la tranche 1, mais seulement 860 739 m3 sur son quota de 1 370 220 m3 de la tranche 2 (soit les m3 vendus à 2,72 F/m3) dont elle disposait.

N’aurait-il pas été plus judicieux de le distribuer aux 3 autres communes ?

 En tout état de cause, cette répartition des quotas de chaque commune se basant sur la répartition des consommations réelles (globales) des communes de l’année n-1 n’est pas équitable.

grd tuyau Elle serait beaucoup plus juste si elle se basait sur la répartition des volumes réels achetés au Grand Tuyau par les communes sur l’année n-1.

 Nouméa ne devrait pas être vraiment lésée puisque ses achats annuels à la S.A.D.E.T fondent comme neige au soleil (Voir tableau ci-dessus). Les autres communes, dont la nôtre, qui consomment plus d’eau en provenance de Tontouta devraient en être les bénéficiaires.

 Bien sûr, il y aura un perdant. Mais, ce n’est pas le problème de tous les usagers du Grand Nouméa.

 S’il est proposé un changement de mode de répartition, c’est bien parce que l’avenant n° 3 au Traité de Concession entre la S.A.D.E.T et le S.I.VU qui a été signé le 29 juin 2009 et applicable au 1er juillet 2009 stipule (page 3) que :

« Les quotas d’eau gratuite et les crédits de consommation prévus à l’avenant N° 2 sont maintenus pour les communes.»

Répartition de la production (Barrage de Dumbéa + forages)

 Sur les 4 dernières années, elle est la suivante (2) :

 

           2005         2006          2007           2008
Production(barrage + forages)  16 845 703 m3  18 153 746 m3  18 120 300 m3    17 241 195 m3
m3 vendus en gros à Dumbéa    2 658 636 m3    2 507 907 m3     2 260 940 m3      2 148 903 m3
m3 eau brute vers le Mont Té  14 187 067 m3  15 645 839 m3    15 859 360 m3     15 092 292m3

retenue-barrage-dumbea Entre 2005 et 2008, si on constate, pour Nouméa, une meilleure utilisation des capacités du barrage de Dumbéa et des forages (+ 6,38 %), on déplore, malheureusement, une diminution de 19,17 % pour Dumbéa alors que la production (Barrage + forages) a augmenté entre ces deux années (+ 2,34 %).

 La convention de fourniture d’eau potable entre les communes de Nouméa et de Dumbéa signée le 24 novembre 1988 pour une durée de vingt années à compter du 1er janvier 1989 étant arrivée à expiration, les deux communes concernées travaillent actuellement à une nouvelle convention. La précédente prévoyait la cession de l’eau par la Commune de Nouméa à Dumbéa à titre gracieux avec un volume garanti au 1er janvier 1989 de 4 000 m3/j. (3)

 Qu’en sera-t-il de la nouvelle Convention ?

 Lysis SONG, Vice président de l’association des Riverains de Koé

 

 

(1) Réponse du S.I.V.U au Rapport d’Observations Définitives de la Chambre Territoriale des Comptes en date du 18 avril 2008 (pages 5 et 7)

(2) Statistiques  calculées à partir du Rapport analysant la qualité et exposant le prix des services publics de l’eau et de l’assainissement rendus par le délégataire (Calédonienne des Eaux) et retraçant les comptes de la délégation pour l’année 2008  – C.C.S.P.L de la Ville de Nouméa en date du 5 octobre 2009

 (3) Convention de fourniture d’eau potable entre les communes de Nouméa et de Dumbéa signée le 24 novembre 1988

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barrge-dumbea-cascadeAuteur : Patrick de Viviès

Le  24 juin, nous avons publié un article intitulé « Le barrage sur la Dumbéa peut-il se rompre? » . Y ont été rendus publics les résultats d’une étude de 2004 (1) qui établissait que les risque de rupture du barrage est réel et que les conséquences d’une telle rupture seraient graves. Nous avions écrit que « La ville de Nouméa, propriétaire du barrage(2), ainsi que la Calédonienne des Eaux, concessionnaire de l’ouvrage sont parfaitement au courant de la situation ».

