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Patrick de VIVIES

Auteur : Patrick DE VIVIES

noumea-SLNDans l’article Dortoir-sur- mer, je me demandais si « la commune de Dumbéa saura (…) échapper à son destin de cité dortoir dans lequel tends à l’enfermer son attractive voisine ? »

Quelques tableaux extraits du schéma de cohérence de l’agglomération illustrent parfaitement ce propos. Nouméa concentre la presque totalité des équipements, services, fonctions et activités du Grand Nouméa.

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En 2004, 62% des habitants de l’agglomération vivent à Nouméa alors que 85% à  100% des activités sont à Nouméa. Ce qui fait préciser à l’auteur du document que « cet écart de + ou – 25 à 30 points entre la géographie de la résidence et la géographie des générateurs de déplacements représente (…) un potentiel de déplacements tous motifs s’appliquant à environ 45 000 habitants soit la population du Nouméa des années 60″.

circulation« La pression est forte sur les réseaux de transport, le temps perdu et les impacts environnementaux des déplacements motorisés correspondants sont très significatifs, le coût d’adaptation et réalisation des nouvelles infrastructures de transport nécessaires pour desservir la presqu’île nouméenne sont importants. En un mot il n’est pas sûr que l’armature urbaine actuelle soit ni durable à long terme, ni même équitable pour les personnes au regard du temps et du coût des déplacements ».

Pour cette raison, le schéma recommande la mise en place d’une armature urbaine « mieux équilibrée plus efficace » et donc de redistribuer les activités afin « d’assurer un équilibre satisfaisant d’accès de tous aux fondamentaux de la vie collective : éducation, santé, loisirssports-culture, commerce et… gares ou lieux de transports. »

P1030080On le voit bien, il y a une étroite relation entre la nature du développement urbain et les problèmes de transport en général et de circulation automobile en particulier. La distance entre les lieux d’activité et lieux d’habitation provoque structurellement du déplacement. 10 000 logements se construisent sur Dumbéa mais peu d’activités s’installent. Ou cela nous mène-t-il ?

Patrick DE VIVIES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pandaAUTEUR : Patrick DE VIVIES

La commune de Dumbéa saura-t-elle échapper à son destin de cité dortoir dans lequel tends à l’enfermer son attractive voisine ? A la lecture du dernier rapport de la Chambre territorial des comptes, on est en droit d’en douter. En effet, la chambre relève que non seulement un retard de 5 ans est constaté dans la mise en œuvre du projet de zone industrielle, mais également que l’ambition du projet semble diminuer au fur et à mesure qu’il avance. 
            
En effet, « dès 2000, la commune avait envisagé de mettre en place sur le site de la ZAC de Panda une zone industrielle et commerciale pour désengorger celle de Ducos. A cette fin, des terrains avait été acquis en 2002 par un aménageur privé le long de la Savexpress à l’Est de cette voie. (…) Le 7 mai 2002, l’assemblée de la province Sud a émis une déclaration d’intention relative à la création d’une zone d’aménagement concertée dans ce périmètre. (…) Les documents fixant les modalités concrètes de la ZAC ont finalement été approuvés par trois délibérations de l’assemblée de la province Sud en date du 12 avril 2007, soit cinq ans après la déclaration d’intention émise par l’assemblée de la province Sud. (…) Depuis mi-2007, les travaux mettant en œuvre la ZAC ont commencé. Les premières entreprises devraient commencer leur activité en 2010 ».
            
            
panda-2Le rapport souligne que le maire de l’époque, Bernard Marant, « fixait trois exigences essentielles dont celle de la « réalisation rapide de lots artisanaux et industriels pour que la ville ne soit pas qu’une banlieue dortoir ». Et la commune indiquait l’année 2005 comme butoir pour la réalisation des premiers lots ». Il précise en outre que « La présentation qui avait été faite de la ZAC Panda en 2005 consistait dans un vaste projet en deux phases : Panda 1 qui comprenait l’installation de 350 entreprises et 400 logements, puis Panda 2 qui ajoutait au projet 500 entreprises supplémentaires et 170 logements. A l’achèvement du projet, c’était donc un total de 850 entreprises et 570 logements qui auraient été installés dans la ZAC ».
            
La chambre note que « la programmation de la ZAC apparaît fluctuante, incertaine et en net retrait par rapport aux ambitions initiales » et que seule la tranche 1 était en cours de terrassement. La tranche 2 a été supprimée et les terrains des tranches 3 et 4 n’ont pas encore été acquis par le concessionnaire. Aussi, « le nombre de parcelles d’activité effectivement vendues aux entreprises serait de 36 » pour un démarrage d’activité en 2010.
            
