grand-nouméaAUTEUR : Patrick de Viviès

Dans un ouvrage intitulé « intercommunalité politique et territoire » (1), les auteurs dressent le bilan d’une décennie de tentative de réforme du maillage communal en métropole afin de permettre une gestion des territoire urbain à une échelle géographique correspondant aux enjeux.

Dans la conclusion, les auteurs soulignent que « dès que surgissent des enjeux politiques, les élus, principalement les maires, sont prompts à reprendre la main sur les structures intercommunales. Deplus l’exercice des compétences intercommunales et toujours soumis au bon vouloir des communes, puisque le flou de la répartition des compétences rend toute action dépendante de la bonne entente au sein du couple communes-communauté »

En Nouvelle-Calédonie, l’intercommunalité est embryonnaire. Elle peine a sortir d’une simple juxtaposition de politiques communales.

Des signes encourageant apparaissent.

Ainsi le Syndicat Intercommunal du Grand Nouméa (S.I.G.N.) maître d’ouvrage des démarches du schéma d’aménagement et plans de déplacement de l’agglomération de Nouméa (SCAN et PDAN) devrait absorber en 2009 le SIVU des Eaux du grand Nouméa et le SIVU pour le traitement des déchets ménagers du Grand Nouméa.

Le blog de Dumbéa a rendu public le schéma de cohérence de l’agglomération nouméenne (SCAN)

bouchon-à-AuteuilIl a souligné combien notre mode de développement et de déplacement était absurde et insoutenable. Des solutions ont été présentées dans le Schéma de Cohérence de l’agglomération (SCAN) et supposent une nouvelle gouvernance de l’agglomération.

Pour résoudre les problèmes de transport, « il faut aborder la question à l’échelle du bassin de vie de l’agglomération ».
Pour cela, « l’échelle du Grand Nouméa correspond bien à une notion de périmètre de transport urbain, territoire où le transport public doit être géré par une seule autorité organisatrice afin de (…) gommer les ruptures induites par des organisations basées sur les limites communales internes et des logiques très différentes
 »

Il est donc nécessaire « d’une part de trouver des projets communs et d’autre part de créer un grand syndicat mixte des transports (communes, Province, voire plus…) qui regrouperait l’ensemble des autorités actuelles de transports publics. Ce travail à caractère éminemment politique nécessitera la réelle volonté de le mener à bien de la part de toutes les structures parties prenantes à l’affaire »

noumea-SLNCertaines indiscrétions laissent à penser de la Ville de Nouméa serait très réservée concernant la validation des documents d’orientation du SCAN. Ainsi, le premier véritable effort de planification intercommunale pourrait ne servir à rien puisque la principale ville a décidé qu’il lui serait trop demandé que de se contraindre aux ambitions de ces documents.

Pourtant la création d’une autorité organisatrice des déplacements à l’échelle des 6 grands acteurs institutionnels de la ville (les 4 communes, la Province et le Gouvernement) est indispensable si on souhaite une prise en compte plus globale, transversale et intégrée des problématiques de transport .

290px-EstacionelevadaSi cette réserve se traduisait en refus, il constituera un vrai coup d’arrêt pour l’intercommunalité, et un pas en arrière concernant les questions urbaines, alors même que les autres communes de l’agglomération s’enthousiasment de la création d’un organe permettant une gestion à une échelle supra-locale.

Dont-on conclure que la mise en oeuvre d’une stratégie de développement urbain et de transport à l’échelle de l’agglomération pour sortir de l’impasse dans laquelle nous conduit nos pratiques actuelles nécessite de sortir de la logique de pré-carré politicienne pour prendre une hauteur de vue qui n’est pas accessible à tous ?

L’avenir nous le dira.

 

Patrick de Viviès

 (1) Intercommunalité politique et territoire, Paul Boino et Xavier Desjardins, La documentation française

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