juillet 2009


P1020804AUTEUR : Patrick DE VIVIES

D’abord, en début de semaine, il y a eu quelques mots sympas sur le blog de la pointe à luzerne, qui nous a amené de nouveaux lecteurs, notamment parmi les amis de la pointe à dorade, qui ont lu avec attention l’article La Mangrove en danger ?

P1020867Puis, il y a eu ces photos des affrontements entre forces de l’ordre et militants de l’USTKE dans l’article Bienvenue Madame la Secrétaire d’Etat qui nous ont amené de nombreux visiteurs nouveaux.

Il y a eu enfin la municipalité de Dumbéa qui a commenté dans Les Nouvelles Calédoniennes du 30 juillet un article Préserver la Dumbéa nord , publié sur ce blog, signé par Pascal Guillotin, président de Dumbéa Rivière Vivante.

P1020657Ces événements ont permis à notre jeune blog, moins d’un mois et demi après sa création le 15 juin 2009, de passer pour la première fois, le 30 juillet, la barre symbolique des 200 visites par jour.

Le succès de ce blog démontre la vitalité du monde associatif et le dynamisme de la société civile. Il ne faut pas se tromper sur la nature de ce qui se passe à Dumbéa. S’il y a dans telle ou telle association des personnes qui sont engagés politiquement – à titre personnel – le mouvement associatif qui s’éveille dans le nord comme au sud transcende les clivages. Il est le fruit d’une dynamique fondamentalement citoyenne et apolitique.

P1020519sepJe remercie tous ceux et celles qui viennent désormais régulièrement consulter ce qui est devenu un véritable journal numérique de Dumbéa. J’en profite pour rappeler que ce média est ouvert à tous ceux et celles qui ont des choses à dire sur Dumbéa. Il y a déjà quelques contributeurs qui proposent régulièrement des sujets à publication qui sont signés de leur nom. Seuls les propos insultants ou irrespectueux de la personne humaine ne seront pas publiés.

J’ai eu le plaisir de lire, parmi ceux et celles qui sont venus mettre des commentaires sur les articles postés, les écrits de personnes qui savent bien écrire et qui ont des choses à dire. N’hésitez pas donc à proposer vos sujets par mail à patrick.devivies@canl.nc.

Bien amicalement

Patrick DE VIVIES

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marie-wa

Marie Joubert et ses trois enfants

AUTEUR : Patrick DE VIVIES

Didier Numa Joubert (1) fait partie de ces français installés Australie qui sont attirés par les opportunités offertes la prise de possession récente (1853) de la grande terre par la France.   Après vingt-deux ans en Australie où il est un homme d’affaires réputé, il  arrive en Nouvelle-Calédonie en juillet 1858. Et obtient le 19 décembre 1858 une concession de près de 4000 hectares à Dumbéa depuis Koé jusqu’à Koutio en englobant Dumbéa-sur-mer.

Didier séjourne encore souvent en Australie, et ce sont ses deux fils qui sont chargés de gérer la propriété (2). L’ainé Numa Joubert reçoit la station de Koutio-Kouéta consacrée à l’élevage bovin et le cadet, Ferdinand, reçoit la station de Koé destinée à la création d’une usine sucrière et à la culture de la canne à sucre.

Usine-de-Koé-à-Monsieur-JOU

ANC Album André MARCHAND 2 Num 8 - 13 "Nouvelle-Calédonie, Usine de Koé à Monsieur JOUBERT"

Les Joubert amènent hommes, animaux et matériel d’Australie. Et comme le prévoit l’arrêté de concession, installent plusieurs centaines de colons sur leur propriété. Parmi ces immigrants, John Newland, George Bull et Peter Heister sont à l’origine d’une nombreuse descendance calédonienne.
 
C’est le 4 septembre 1865 que la sucrerie est inaugurée. Mais les résultats sont décevants, et Didier cherche un associé expérimenté pour aider son fils.

vestiges de la sucrerie Degreslan-Duboisé

vestiges de la sucrerie Degreslan-Duboisé

D’autant que la concurrence est rude depuis l’arrivée des familles réunionnaises expérimentées dans la culture de la canne à sucre et dans l’industrie sucrière. Paul Duboisé, arrivé le 9 février 1864 s’installe à Nimba, suivi de créoles et de malabars réunionnais. Il s’associe à Evenor Degreslan, un autre réunionais arrivé en 1863, pour monter une sucrerie concurrente.