En conclusion, « La chambre s’interroge sur la capacité de la ZAC, dans sa configuration effective, à augmenter significativement le taux des actifs habitant et travaillant à Dumbéa. L’un des principaux problèmes d’aménagement de la commune que se proposait, initialement, de résoudre les promoteurs de la ZAC de Panda demeurent en suspend ».
            
 C’est sûr que n’est pas avec 36 lots industriels de petite dimension que l’on créera des emplois pour les 23 000 dumbéens d’aujourd’hui et les 25 000 dumbéens de demain !

Panda-3Patrick de Viviès

foule-gens_~909-049-06Le sud de la commune a connu une urbanisation rapide à partir du début des années 70. Les quartiers résidentiels de Koutio et d’Auteuil se sont étendus dans la continuité du développement de Nouméa, par apport de population quittant la capitale pour la périphérie, ou s’installant dans l’agglomération en provenance de l’intérieur, des iles ou de l’extérieur du territoire.

Pour ces « nouveaux dumbéens » de l’époque, le sentiment d’appartenir à la commune de Dumbéa n’existait pas véritablement. Pour leur part, les habitants de la vallée de la Dumbéa avaient (ont encore ?) tendance à se considérer comme les seuls « vrais dumbéens ». Les nouveaux venus, récemment installés de l’autre côté du col de Tonghoué, étaient souvent perçus comme des immigrés sur le terroir dumbéen.

Je me souviens qu’au milieu des années 90, l’actualité concernant les quartiers de Koutio et d’Auteuil était présentée dans les Nouvelles Calédoniennes dans la page « Nouméa », ce qui illustrait bien que ces quartiers urbanisés périphériques à la capitale n’étaient pas reconnus comme dumbéens.

On voit bien que le sentiment d’appartenance à une communauté humaine, que ce soit au niveau d’une commune ou au niveau d’un pays, dépend du vécu de chacun d’entre nous. Il est très différent pour le jeune qui est né et a grandi à Koutio, pour le nouméen venant qu’acquérir une maison hors de Nouméa, pour le descendant d’une des grandes familles historiques de Dumbéa…

Ce sentiment d’appartenance relève de la démarche identitaire. Dans identitaire, il y a le fait de se sentir appartenir à ce qui nous est identique, de nous séparer de qui nous est différent. Ce sentiment identitaire se construit. On le voit bien en Nouvelle-Calédonie, ou le sentiment d’appartenance aux différentes communautés est très fort. La construction d’une communauté de destin, qui nous rassemble au-delà de nos différences communautaires, est née d’une volonté politique inscrite dans l’Accord de Nouméa.

Au niveau municipal, le fait de se sentir appartenir à sa commune ne va pas de soit, surtout lorsque l’accroissement de la population est fort. Cette identité se construit. La municipalité joue un rôle prépondérant dans cette construction, par les infrastructures et services qu’elle met en place, qui permettent aux populations de se rencontrer et de partager ensemble. Etre sorti de la même école, avoir joué sur les mêmes terrains de sports, assisté aux mêmes spectacles crée du lien… Mais la répartition des équipements peut aussi faire prédominer le sentiment d’appartenance à un quartier.

Les grands événements et festivités qui rassemblent la population contribuent également à fédérer à l’échelle d’une commune.

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Les choix opérés en matière de développement urbains sont aussi déterminent. Par exemple, les vues d’architectes qui nous ont « vendu » l’idée d’un centre urbain à Koutio décrivaient une esplanade avec des bancs ombragés, des fontaines, des cinémas, des restaurants et cafés avec terrasses accueillantes. En un mot des lieux où l’on peut se rencontrer, se trouver, qui offriraient une alternative sérieuse à la sortie sur Nouméa.

 

P1020421Les premières réalisations de ce centre sortent de terre juste en face du lycée du Grand Nouméa semblent bien éloignées de cet idéal urbain : des logements, beaucoup de logements sans âme.

 Le centre d’une ville est son cœur : le lieu ou peut se forger une identité dans la rencontre. A l’heure ou se construit à Dumbéa une ville nouvelle qui va conduire au doublement de la population communale, la question «  qu’est-ce qu’être Dumbéen aujourd’hui ? » a tout son sens. Il y a derrière l’enjeu humain un enjeu urbain. Comment réussir à créer un cœur à la ville, des lieux de rencontre au centre et dans les quartiers, comment attirer des activités à Dumbéa ?

Pour que notre commune tourne le dos au destin de banlieue dortoir dans lequel veut l’enfermer son attractive voisine. Sans renier les racines rurales qui forge notre identité originelle.