Sans qu’il y ait nécessairement relation de cause à effet, nous constatons que la ville de Nouméa cherche à contracter une assurance en responsabilité pour le barrage de la Dumbéa. Une mesure prudente en considération des réparations qu’elle aurait à payer aux riverains de Koé pour les dommages qui pourraient être occasionnés aux biens et aux personnes  en cas de rupture de l’ouvrage.

nea-assurance-barrageLa commune de Dumbéa serait avisée de suivre cet exemple. En effet, le fait qu’elle ne soit pas propriétaire de  l’ouvrage situé sur sa commune ne l’exonère pas de toute responsabilité en cas de sinistre… au regard du fait qu’aucune mesures n’ont été prises par le maire pour prémunir les populations de sa commune vis-à-vis de ce risque clairement identifié par des études qui lui ont été communiquées.

mur-barrageLa jurisprudence du conseil d’Etat est très claire en la matière(3), et une commune métropolitaine, la COMMUNE DE PERTUIS, a été condamnée solidairement avec le propriétaire d’un ouvrage analogue (une digue) situé sur sa commune à rembourser aux compagnies d’assurance l’indemnisation des dommages occasionnés par la crue résultant de la rupture de l’ouvrage.

Le conseil d’Etat note qu’ « il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que la COMMUNE DE PERTUIS a disposé d’un délai conséquent pour constater l’existence de la brèche pratiquée dans la digue par deux riverains et y porter remède ; que, dans ces conditions, la cour administrative d’appel n’a pas commis d’erreur de droit ni inexactement qualifié les faits de l’espèce en jugeant que la commune ne pouvait utilement se prévaloir, pour atténuer sa responsabilité, de l’imprudence des auteurs de la brèche dont il lui incombait de prévenir les conséquences dommageables ».

Le conseil d’Etat note entre outre que si les victimes auraient été averties dans la nuit de l’imminence de l’inondation de la zone, elles auraient pu limiter les effets de la crue et que de ce fait les fautes des victimes ne sauraient  exonérer la commune de sa responsabilité.

retenue-barrage-dumbeaDans le contexte ou à notre connaissance aucun dispositif d’alarme n’est en place pour informer, le cas échéant, les riverains en aval de l’imminence de la rupture du barrage de la Dumbéa, la responsabilité de la commune serait clairement engagée en cas de sinistre.

En tant que riverains, nous serions intéressés de connaître le dispositif d’organisation des secours prévus par la commune pour faire face à ce risque identifié.

Patrick de Viviès

 

 (1)Etude de faisabilité pour la création d’une aire protégée dans la Haute-Dumbéa
ECO-Conseil – Institut européen pour le conseil en environnement  PROVINCE SUD DE NOUVELLE-CALEDONIE

(2) Il nous a été indiqué entre temps que la Ville de Nouméa n’avait jamais été en mesure d’apporter le moindre titre prouvant qu’elle est bien propriétaire du barrage.

(3) Conseil d’Etat, N° 29144 Inédit au recueil Lebon, présenté par Marc Piednoël, vice président en charge des risques naturels, lors de la dernière assemblée générale de l’association des riverains de Koé.

eau-dumbeaAUTEUR : Lysis SONG

Les abonnés à la Calédonienne des Eaux qui ont pris le temps de regarder au verso de leurs factures trimestrielles d’eau n’ont pas pu échapper à ces recommandations fort instructives :
     
1. Un filet d’eau oublié dans le jardin : 60 litres / heure, soit 525 000 litres / an.

2. Une chasse d’eau : environ 10 litres.
      

Dans le cadre d’une politique de développement durable, personne ne s’en offusquera. Bien, au contraire.
      

