feu-brousseEn 2004, un feu de brousse d’origine humaine (accidentel ou intentionnel ?) a détruit plus de 700 hectares de végétation sur la branche nord de la Haute-Dumbéa. Les pompiers, alertés par un riverain, étaient arrivés tardivement, car ils avaient eu du mal  localiser le lieu concerné. Le feu avait quitté le bord de route et était déjà dans les crêtes. Les pompiers avaient fait demi-tour.

ECHBE01J’avais contacté le chef de corps pour qu’il mobilise l’hélicoptère bombardier d’eau, mais il avait refusé car aucune habitation n’était menacée… le lendemain, face à mon insistance, l’hélicoptère était venu une heure avant de renoncer face à l’ampleur qu’avait pris le feu. L’incendie dévora les versants pendants 7 jours dans la plus totale indifférence avant que la pluie ne l’éteigne.

Heureusement, bien des choses ont changé depuis 2004. Il y a eu la grande mobilisation autour du feu de la Montagne des sources de l’été 2005-2006 et le renforcement des moyens publics consacrés à la lutte contre les feux.

Plus tôt les secours sont sur place et plus le feu peut être maitrisé avec des moyens limités. Chaque minute, chaque heure compte. Pour cette raison, la mise en place de moyens de surveillance pendant la saison sèche est indispensable. De ce fait, les centres de secours ne sont pas dépendants de l’appel  éventuel un citoyen –parfois imprécis sur la localisation ou l’ampleur du feu – pour intervenir.

Fort de ce constat, les collectivités se sont dotées d’un réseau de tours de guet. Les tours et la formation des guetteurs sont financés par la Nouvelle-Calédonie, l’Etat met à disposition des communes les guetteurs (des jeunes stagiaires pour le développement ou JSD), les municipalités assurant l’encadrement des guetteurs et leur acheminement sur site comme l’entretien des tours.

A Dumbéa pourtant, aucune tour de guet ne couvre la Haute-Dumbéa, de la Montagne des sources au Monts Dzumac. L’association Dumbéa Rivière Vivante a donc demandé en août 2008 à la commune l’installation d’une tour de guet supplémentaire couvrant ces secteurs particulièrement menacés par le feu. En effet chaque été, de nombreux feux de pique-nique ou de camping sont allumés par les visiteurs qui fréquentent les espaces de baignade. Ils dégénèrent chroniquement en incendie dont l’importance dépend de la sécheresse, du vent et de la rapidité d’accès des secours.

La commune a répondu favorablement sur le principe à cette demande, la Nouvelle-Calédonie a inscrit à son budget une tour de guet supplémentaire pour Dumbéa. Elle n’a pourtant pas pu être mise en place pour la saison 2008 en raison de la diminution du nombre de guetteurs affectés par l’Etat aux communes et parce qu’aucun site d’installation n’a été arrêté par la municipalité.

Le WWF, relayé par Dumbéa Rivière Vivante, a proposé le site du plateau des Calytropisis sur la montagne des sources, qui permet de couvrir aussi bien la Haute-Dumbéa que le Mont-Dore et donc de mutualiser des moyens humains de plus en plus rares. Aux dernières nouvelles, ces deux communes ne seraient pas parvenues à un accord et aucun site alternatif n’aurait été envisagé par la commune de Dumbéa qui ne souhaiterait pas assumer seule la charge de l’acheminement des guetteurs sur la Montagne des sources.

small_MD-montagne--Q1La saison des feux arrive vite et il est urgent que les collectivités concernées aboutissent à une solution à la hauteur des enjeux. Les dégâts provoqués par le feu sont durables et parfois même irréversibles. Les randonneurs qui remontent la branche nord traversent encore de vastes espaces calcinés en 2004. On ne peut pas prendre le risque qu’un tel sinistre se reproduise et pour cela  il faut agir vite.

Pourquoi ne pas mettre en place une surveillance vidéo ? Une telle installation peut être alimentée par un panneau solaire et mise en place dans un site isolé ? Le centre de secours ne pourrait-il pas suivre à distance, sur écran, les éventuels départs de feu ?

Publicités