novembre 2009


moto_Nouvelle-CaledonieAUTEUR : Lysis SONG

La Province Sud vient de prendre un arrêté interdisant aux motos marines, aux plaisanciers et aux Kite surfers de s’approcher à moins de 200 mètres de l’île aux Goélands de façon à ne pas perturber la reproduction de ces oiseaux actuellement en période nuptiale, période précédant celle de l’incubation.

Sur les ondes d’une radio locale, on nous a même expliqué que l’ombre d’une aile de Kite Surf pouvait provoquer la fuite de ces animaux  qui l’assimilent à un énorme prédateur et quittent alors définitivement leur nid.

 Peut-être ? De toute façon, il ne s’agit pas ici de condamner cette décision mais bien d’établir un parallèle avec les êtres humains.

 En effet, si je peux comprendre qu’on s’inquiète de la tranquillité des animaux, il serait aussi grand temps de s’occuper de la nôtre.

rte-de-koéLes Riverains de Koé ont, dans leur très grande majorité, intégré les interdictions susceptibles de causer une gêne pour leur voisinage notamment le dimanche, mais, ils ne s’expliquent pas encore pourquoi chaque week-end, quelques motards, apparemment étrangers au quartier, regroupés par 5 ou 6, s’amusent à effectuer des courses sur la grande ligne droite de Koé comme s’ils circulaient sur le circuit de NAKUTAKOIN pourtant si proche.

Circonstance aggravante (tout au moins, je le pense), ces deux-roues déjà bruyantes à régime normal deviennent assourdissantes (doux euphémisme) plein pot, de telle sorte qu’on anticipe leur arrivée à plusieurs centaines de mètres.

moto okA quand les sonomètres agréés ?

Pendant une période, la gendarmerie nationale et la police municipale effectuaient des contrôles de vitesse dont nous n’avions qu’à nous féliciter.

controle_routierMalheureusement, cette excellente pratique a disparu trop rapidement.  Avec l’approche des vacances (et des baignades) amenant un afflux de visiteurs, nous ne serions pas opposés à la présence des hommes en uniforme du côté du Couvoir. A moins que leur présence annoncée, avec la mise en place de la déviation, à hauteur de la Rhumerie, nous amène un répit inespéré, mais, peut-être éphémère.

 Alors qu’une tondeuse est beaucoup moins bruyante, son utilisation est frappée d’une interdiction dominicale. Les Riverains de Koé (et par extension, les Dumbéens) seraient-ils, donc, les seuls concernés par la lutte contre le bruit ?

 Va-t-on laisser ces quelques « visiteurs – pollueurs »  nous empoisonner l’existence ?

 N’avons-nous pas le droit comme les sternes à notre tranquillité ?

 …mais, il y a aussi des riverains exaspérés.

 Lysis SONG

(1) Parodie des paroles de la chanson de François DEGUELT, « Le ciel, le soleil et la mer »

Publicités

Carigou-panneauAUTEUR : Patrick de Vivies

Nous avions annoncé dans un précédent article le démarrage des travaux de construction d’un nouveau pont sur la rivière Carigou, au niveau de l’Auberge de la Rhumerie. Depuis mercredi 4 novembre, la déviation est désormais en place et les véhicules doivent tourner à gauche juste avant l’Auberge, et suivre la voie qui traverse une propriété privée.

carigou-déviationCarigou-pont-déviationLa construction du nouveau pont, appelé à remplacer l’ancien, va pouvoir débuter. Ils devraient se poursuivre jusqu’au mois d’avril.

Les travaux sont financés par la ville et 52 MF sont inscrits au budget primitif de la ville pour financer cette infrastructure. Compte tenu de la faiblesse du budget d’investissement de la commune cette année, liée à la situation financière très difficile dont à hérité la nouvelle mandature, l’effort de la municipalité marque la volonté politique de respecter un engagement de campagne que la précédente mandature n’avait jamais honoré.

bouchon-col-de-tonghouéSi on ne peut que se féliciter de l’engagement de ces travaux attendus qui sécuriseront la traversée du creeck, force est de constater que la route vers Nouméa est désormais un véritable parcours du combattant : déviation à la Rhumerie, une voire parfois deux circulations alternées simultanées dans le col de Tonghoué, avec ses tranchées instables traversant la RT1, ralentissement pour travaux au niveau du futur giratoire des Alamandas, à l’entrée du nouveau lotissement des collines d’Auteuil… Vivement la quille !!!