Par contre, là où le bât blesse, c’est lorsque l’on apprend que : « Le barrage de Dumbéa a un taux de rendement de 77 %, et qu’il subit donc 23% de pertes, soit 3 millions de m3, dû à des fuites d’eau plus ou moins décelables. » (1)

fuite CDELe signalement de fuites par des membres de l’Association des Riverains de Koé mais aussi par de simples usagers a permis de faire réparer certaines d’entre elles relativement importantes. D’autres subsistent bien qu’elles aient été portées à la connaissance du distributeur. Par exemple, allez voir, à l’entrée du lotissement « Les Alamandas 1 », Selon des riverains, l’accotement serait boueux depuis plus de 2 mois.
      
fuitesFace à ces volumes non négligeables perdus dans la nature, on est en mesure de s’étonner des relances envoyées avant coupure de l’alimentation en eau pour des sommes ridicules, à savoir 285 F (pour un abonné de la Commune de DUMBEA qui conteste le montant d’une facture) et même 7 F (pour une abonnée de la Commune de NOUMEA qui réclame le principe d’égalité des usagers associé à la notion de service public) augmentée d’ une pénalité de 800 F pour retard de paiement de facture. C’est ça, aussi, le monopole !
      
Pire encore. On menace de coupure des abonnés ayant réglé leur dû sous prétexte que d’autres consommateurs utilisant le même dispositif de comptage refusent de payer ou ne peuvent honorer leurs dettes.
      
compteurPourtant, cette société qui détient le monopole en Nouvelle-Calédonie ne devrait pas ignorer le droit à l’eau puisque le Tribunal Administratif de  MELUN a validé un arrêté municipal qui proscrit les coupures d’électricité, d’eau et de gaz pour les particuliers en situation de précarité.
      
« Chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions acceptables par tous. »
     
  Lysis SONG, vice-président del’association des riverains de Koé   

(1) in Compte rendu de la réunion de la C.C.S.P.L de la Ville de Nouméa en date du mercredi 12 novembre 2008 (Source U.F.C – Que choisir N-C)

AUTEUR : Patrick DE VIVIES

riverains de koéLe 27 août, les adhérents de l’association des riverains de Koé, réunis en assemblée générale, se sont prononcés à l’unanimité en faveur de l’adhésion de l’association à la confédération citoyenne de Dumbéa.

Patrick de Vivies et Lysis Song, titulaires, et Marc Piednoel en suppléant, ont été désignés pour représenter Koé au sein de la confédération.

barrage de DumbéaParmi les autres sujets à l’ordre du jour, Marc Piednoel, vice-président en charge des risques naturels, à présenté une jurisprudence sur la responsabilité du maire en cas de rupture d’un barrage situé sur sa commune, quand bien même la commune n’es pas propriétaire du barrage.

Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet et sur les actions envisagées par l’association dans un prochain article. Le risque d’innondation et son impact sur les autorisations de premis de construire a également fait l’objet de denses débats.

Chantal Nusbaum, vice-présidente en charge des festivités, absente momentanément du territoire, a laissé un questionnaire destiné au membres évoquant différentes animations alternatives en vue de favoriser des rencontres conviviales entre les habitants du quartier. Ce questionnaire sera adressé par mail aux membres de l’association pour leur laisser le temps d’y répondre.

logo-Koé-3Seule une proposition de logo pour l’association avait été élaborée. Ce logo, conçu et présenté par le président, a bien plu. Toutefois l’association a voulu se laisser le temps de la réflexion et surtout le temps pour que d’autres propositions puissent émerger afin de permettre un véritable choix.

N’hésitez pas à nous faire part de votre avis ou à faire votre propre proposition.

Si vous souhaitez rejoindre l’association, n’hésitez pas à nous contacter patrick.devivies@canl.nc ou 98 53 43

P1020751L’association des riverains de Koé a tenu son assemblée générale constitutive hier,  jeudi 16 juillet à 18 h au faré situé sur le terrain de l’ancien Buffalo Ranch.

Ont été élus :

Patrick DE VIVIES Président, Lysis SONG Vice-président en charge du dossier de l’Eau, Marc PIEDNOEL, Vice-président en charge du dossier des risques naturels, Alexandre GUICHET, Vice-président en charge du dossier de l’aménagement et de la circulation automobile et des transports, Chantal NUSBAUM, Vice-présidente en charge des festivités, Alain JOAS, Tésorier, Alosio SAKO, Trésorier adjoint,  Sylvie PROUST, Secrétaire, Pascal GUILLOTIN, membre du CA, Delphine BIZE, membre du CA.

