P1020961Rencontre avec MALIA PUKO, responsable du squat « face Carrefour »P1020963

 La plupart des familles souhaitent pouvoir devenir propriétaire du terrain –appartenant aux FSH- qu’elles occupent sans titre, et que le quartier bénéficie d’un assainissement, comme l’avait demandé,il y a quelques années déjà,  Rose Naporapoé, responsable du squat de Kawati « côté palétuvier ».

 « Nous savons maintenant que cela n’est pas possible » précise lucide Malia, responsable du squat « côté Carrefour », qui rassemble 50 foyers soit environ 250 à 300 personnes. Les gens semblent tiraillés entre le désir d’accéder à un logement « avec de la lumière quand on appuie sur le bouton, de l’eau au robinet, des toilettes » et la crainte de perdre un style de vie, que la communauté soit « dispersée dans différents lotissements ». Et Malia précise « on est habitué à vivre avec les mélanésiens, on se respecte ».

P1020937Les habitants des squats voient les lotissements sociaux sortir de terre partout avec l’impression que ces logements ne sont pas pour eux. Ce sont « des gens qui viennent d’ailleurs, de Nouméa, du Mont-Dore, qui s’y installent » et eux, restent là. « Ce sont les squatters qui ont besoin d’un toit, le malade qui a besoin d’un médecin, pas le bien portant », constatant qu’il faut gagner plus de 150 000 F par mois pour accéder à l’habitat social.

P1020939 En voyant les immeubles avec appartements en locatif, beaucoup ont du mal à se voir vivre « enfermé, sans jardin pour planter le manioc, les ignames, le tarot ». Le jardin apporte un complément alimentaire important aux familles qui devraient sans cela acheter tout au magasin.

 « Payer un loyer toute sa vie pour ne rien avoir au bout ». Comme bien des Calédoniens, les squatters aspirent à pouvoir accéder à la propriété, par la location-vente, avec des loyers correspondant à leurs moyens.

P1020990En attendant, le prix de l’essence a beaucoup augmenté et faire tourner le groupe électrogène coûte le prix d’un loyer. L’été pour préserver la nourriture au congélateur, il faut faire tourner le groupe jour et nuit, ce qui coûte plus de 15 000 F par semaine.

P1030003Et les conditions de vie sont difficiles, « pour l’hygiène, les toilettes » précise un jeune. A l’entrée du squat, la collecte des ordures est en principe une fois par semaine. Mais « depuis la grève, cela fait plus d’un moins que personne n’est venu ramasser, et l’odeur est insupportable. » Des carcasses de voitures trainent ici et là, offrant d’accueillants gîtes larvaires aux moustiques vecteur de la dengue.

 Malgré ces conditions modestes, les familles font face avec une dignité qui invite au respect.

P1030009 Mais quand on demande à Malia ce qui faudrait faire en priorité pour améliorer leur vie quotidienne, elle répond sans hésiter « un abri bus pour que les enfants n’attendent plus le bus sous la pluie » et une remise en état des pistes défoncées du squat . 

 Souhaitons que la prière de Malia puisse être entendue.

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