Patrick de Viviès

A lire également « Le pont de la Rhumerie refait à neuf », les Nouvelles-Calédoniennes du 2 novembre 2009

grd tuyauAUTEUR : Lysis SONG

Prévu après l’installation des délégués syndicaux désignés à l’issue du renouvellement des conseils municipaux, l’avenant n° 3 au Traité de Concession entre le S.I.V.U des Eaux du Grand Nouméa et la S.A.D.E.T a, enfin, été porté sur les fonts baptismaux le 29 juin 2009. Il prend effet à compter du 1er juillet 2009.

 « Le SIVU a … voulu tenir compte des observations de la Chambre Territoriale des Comptes, notamment en ce qui concerne deux impératifs :

  • un lien substantiel entre la rénumération du concessionnaire et le risque d’exploitation,
  • un contrôle efficient du concédant sur la gestion du service public. »(1)

 En tant que consommateur, c’est bien sûr, la rénumération du concessionnaire qui nous intéresse.

100521sLe concessionnaire est toujours autorisé, comme  lors du Traité de Concession du 31 décembre 1998 et des deux précédents avenants (n° 1 du 16 mars 1999 et n° 2 du 30 mars 2005), à percevoir une rénumération composée de deux éléments :

  • Une Redevance Abonnement (payée par les usagers)
  • Une rénumération Variable (à la charge des communes ou de leurs délégataires)

 En ce qui concerne la Redevance Abonnement, sa formule de variation a, certes, été modifiée en supprimant, entre autres, la composante liée aux ventes prévisionnelles d’eau, mais en relevant considérablement  le montant de base de l’Abonnement (+ 214 850 000 F) comme l’y autorise l’article 20 du Traité de Concession.

La résultante, c’est que cela se traduit, finalement, pour le consommateur, par une baisse de 38,23 F/m3 à 35,34 F/m3 au niveau de sa participation au financement du Grand Tuyau, pour le deuxième semestre 2009 et le premier trimestre 2010.

 Après ? Le tarif de base sera révisé au 1er avril 2010, mais, les paramètres sont trop nombreux.

 En ce qui concerne la rénumération Variable, le prix du m3 d’eau livré, par la S.A.D.E.T, aux réseaux de distribution (qui entre ensuite dans le calcul du prix de vente à l’abonné), il a été convenu d’un prix P = 20,82 F/m3 pour la période du 1er juillet 2009 au 31 mars 2010.

Avec le décalage contractuel, ces achats d’eau ne devraient être répercutés sur les factures des Dumbéens qu’à compter du 1er avril 2010.

facture-eau-okMais, la différence entre les tarifs dérogatoires de 2005 (2,72 F/m3 pour la tranche 2 ou 9,94 F/m3 pour la tranche 3, réactualisable) et le prix P, ci-dessus convenu, entraînera, à mon avis, une hausse du prix de vente du m3 à l’abonné.

 « Le concessionnaire a, certes, intégré plus de variabilité dans sa rénumération en modifiant la répartition des recettes entre l’abonnement et la part variable, ce qui introduit une plus grande part de risque assumée par le concessionnaire »(1), mais, il n’est pas encore certain que l’abonné en soit bénéficiaire. Etait-ce, là, l’objet de l’avenant ?

 « La part variable du chiffre d’affaires (s’était) limitée à 3% en 2005 et à 0,3% en 2006. » (2)

 La C.T.C avait souligné que la jurisprudence retenait comme seuil qu’au moins 30% du chiffre d’affaire devait dépendre exclusivement de la fréquentation du service par les usagers pour caractériser une concession.(2)

 Qu’en sera-t-il dans les prochaines années avec ce nouvel avenant ? Atteindrons-nous les 30 % ?