L’objet de l’association est la reconnaissance et le respect des droits ainsi que la défense des intérêts des riverains de Koé et plus généralement des habitants de la vallée de la Dumbéa. C’est la question du prix de l’eau qui avait rassemblé les riverains de Koé à deux reprises au cours du mois de mars et d’avril 2009, à l’invitation de Lysis Song. Afin d’agir efficacement, les riverains avaient considéré qu’il serait utile de se réunir en association.

Dans le cadre du dossier de l’Eau, l’assemblée générale a mandaté le Président et le Vice-Président en charge de l’Eau pour demander à la commune la supression du forfait de 40 m3 appliqué sur la facture d’eau. Le Président a par ailleurs été mandaté par l’assemblée générale pour prendre contact avec le bureau des autres associations intervenant dans la vallée (Dumbéa rivière vivante, Association de la Pointe à la luzerne, de la pointe à la Dorade, de Katiramona, etc) afin d’étudier les possibilités d’action commune.

Marc PIEDNOEL, Vice-président en charge du dossier des risques naturels, propose d’aborder le problème du risque de rupture du barrage souligant la jurisprudence engageant la responsabilité du maire. Il est proposé qu’une réunion conjointe avec l’association Dumbéa Rivière Vivante soit organisée sur ce sujet.

Si vous êtes interressé par nos travaux ou si vous souhaitez rejoindre l’association, vous pouvea nous contacter au 98 53 43, nous envoyer un mail à patrick.devivies@canl.nc ou nous écrire à L’association des riverains de Koé BP GA 116 98836 Dumbéa.

A lire aussi sur le même sujet, l’article dans les Nouvelles Calédoniennes du 18 juillet 2009 .

small_DBEA-RIV-VIVANTE1NBProblème de qualité de l’eau potable, de prix de l’eau, de préservation de la rivière Dumbéa, des prélèvements sur la rivière, d’alimentation en eau potable depuis le barrage sur la Dumbéa ou la rivière Tontouta par le Grand Tuyau… Bien des sujets évoqués dans ce blog concernent l’eau, sa gestion, son usage et sa préservation. Ils sont une invitation à la gestion raisonnée de cette ressource précieuse.

Pour construire une politique de l’eau à l’échelle de la commune qui considère les demandes des associations œuvrant pour la protection de la rivière, les attentes des usagers réunis en associations de riverains ou en association de consommateurs, il existe un approche participative qui a déjà fait ses preuves en dehors du territoire, mais également en Nouvelle-Calédonie : le conseil de l’eau ou le comité de bassin.

Le conseil de l’eau est une structure qui rassemble l’ensemble des acteurs concernés par l’eau à l’échelle du bassin versant d’un  cours d’eau pour proposer un schéma de gestion durable de cette ressource.

La création d’un conseil de l’eau à Dumbéa est une proposition de l’association Dumbéa Rivière Vivante énoncée à l’occasion de son assemblée générale du 3 août 2008. L’association, dont le champ d’action était limité précédemment à la haute Dumbéa, marquait par cette proposition la nécessité d’avoir une vision globale à l’échelle de l’ensemble du bassin versant, depuis la source jusqu’à l’embouchure.

bénévoles-Dumbéa-chez-Bob_JElle trouva un prolongement par la suite dans le rapprochement opéré avec l’association de la pointe à la luzerne et dans l’organisation d’actions conjointes, puis plus récemment, dans le cadre du rapprochement avec l’association de la pointe à la dorade. Elle se poursuit ensuite par la création de l’association des riverains de Koé qui travaille notamment sur les questions liées à l’alimentation en eau potable de la vallée.

Hubert Géraux, coordinateur du WWF, qui est un partenaire majeur de Dumbéa Rivière Vivante depuis plus de huit ans à présent, a souligné l’intérêt que nous aurions à bénéficier de l’expérience de ceux qui contribué à créer une structure analogue à La Foa, rejoint en cela par Guy Forhinger, d’Action Biosphère, ardent défenseur de la démarche.

