Société


DSC_0430Auteur : Patrick de Viviès

À l’approche du sommet de Copenhague qui se déroulera en décembre 2009, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a organisé le 30 septembre un débat public sur les enjeux et les perspectives de l’adhésion de la Nouvelle-Calédonie au protocole de Kyoto.
congres 21La formule de « rendez-vous du congrès » initiée à par le président de l’institution a permis d’ouvrir l’assemblée aux Calédoniens et de favoriser la rencontre entre les responsables des associations les simples citoyens et des élus sur ce thème souvent évoqué en considération de son impact sur le réchauffement climatique et la montée du niveau des océans. 
La rencontre a débutée par un exposé scientifique sur l’évolution du climat, les gaz à effet de serre et leur impact sur le climat, animée par Fabrice Colin, directeur de l’IRD. Elle s’est poursuivie par un exposé juridique sur le contenu du protocole de Kyoto et la raison de sa non application à la Nouvelle-Calédonie, animé par Guy Aniel, professeur de droit à l’Université de la Nouvelle-Calédonie.
On savait déjà que le développement de trois nouvelles usines métallurgiques allaient placer la Nouvelle-Calédonie sur le podium mondial en terme d’émission de gaz à effet de serre par habitant. Ce que l’on ne savait pas forcement, c’est que l’adhésion de la France au protocole de Kyoto, ou au futur protocole  de Copenhague, sans restriction territoriale, c’est-à-dire en incluant la Nouvelle-Calédonie, n’apporte en soi aucune solution au triste score de la Nouvelle-Calédonie liée à la transformation sur place de sa richesse minière.

Kyoto au congresC’est bien ici, localement, que des solutions doivent être trouvées pour limiter l’impact de ces activités afin que le bilan carbone s’améliore. Le reboisement à grande échelle, financé par les industriels au titre du principe pollueur-payeur figure parmi les pistes sur lequels les associations attendent un engagement fort du politique. Le développement volontariste des énergies renouvelables est également attendu et plébiscité.

Les associations de Dumbéa (Dumbéa rivière vivante, les Amis du Carigou, Pointe à Luzerne, Riverains de Koé) étaient présentes à ce rendez-vous et ont su marquer leur intérêt pour ce sujet. Souhaitons que cette rencontre en appelle d’autres et soit de nature à renforcer la place du citoyen dans la vie publique et la démocratie de proximité.
Patrick de Viviès

Sur le même sujet, les Nouvelles calédoniennes du 29 septembre

P1030161Auteur : Patrick DE VIVIES

Le destin commun est au coeur de l’Accord de Nouméa. Il mobilise dans la rue. Il occupe une place de maître dans tous les discours. A observer la manière dont s’organisent les cérémonies du 24 septembre, on aurait envie de dire : le destin commun, oui, mais lequel ?

Entre ceux qui organisent un pique-nique républicain pour un destin commun dans la France, ceux qui se retrouveront autour du Mwâ Kâ dans le cadre de la grande journée citoyenne, ceux qui critiquent la manière dont s’organisent les cérémonies autour du Mwâ Kâ cette année, déplorant une certaines mise à l’écart du comité 150 ans et la perte du sens profond d’une démarche s’enracinant dans la coutume avant de s’ouvrir aux autres communautés, on peut légitimement s’interroger sur le paradoxe qu’offre la division des visions d’un destin censé être partagé.

mwa ka 2008Tant de différences entre ces perceptions du destin commun, tant de mains tendues, de malentendus, de rendez-vous ratés. Saurons-nous nous retrouver ? autour de quel projet ?

mwaka 1Les drapeaux et  symboles des uns font fuir les autres. Ils semblent nous séparer et, sans doute nous éloigner de ce chacun revendique pourtant chacun de son côté.

Saurons-nous concevoir notre avenir sous un autre angle que celui de notre relation à la France ? Saurons-nous entrevoir que l’enjeu de notre avenir est comment allons nous parvenir à vivre vraiment ensemble ?  

