E.-Robin-la-Dumbéa-1868concession-AdamAUTEUR ; Patrick DE VIVIES

On sait peu de choses sur le colon Eléonor Adam, sinon qu’il obtint le 19 décembre 1858 une concession de 570 hectares sur la rive gauche de la Dumbéa, terrain à l’époque connu sous son nom indigène de Nemba et qui porte depuis son nom. La concession Adam est entièrement enclavée dans celle de 4000 hectares concédée le même jour à Didier Numa Joubert, qui s’entend de Koé à Koutio.

Cet ancien ingénieur agronome fait sa demande de concession depuis l’île Bourbon (la Réunion) dont il est originaire. Eléonor Adam acquiert également  le 19 décembre 1859 quatre lots en ville au cœur de Port-de-France d’une superficie de 12 are 80 pour 259 F.

Bien que son arrêté de concession prévoie qu’il se soumet aux obligations de la convention du 16 février 1858, notamment à introduire « à ses frais des immigrants libres adultes dont un tiers au moins appartiendrait à la race blanche », on ne trouve pas trace de personnes susceptibles d’être venues avec lui(1).

Il entre en pleine possession de la plaine  trois ans plus tard et le revend peu après à Evenor Degreslan(1).

plaine-de-NembaPic-Jacob-vu-plaine-AdamLa propriété fut acquise bien plus tard par Victor Fayard et la plaine est encore pour partie propriété de la succession Fayard. La plaine Adam est devenue la zone d’aménagement concertée (ZAC) de Panda en 2005 divisée en quatre tranches. Les terrains des tranches 3 et 4 n’ont pas encore été acquis par le concessionnaire.

Plaine-adamL’arrêté de concession au colon Adam nous renseigne sur la toponymie désormais disparue ce secteur de la rive gauche de la Dumbéa. Il nous indique la dénomination du lieu« Ouan-Oua-Révé » ou, sur le bord de la Dumbéa, derrière l’actuel magasin Top-Store, débute la crête qui marque la limite de la propriété.

L’arrêté de concession nomme enfin « les sommets rocheux et boisés » qui marquent la limite de la propriété au bout de cette même crête, en contre-haut du col de Tonghoué du nom de « Nomou-Iangoé »

Plaine-Adam-iongoéLe toponyme ancien « Ouan-Oua-Révé » pourrait bien sous une forme contractée  découler le nom de l’affluent de la Dumbéa la « Ouénaoué » aussi dénomée « Ouanaouée » qui rejoint le fleuve non loin de là et coule dans la plaine voisine de Nimba.

 Un village kanak à Koutio-Kouéta aurait été dénomé Nimbo d’après Bernard Brou. Cela marquerait-il le parcours d’un chemin d’échange entre les clans de pêcheurs de la mer de Koutio-Kouéta et les cultivateurs d’ignames de l’intérieur à travers la plaine de Nemba ? La toponymie ne peut hélas suffire à étayer cette affirmation.

Selon Jean Guiart (2), un lignée de pêcheurs, les Déo, “qui revendiquait une appartenance au Té Waka” occupait l’ouest- sud ouest de la Péninsule de Nouméa. Ils dominaient la côte basse de la Dumbéa, c’est-à-dire la mangrove. Les Togna en serait les descendants

Les sources écrites anciennes (3) ne donnent aucune indication sur la présence d’une éventuelle zone d’habitation mélanésienne sur l’ancienne concession Adam.

plaine-Adam-carte-DegreslanPatrick de Viviès

(1) Histoire des gens du sud, Claude Cornet (2002)

(2) Heurs et malheurs du pays de Numéa, Jean Guiart (2000)

(3) Souvenir des trois moineaux 1855-57 et manuscrit de Malherbe 1856-1859

Photo ancienne : ANC Album Robin – de Greslan 1 Num 1 – 24  E. Robin « Vue prise sur la Dumbéa », 1868.

panorama-dumbea-Nemba

Publicités