Le bassin versant de la Dumbéa comprend, outre les deux branches de la rivière Dumbéa (nord et est), La Couvelée, la Nondoué, le Carigou et la Ouanéoué qui prend sa source aux Monts Koghis.

Les échanges avec la commune sur la Création d’un conseil de l’eau ont été plutôt fructueux, Armelle Monneret, élue en charge de l’environnement, ayant marqué dès l’origine son intérêt pour la démarche. La commune prendra-t-elle l’initiative de rassembler les potentiels acteurs d’un futur conseil ?

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous qu’un Conseil de l’eau puisse favoriser une meilleure gestion de l’eau ou au contraire qu’il s’agit là d’une nouvelle « usine à gaz » gourmande en temps et en moyens ?

barrageUne étude(1) réalisée en 2004 par l’Institut européen pour le conseil en environnement pour le compte de la Province sud dans le cadre du projet de parc soutenu par l’association Dumbéa Rivière Vivante souligne les risques de rupture du grand barrage sur la Dumbéa en cas de crue exceptionnelle.

Lors de sa construction en 1954, le barrage a été conçu pour résister aux plus fortes crues que l’on pensait possible à l’époque (soit une crue-projet de 730 m3/s, augmentée à 1090 m3/s en 1965). Le barrage a été rehaussé de 3 m en 1972 à la fois pour augmenter la capacité de la retenue, mais aussi pour améliorer la stabilité de l’ouvrage. La crue à laquelle le barrage pouvait résister avait été révisée à cette occasion à 1400 m3/s par des travaux de consolidation.

Les données hydrologiques et la connaissance des crues étant récentes sur la Dumbéa, la succession d’évènements climatiques à conduit à réévaluer la crue centennale (crue pouvant survenir tous les cent ans en moyenne) à 3000 m3/s en 1993 puis à la ramener à 1580 m3/s en 1995 suite à une étude plus approfondie.
L’expertise réalisée par Coyne et Bellier en 1993 envisage des crues exceptionnelles de 3 à 4000 m3/s. Il est dit que « dans ce cas, le mur en aile rive gauche et la culée rive droite seraient débordés, ce qui aggraverait brutalement des conditions de stabilité déjà problématiques. Ce qui conduit les missionnaires de l’Institut européen pour le conseil en environnement à considérer que « Le risque d’érosion de l’ouvrage en cas de crue exceptionnelle est réel »

Le risque de rupture est réel

L’étude mentionne ainsi qu’ : « un débit de 2300 m3/s peut juste passer (barrage à la limite d’être submergé à ses extrémités). Nous n’avons  as  u d’informations sur la durée de la poussée que la voûte peut supporter en cas de crue exceptionnelle. En fait, si le barrage était submergé, l’érosion se produirait  ur les fondations de l’ouvrage. L’altération de ces fondations serait dépendante de la durée de submersion. La ville de Nouméa envisage une baisse éventuelle du seuil déversant de l’ouvrage.  Compte tenu d’une part des difficultés à établir les débits des crues exceptionnelles sans historique portant sur un grand laps de temps et d’autre part des modifications climatiques qui se font de plus en plus sentir, il semble sage d’envisager l’occurrence d’évènements climatiques graves pouvant conduire à l’altération de l’ouvrage. Cet aléa reste d’occurrence faible mais sa puissance destructrice nous le font classer comme fort. »

En clair, l’étude indique que s’il est peu probable que le barrage se rompt, le risque existe bel et bien et les conséquences d’une rupture seraient graves. La ville de Nouméa, propriétaire du barrage, ainsi que la Calédonienne des Eaux, concessionnaire de l’ouvrage sont parfaitement au courant de la situation. Officieusement, il nous est dit qu’une solution est sur le point d’être mise en œuvre. Il faut donc remercier le ciel qu’aune crue majeure ne soit intervenue depuis que cette donnée est connue et espérer qu’aucune ne survienne à court terme.

 (1)Etude de faisabilité pour la création d’une aire protégée dans la Haute-Dumbéa
ECO-Conseil – Institut européen pour le conseil en environnement 
PROVINCE SUD DE NOUVELLE-CALEDONIE