Patrick DE VIVIES

P1030003Auteur : Patrick DE VIVIES

Après  moins de quatre mois d’existence, le Blog de Dumbéa a su fidéliser un lectorat par la régularité et la diversité de ses publications touchant tous les domaines de la vie communale (urbanisme, eau, environnement, transport, histoirevie municipale, vie associative et sociale, etc…)

P10209202La barre symbolique des 200 visites jours a été dépassée la première fois en juillet soit après moins d’un mois et demi d’existence. Avec pas moins de 30 articles postés en août et plus de 2500 visites, il justifie la dénomination, au sens étymologique du terme de « Journal ».

Bien que présenté sous la forme moderne d’un blog, diffusé par internet, ce support est indéniablement un média à part entière. Un média 2.0 au sens de la définition désormais admise :

P1020425 » Avec l’avènement de l’Internet et des connexions haut débit, de nouveaux types de médias sont apparus. Ces nouveaux médias sont diffusés sur Internet et véhiculé à très grande vitesse tout autour de la planète. Les médias 2.0 sont créés par des individus, groupes d’individus, entreprises et diffusé au plus grand nombre à l’aide des technologies actuelles. La génération de ces nouveaux médias ne nécessite pas de disposer de moyens financiers important (comme pour les anciens médias) et on les découvre à l’aide du bouche à oreille et des moteurs de recherches. »

Une attitude discriminatoire

conseil-municipalCette vision des choses ne semble pas partagée par la municipalité, qui a refusé de remettre à votre serviteur le dossier du dernier conseil municipal au motif qu’il ne contient que des projets de délibérations ne sont pas signées par le maire. Il nous faut donc écrire pour obtenir transmission de ces délibérations (1). Une attitude discriminatoire vis-à-vis de notre média, car cela ne pose pas de difficulté à la commune de transmettre deux ou trois jours à l’avance le dossier du conseil aux autres médias, notamment aux Nouvelles Calédoniennes.

P1020640Aussi, nous demandons aimablement au maire de la commune de Dumbéa de bien vouloir considérer le Blog de Dumbéa comme un média à part entière et de lui faire bénéficier des mêmes prérogatives que les autres supports. Nous sommes très sensible à la volonté politique exprimée par le Rassemblement UMP d’améliorer la transparence dans la vie politique… et seront donc attentif à sa traduction opérationnelle vis-à-vis du blog de Dumbéa, véritable journal de Dumbéa  sur internet.

Patrick DE VIVIES

 

(1) nous avons écris le 19 août à la mairie pour demander transmission du compte administratif, du budget primitif et du budget supplémentaire de la commune. Ces documents nous ont été transmis très aimablement le 9 septembre à l’exception du budget supplémentaire « qui n’avait pas encore été présenté au conseil« . Le jour du conseil, le 17 septembre, le secrétaire général nous demande d’écrire pour solliciter la transmission du budget supplémentaire ! Nous ne sommes donc pas en mesure d’évoquer  le vote du BS ou le rapport d’exploitation de la Calédonienne des Eaux avant une à plusieurs semaines, ce qui est préjudiciable à notre média…

300px-Noumea-NewCaledonia-EOAUTEUR : Patrick DE VIVIES

Le schéma de cohérence de l’agglomération est un document stratégique. Pour la première fois, il est en ligne sur le blog de Dumbéa.

A la fois Schéma de Cohérence de l’Agglomération du Grand Nouméa et Projet d’aménagement et de développement durable, le document ci-attaché rassemble les objectifs et les orientations d’aménagement et de développement que les quatre communes de l’agglomération, réunies au sein du Syndicat Intercommunal du Grand Nouméa (SIGN).

Ce document traite le problèmes des déplacements à l’intérieur du grand Nouméa, ce qui ne manquera pas d’interresser ceux de nos lecteurs qui passent plus d’une heure par jour dans leur voiture pour aller à Nouméa.

A la demande d’un ami internaute et bloggeur s’étonnant qu’un document stratégique de cette importance ne puisse être accessible à la population par internet, j’ai décidé de le mettre en ligne.

Pour ouvrir ce document, cliquer sur le lien ci-dessous

SCAN – Projet de PADD – V2 Juin 2009

Il s’agit d’un fichier de 2.8 Mo : il peut donc être long à charger.