 Lysis SONG

(1)   d’après l’avenant n° 3 au Traité de Concession entre la S.A .D.E.T et le S.I.V.U des Eaux du Grand Nouméa (page 3)

(2)   d’après le Rapport d’Observations Définitives établi à la suite de l’examen de la Gestion du Syndicat Intercommunal à Vocation Unique des Eaux du Grand Nouméa (pages 17 et 35)

.

Plaine-adamAUTEUR : Patrick de Viviès

De nombreux rapports évoquant Dumbéa, indiquent que c’est la rivière qui a donné son nom à la commune ou encore qu’elle porte le nom de la rivière éponyme la traversant. Ce qui pourrait laisser croire que « Dumbéa » est le nom vernaculaire original de la rivière. Qu’en est-il au juste ?

E.-Robin-la-Dumbéa-1868Les premiers récits écrits anciens de l’époque coloniale (1856-59), comme celui d’Emile Foucher (1) nomment cette rivière du nom de Dumbéa ou Doumbéa sans préciser l’origine éthymologique du nom d’apparence vernaculaire : est-il le nom donné par les autochtones ou celui choisi par le colonisateur ?

Le manuscrit de Victor de Malherbe(2), de la même époque (1855-59) parle de la rivière de Numbéa pour désigner la grande rivière au nord ouest de la péninsule.

2-Num-3---375-vallee-DumbeaLe manuscrit des Ephémérides (3) indique en 1858 entre parenthèse derrière « la rivière de Dumbéa »  le mot « Ouaka» sans qu’il soit possible de déterminer s’il d’agit du nom d’un lieu derrière la rivière ou le second nom sous lequel est également baptisé la rivière.

Il faut attendre les travaux des hydrographes et cartographes qui de 1878 à 1880 établirent la cartographie du Sud Calédonien et les nombreux récits qui furent publiés à l’époque dans le Moniteur, notamment par Messieurs  Bourgey et Destelle, lieutenants d’infanterie, pour disposer d’informations attestant que « Ouaka » ou « Waka » est en réalité le nom indigène de la rivière Dumbéa. Ainsi, dans un numéro du Moniteur de février 1867, M. Bourgey écrit « nous étions au bord d’un cours d’eau magnifique appelé Ouaka par les naturels, mais désigné communément à Nouméa sous le nom de Dumbéa ou grande rivière. »

carte-dombéaDans les écrits de cette époque le nom Dumbéa est fréquemment orthographié Dombéa. C’est ainsi que le gouverneur Guillain (7) délimita par arrêté « le périmètre de Dombéa déterminant le lotissement du dit périmètre », périmètre qui est désormais celui de la commune de Dumbéa.

Certains auteurs (4) ont supposé une origine commune au nom Dumbéa et Nouméa. On remarque la nasalisation des consonnes qui dans les langues mélanésiennes conduisent les D a être prononcés « nD » et les « B » prononcés « mB ». Le terme Nouméa n’aurait conservé que la nasalisation des consonnes disparues par déformation du nom ancien « nDu mBéa » qui pourrait être « Djubéa » ou « Drumbéa », c’est-à-dire le nom dont était baptisé le pays qui s’étendait de la Tamoa au Mont-Dore. Le mot Numéa, comme l’indique Jean Guiard(5), est écrit la première fois en 1853 (6) par Eskine et désignait non seulement la péninsule, la vallée de la rivière proche, mais tous le pays du Grand Nouméa.

1Num20-42-riviere-Dumbea-19Le mot « Dumbéa », déformation du nom du pays Djubéa aurait ainsi été donné à tord par un occupant ignorant à la grande rivière, en interrogeant probablement les naturels sur le nom du lieu. Une rivière qui se serait appelé en réalité la rivière Ouaka, ou Waka, nom que l’on retrouve conservé dans la toponymie du nom de l’embouchure de la rive gauche de la Dumbéa, nom du clan Téé Waka auxquels appartiennent différentes lignées résidentes de la vallée lors de l’arrivée des européens.
Patrick de Viviès

