nautou-okLe nautou et le plus gros pigeon arboricole  frugivore au monde. Endémique à la Nouvelle-Calédonie, il est classé comme « quasi menacé » par l’UICN. Son chant profond et monocorde permet de le détecter de très loin.

Dans les forêts de transition qui surplombent la plaine de Koé, la population de nautou est très dynamique. Encore assez rare il y a une dizaine d’année, il est désormais localement abondant, comme dans ce jardin d’un lotissement de Koé ou plus de dix spécimens ont été photographiés simultanément.

On aurait pu penser que le développement d’un habitat dispersé qui grignote les poches de forêt humide qui constituent son habitat lui aurait été préjudiciable. Il semble au contraire que le développement de lotissements ruraux lui ait été plutôt favorable. En effet, les feux de brousses sont désormais plus rares dans les zones habitées, chaque propriétaire ayant à coeur de ne pas voir son bien sous la proie de flammes. Ensuite, le développement de cet habitat rural a fermé ces secteurs à la chasse, auparavant courante sur ces collines. Enfin, certaines espèces de plantes introduites dans les jardins offrent aux nautous des aliments de choix parfois très recherchés, comme les graines de certains palmiers. Ainsi, les graines de l’Archontophoenix Alexandrae ou du Ptychosperma Macarthurii sont une véritable friandise pour les nautous, mais également pour les nombreux oiseaux de forêt qui viennent se régaler sur les grappes de fuits matures.

le-rendez-vous-des-nautous

Le développement d’un habitat dispersé de faible densité peut ainsi constribuer à préserver des milieux auparavant menacés. Dans le périmètre de protection des eaux de la haute-Dumbéa, il est ainsi interdit de morceller une propriété en dessous de 30 ares. Cela contribue donc à préserver, outre la qualité des eaux de la nappe phréatique,  une faune et flore originale et endémique. Ce constat invite à considérer avec réserve la tentation de densifier l’urbanisation à tout prix, parce que c’est économiquement plus rentable.

De nombreuses pressions sont exercées sur la municipalité pour que cette interdiction de morceller en dessous de 30 ares « saute » lors de la prochaine révision du plan d’urbanisme. Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

Souhaitez-vous que l’interdiction de morceller soit maintenue ?

En attendant, si vous aimez les oiseaux et cherchez à mieux identifier ceux qui vivent autour de vous, la société calédonienne d’ornithologie (SCO) a édité plusieurs ouvrages très bien faits. J’ai tout de même regretté qu’il fallait cumuler deux livres (Oiseaux de la forêt sèche de Nouvelle-Calédonie et Oiseaux de la chaine centrale de la province Nord) publiés avec des partenaires différents pour retrouver l’ensemble des espèces présentes sur la Haute-Dumbéa alors qu’un livre unique aurait été plus pratique.

Publicités