Je remercie la personne qui a bien voulu me faire parvenir ce document (elle a souhaité garder l’anonymat).

Après des décénies de développement urbain anarchique, d’aménagements incohérents laissés à l’initiative des promoteurs sans gestion des conséquences sur l’evironnement et sur les populations, de ces coups patis, un tel schéma de cohérence est bienvenu !

Patrick de Viviès

siyapastoiAUTEUR : Patrick DE VIVIES

Il y a quelques semaines à propos du succès rencontré par ce blog, j’écrivais qu’il démontrait « la vitalité du monde associatif et le dynamisme de la société civile. Il ne faut pas se tromper sur la nature de ce qui se passe à Dumbéa (…) le mouvement associatif qui s’éveille dans le nord comme au sud transcende les clivages. Il est le fruit d’une dynamique fondamentalement citoyenne et apolitique. »

P1030176La forte mobilisation à Nouméa le 12 août à l’appel d’un collectif citoyen apporte une nouvelle illustration que quelque chose de nouveau se passe au sein de la société calédonienne, qui dépasse largement les frontières des représentations habituelles -syndicales ou politiques.

Le sociologue Pierre Bourdieu (1) a analysé les relations souvent ambigües qui pouvaient exister entre les délégués  représentants d’un groupe – qu’il soit politique, syndical ou associatif – et leur mandants – adhérents ou militants – parlant d’une « usurpation légale » pour décrire la manière dont les mandants peuvent se trouver en quelque sorte dépossédés.

Dans le contexte d’un paysage politique particulièrement divisé, la dynamique citoyenne rassemble. Une nouvelle donne pour des partis et les syndicats, qui considèrent  un peu trop qu’il détiennent le monopole de la représentation du citoyen et de l’expression légitime de l’opinion, et qui doivent desormais compter avec une action civile qui sait se faire entendre directement pour accompagner les transformations dont la société calédonienne a besoin. Peut-être une manière pour le citoyen de reprendre possession de sa liberté de jugement ?

Patrick DE VIVIES

PS :  les grands médias nationaux ont donné un large écho à cette marche citoyenne qui a offert une image de la société calédonienne qui a pu contrebalancer -espérons-le – celles alimentant les clichés d’une gerilla urbaine aux relents néo-colonial qui avaient été largement diffusés.

Voir notre revue de presse : L’express, Le figaro, Libération, Le point, TV5Rfi, Le matin

(1) Pierre Bourdieu, la distinction, critique sociale du jugement, les éditions de Minuit

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Plus de 25 000 personnes, 26 000 selon certaines sources, sont venues défiler à l’appel du collectif citoyen, dans la paix et le silence. « Si y’a pas toi, y’a pas moi » résumait la démarche d’une société civile qui a voulu monter qu’une majorité de Calédoniens souhaite la poursuite de la construction du destin commun. Les dernières semaines nous ont rappelé la fragilité des équilibres qui permettent que soit préservée la paix et le respect de l’autre.

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P1020559AUTEUR : PASCAL GUILLOTIN

Il était une fois un beau village avec un beau pré ! Tous les habitants du village pouvaient y mener leur vache pour qu’elle y broute une belle herbe bien grasse et bien verte. C’était à tous et pour tous.
Un habitant se dit un matin que, cette herbe étant gratuite, il pourrait avoir deux vaches au lieu d’une. Puisque c’était à tous, c’était donc à lui ! Il y mena donc ses deux vaches. Un autre habitant se dit que, puisque l’autre avait deux vaches, lui aussi pouvait en avoir deux et donc il en mena trois. D’habitant en habitant et de vache en vache, le pré devint un bourbier stérile et plus personne n’eut de vaches …

Chaque individu a intérêt à utiliser au maximum le bien commun pour augmenter son profit individuel, mais est- ce bien humain ? Les communs, quels sont ils ?Dans les villages de métropole, du temps des vieux, ce pouvait être le pré communal, la fontaine ou la source communale, le pressoir, le lavoir, la meule, l’étang, la batteuse … Toutes les sortes de choses qui devaient se partager entre tous pour permettre à tous une hygiène, un confort de vie.

