Sans-titre-1AUTEUR : PATRICK DE VIVIES

 

 « Le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière. »  Préambule de l’Accord de Nouméa

Dumbéa est une des seules communes de Nouvelle-Calédonie, avec Nouméa à ne pas avoir de tribu sur son territoire. Rares sont ceux qui connaissent les tragiques circonstances qui ont conduit à la disparition de la dernière tribu de Dumbéa, Nundo, en 1878.

La colonie est alors  sous le choc de la révolte conduite par le grand chef Ataï qui fait rage dans la région de La Foa : des colons ont été massacrés fin juin par les rebelles et à Nouméa, la psychose gagne les esprits (1).

De peur de voir les insurgés déferler sur Nouméa, un groupe de colons armés gagne à cheval les berges de la Dumbéa pour porter renfort au poste de Gendarmerie gardant le pont sur la rive droite de la rivière. Un épicerie a été pillée à Dumbéa et un colon, M. Hoff, prétend avoir été vandalisé.

P1020487La troupe échappe rapidement au contrôle des autorités, dépassées par l’ambiance insurrectionnelle. Elle arrête puis massacre dans un champ de canne à surcre une vingtaine de mélanésiens de la tribu de Nundo (2), située dans la vallée de Noudoué. Douze d’entre eux dont le chef Banday, furent fusillés.

Les cadavres furent jetés dans la Dumbéa, au lieu dit Le Calvaire. La croix du Christ plantée à quelques mètres des vestiges de l’ancienne Gendarmerie – encore visible aujourd’hui – nous rappelle la tragique fin des Nundo.

Ce fût le dernier épisode d’une histoire coloniale aussi courte que violente pour les premiers habitants de Dumbéa. En effet, les populations mélanésiennes avaient déserté la rive gauche de la Dumbéa dès 1857, au terme de plus d’une année d’expéditions punitives(3) détruisant habitations et récoltes dans le climat  de guerrilla déclenchée par le massacre du colon Berard en octobre 1856 (4).

kuindoLors de sa réédition, le grand chef Kuindo aurait signé le 30 juillet 1857 un traité par lequel il concède l’ensemble des terres situées sur la rive gauche de la Dumbéa à la colonisation. Des terres qui n’étaient probablement pas sous son autorité. Ce traité marqua le début de l’exploitation de la canne à sucre dans la plaine de Koé (5) avec l’attribution d’un concession de 4000 hectares au colon Numa Joubert en décembre 1858.

 

 

(1) La révolte de 1878, Linda Latham, bulletin n°17 de la société d’études historiques (SEH)
(2) Heurs et malheurs du pays Numéa, Jean Guiart
(3) Souvenir d’un des trois Moineaux, six récits anciens, SEH
(4) Histoire de Nouvelle-Calédonie, Bernard Brou, SEH
(5) L’industrie sucrière, bulletin n°113 de la société d’études historiques (SEH)

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