(1) Récit des trois moineaux Emile Foucher 1855-59 publié par la SEH n°42
(2) Manuscrit de Victor de Malherbe (1855-59) publié par Joël Dauphiné
(3) manuscrit des Ephémérides (1855-1864) publié par la SEH n°42
(4) Journal de la société des Océanistes Dorothée Dussy 1996
(5) Heurs et malheurs du pays Numéa, Jean Guiard, 2000
(6) Journal of a Cruise among the Islands of the Western Pacific, Eskine John 1853
(7) Toi que l’on appelle Dumbéa, Fustec, dont le titre est paraphrasé

Photos :

ANC Album Robin – de Greslan 1 Num 1 – 24    E. Robin « Vue prise sur la Dumbéa », 1868.

ANC 2Num3 375 Fonds du Hauticommissariat

ANC Album Anzac 1 Num 20 – 42    Dumbea river 1944

DRV--291009-groupeAUTEUR : Patrick de Viviès

DRV-291009-WWFDans le cadre de l’opération organisée par l’association Dumbéa Rivière Vivante et le WWF avec l’école John Higginson de Dumbéa, une seconde sortie de la classe de CE1 de maitresse Caroline s’est déroulée le 29 octobre.

DRV-291009-visiteLa première sortie du 29 septembre avait pour objectif de faire découvrir aux enfants sur place la richesse de l’écosystème de la rivière et l’interdépendance entre les différentes formes de vies animales et végétales.

DRV-291009-batteriesLa seconde sortie visait à sensibiliser les enfants sur les menaces qui pèsent sur ce fragile écosystème. Il n’y a hélas pas besoin de chercher beaucoup pour faire toucher du doigt la réalité de ces menaces.

DRV-291009-déchetsLes déchets abandonnés par des visiteurs indélicats sont abondants, malgré les poubelles mise en place par l’association Dumbéa Rivière Vivante en 2002 et collectées hebdomadairement dans le cadre d’un partenariat avec la ville de Dumbéa.

Les plus dangereux d’entre eux, pour les poisons qu’ils contiennent, les piles et les batteries, ont hélas pas été difficiles à trouver. Les enfants ont même trouvé un frigo abandonné dans les brousses !

DRV-feuxLes traces du feu sont également partout visibles.

DRV-menace-feuxMalgré l’interdiction totale de faire du feu, les emplacements de feux de pique-nique sont nombreux et la nature est marquée par les incendies qui ont brulent la montagne presque chaque année au niveau du stand de tir.

DRV-291009-feuDRV-menace-minesLes cicatrices laissées par la mine sont également visibles partout, et l’érosion intense envase le lit de la rivière d’importantes quantités de terre minière stérile.

Les espèces envahissantes constituent une menace plus difficile à percevoir. Pour sensibiliser les enfants, les bénévoles du WWF et de Dumbéa Rivière Vivante avaient apportés des tortues de Floride, une espèce introduite si attractive quand la tortue est petite.

DRV-291009-tortue-florideEncombrante quand elle devient grande, elle devient un redoutable envahisseur lorsqu’elle s’échappe dans le milieu naturel.

DRV-291009-kaorisDes plantes aquatiques envahissantes ont également été présentées, comme les jacinthes d’eau, les choux fleurs, les lentilles d’eau, utilisées pour décorer les bassins mais redoutablement envahissantes lorsqu’elles accèdent à la rivière.

Pour cloturer la sortie par l’apprentissage d’un geste écocitoyen, les enfants ont été invités à planter des Kaoris sur les berges de la rivière.

DRV-291009-carolineCes sorties ponctuent la réalisation en classe d’une maquette géante (2m sur 2.5 m) du bassin versant de la rivière Dumbéa avec le concours d’un artiste plasticien Terence Barnes, autour de laquelle s’articule la sensibilisation sur la vie de la rivière et les menaces qui pèsent sur elle.

Les parents et enfants des autres classes pourront admirer la maquette géante qui sera exposée à l’occasion de la fête de fin d’année de l’école John Higginson qui se déroulera le 28 novembre 2009.

Patrick de Viviès

A lire également « Les écoliers inquiets pour leur rivière », les Nouvelles Calédoniennes du 1er novembre 2009