goutteAuteur : Lysis SONG

Si les citernes d’eau de pluie sont devenues obligatoires pour les constructions neuves en Belgique, la technique est encore confidentielle en France… il faut dire que cela représente un manque à gagner pour les agences de distribution de l’eau (qui sont des sociétés puissantes, devenues pour certaines des multinationales) ainsi que pour les sociétés de traitement de l’eau (qui sont souvent les mêmes).

L’eau de pluie peut servir à l’entretien de la voiture, au lavage des vélos, à l’arrosage du jardin, etc. Pour cela, une cuve placée en extérieur suffit.citerne-chasse-d-eau

 Mais, ces eaux pluviales peuvent aussi servir à alimenter, par exemple, les chasses d’eau.

 « Pour des raisons sanitaires, toute communication entre les canalisations alimentées par de l’eau ne provenant pas  de la distribution publique et celles assurant la distribution de l’eau en provenance du Service des Eaux est formellement interdite. »(1) 

citerne-eau-de-pluie Cette précaution prise, le distributeur vous opposera alors le problème du rejet des eaux usées. Cela peut, en effet, constituer un manque à gagner  pour la société de traitement de l’eau selon le terme de l’alternative suivante :

 Soit, vous disposez d’une installation autonome (avec bac à graisse, fosse toutes eaux, bac à sable et tranchées drainantes). C’est, souvent, le cas pour les Riverains de Koé. Pas de problème puisque vous   épurez, vous-mêmes, vos eaux usées.

 Soit, vous êtes raccordés ou raccordables au réseau d’assainissement collectif et vos eaux usées sont dirigées vers une station d’épuration (exemple Koutio). Dans ce cas là, vous êtes assujettis à la Redevance Assainissement dont le montant s’élève à 111,04 F/m3 (2 fois plus cher que sur la Commune de Nouméa où le « prix assainissement » n’est que de 53,76 F/m3)

recuperation-eau-pluieDans ce second cas (raccordement au réseau d’assainissement collectif), comment quantifier le volume des eaux pluviales utilisées pour les toilettes et rejetées ensuite, pour traitement, dans le réseau public? C’est bien la raison pour laquelle le distributeur exige que  « Tout abonné disposant à l’intérieur de sa propriété de canalisations alimentées par de l’eau ne provenant pas de la distribution publique doit en avertir le Service des Eaux. » (1)

 Par pallier ce manque à gagner, le nouveau règlement du Service de l’Assainissement collectif de la Commune de NOUMEA a prévu que si vous êtes alimenté à partir d’une source qui ne relève pas du service public, la redevance d’assainissement applicable à vos rejets est calculée :

  • Soit par mesure directe au moyen de dispositifs de comptage posés et entretenus par vos soins,
  • Soit sur la base de critères définis par la Collectivité et permettant d’évaluer les volumes prélevés.

citerne Malgré l’obligation d’avertissement du Service des Eaux faite aux Dumbéens, utilisez plutôt les eaux pluviales chaque fois que cela est possible (sachant qu’elle n’est pas potable sans traitement), c’est meilleur pour vos plantes et cela ne vous coûtera ni le prix d’achat du m3 d’eau, ni le prix du m3 d’eau assaini, encore moins le surprix communal et la participation au financement du Grand Tuyau, soit une économie d’au moins 213,31 F/m3.

 Et, en plus, vous ferez un geste écologique qui déplaira certainement au distributeur qui a qualifié « d’effet de mode » cette volonté de récupérer les eaux pluviales suite à une question posée par la 4ème adjointe au Maire, en charge de l’environnement. (2)

 

Lysis SONG

 (1) D’après le règlement du Service de Distribution d’eau de la Ville de Dumbéa article 15 – INSTALLATIONS INTERIEURES DE L’ABONNE : CAS PARTICULIERS  

(2) A  lire également l’article : « Jusqu’à 88 millions pour le golf incendié » et plus particulièrement le paragraphe : « Le Conseil se met à l’eau. », édition des Nouvelles Calédoniennes du 22 septembre 2009.

Publicités