_DSC1228L’intérêt de l’individu était l’intérêt de tous et les relations entre les gens étaient étroites et rythmées par l’utilisation des communs et les fêtes qui souvent y étaient organisées  fête des moissons, des poissons, des vendanges, des olives …). Même les danses étaient liées aux travaux faits avec les communs, elles étaient spécifiques aux villages, aux cantons, aux régions et mimaient souvent les gestes de la vie, du travail. Commun, commune, communauté ! Cela a marché en Europe et dans le monde depuis que l’homme est homme, ne l’oublions pas et faisons le savoir. Le mode de vie « z’oreille » depuis des générations n’était pas loin de ressembler à la coutume kanaque d’aujourd’hui !

Compétition, rendement, exploitation, développement, consommation, sont les leitmotivs de notre temps et sont encore, même malmenés par la crise, les références que l’on se doit de suivre si l’on ne veut pas être accusé de nuire à la sacro sainte « croissance » mère de toutes les vertus … Ca n’a pas marché, toutes les vaches dans le toujours trop petit pré, non plus, et la mère croissance, on dirait quelle ne marche pas non plus !

La communauté dans son sens noble n’est plus d’actualité !

Et aujourd’hui, quels sont les communs qui nous restent en Calédonie : l’eau potable est aux mains de multinationales, le lavoir à la maison et le reste au magasin !

P1020657Mais la nature, l’eau des rivières, l’air, la biodiversité, la liberté, le savoir … et que sais je encore, toutes les choses que les habitants de la planète sont en droit d’avoir en quantité et en qualité sont encore à essayer de garder dans nos communs, c’est à tous, à vous, à moi, aux autres … Qu’en a t’on fait ? En quelques dizaines d’années nous avons réussi à raréfier l’eau, polluer l’air, réduire la biodiversité, et une grande partie des peuples n’ont pas accès au savoir.

Alors quoi ? Sais pas ! La solution reste à trouver et il va falloir faire vite, en Calédonie comme ailleurs dans le monde.

Ce dont on peut être sûr, c’est que le sort de la planète et donc le nôtre, passe en commençant par balayer devant sa porte. Justement devant ma porte il y a une rivière, une encore belle rivière : la Dumbéa, dans le top trois des rivières les plus riches du pays aux nouzotes ! Elle fait partie du monde et du commun de plusieurs milliers de personnes et pourtant :

P1020650Chaque semaine, des pick-up repartent la benne pleine de bois.
Chaque semaine, des « habitants » viennent y jeter leur ordures, y laver leurs belles voitures.
Chaque jour, des tireurs ou des tuneurs viennent y pétarader et déranger les autres.
Chaque saison, le feu des uns détruit un peu plus la nature de tous.

Puisque c’est à tout le monde, alors c’est à eux ! Et puisque c’est à eux, ils peuvent en faire ce qu’il veulent, sans penser aux autres.

Mais nous sommes chacun les garants de nos communs, nous devons les respecter et les partager et si nous n’y arrivons pas, alors il faut qu’une instance représentant tous ceux qui bénéficient des communs soit là pour informer, éduquer et réprimer s’il le faut. Au temps de la vie qui s’articulait autour des communs il y avait déjà le garde champêtre, représentant de, devinez quoi : la commune, qui elle même se devait d’être garante du bien commun de ceux qui l’avaient désignée. Les habitants, eux, se rassemblaient : au sein de corporations, de groupements de métiers ou simplement à la sortie de la messe, aux champs ou au lavoir pour parler et verbaliser leurs problèmes et leurs attentes et ainsi  porter la voix de la communauté.

Voilà pourquoi nous nous parlons, nous nous réunissons, nous nous regroupons dans des  associations ! C’est pour porter la voix des « habitants », pour exprimer leurs demandes, leurs attentes, leurs « coups de gueules » face à ceux qui considèrent que puisque c’est à tout le monde, c’est à eux… !!!

Il est beau le mot « commun » il faut lui redonner son sens !

Pascal Guillotin
Président de Dumbéa Rivière Vivante

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