Le Gouverneur Guillain promit une prime de 500 hectares au premier qui parviendrait à doter la colonie d’une sucrerie. Joubert parvient à s’associer avec un autre réunionnais, Gustave Clain. Mais les résultats ne sont pas au rendez-vous : le rendement des plantations est insuffisant et l’usine fonctionne mal. Ils obtiennent malgré tout la prime promise en juin 1868, mais Gustave Clain décède quelques mois plus tôt et ce sont ses descendants qui récupèrent les 500 hectares de la prime du Gouverneur.

Joubert et la succession Clain se livrent alors une bataille juridique jusqu’à que le Gouverneur décide en juin 1869 que la prime revient par moitié à Joubert et Clain. Pourtant, depuis février 1869, des nuées de sauterelles s’abattent sur les champs de canne à sucre. Les plantations de canne à sucre de la vallée (120 hectares au total) subissent d’énormes dégâts. Les invasions durent plusieurs années et il faut attendre 1871 (3) pour qu’une méthode efficace soit trouvée pour lutter contre ces insectes qui avaient donné leur nom « Koé » à la plaine.

maison-de-M-Joubert

ANC Album A. HUGAN 1 Num 23 3058 Koé Habitation de M Hugan, planteur de cannes

Ferdinand Joubert décède de maladie en mars 1874. Cela entrainera le désengagement des Joubert. Dès mai 1874, Didier se défait des terres – 600 hectares – qu’il possède sur la rive droite de la Dumbéa de Nondoué à la Kouvelée. Numa continue de gérer la propriété de Koé avant de la vendre en 25 juillet 1877. Et c’est John Higginson qui devient propriétaire en 1878 de ce qui resta de la concession Joubert. Ainsi, la saga des Joubert ne dura que 25 ans.

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ruine de la sucrerie Joubert à travers la végétation

Peu de gens savent que Gregory Wamytan, fils du vieux Joseph, décédé en 1987, que l’on appelait « le guérisseur » et de Germaine, est à Dumbéa, le descendant direct de Numa Joubert. Ce dernier laissa une fille après son départ en Australie, Marie Ondaboué (4), née de son union avec Marie Rose Ondaboué, mélanésienne de Tonghoué. Bien que vivant en Australie, il resta proche d’elle, et s’assura  de son éducation auprès des sœurs de la Conception. Il donna son autorisation écrite à son mariage avec Joseph Wamytan, le 11 mars 1882 au village de Saint-Louis. C’est ainsi que le sang des descendants du grand chef Kuindo se mélangea avec celui des premiers colons sucriers. Le couple eut  neuf enfants dont Joseph le guérisseur.

mur de la sucrerie Joubert

mur de la sucrerie Joubert

Victor Fayard racheta bien longtemps après à John Higginson notamment les propriétés initialement concédées à Joubert, et c’est sur un terrain appartenant (ou à côté ?) à Colette Fayard, qui épousa Bernard Marant, que se situent les derniers restes de la sucrerie Joubert, dans un rare état d’abandon. Un mur s’est effondré il y a quelques années dans la plus totale indifférence et il faut beaucoup d’attention pour déceler, dans la broussaille les vestiges de la sucrerie à quelques dizaines de mètres à droite de l’Auberge de la Rhumerie.

L’auberge, quand à elle, était un entrepôt de l’administration pénitentiaire construit en 1880 sur les terres louées par John Higginson. Après la mort de Victor Fayard, en 1934, l’entrepôt est intégré à la société des propriétés Fayard, créée en 1937.

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Auberge de la Rhumerie

 
(1) Didier Numa Joubert, Pionnier malchanceux de l’agriculture calédonienne, Claude Cornet,  bulletin n°112 de la SEH

(2)Voyage autour du monde, Jules Garnier

(3) La canne à sucre dans la vallée de Dumbéa, Numa Joubert, bulletin n°112 de la SEH

(4) Histoire des Gens du Sud, Claude Cornet, Edition la Boudeuse

P1020928P1020864Le sens de l’accueil des océaniens est bien connu au-delà des mers. Aussi, il n’est pas étonnant qu’une « coutume » de bienvenue ait été organisée à l’occasion de la première visite en Nouvelle-Calédonie de notre secrétaire d’Etat à l’Outre-mer.

 

P1020887En considération du sens profond de l’hospitalité ainsi manifesté chaleureusement, la Secrétaire d’Etat n’a pas voulu être en reste et a organisé une « coutume » de retour qui s’est voulue digne du témoignage de bienvenue dont elle avait été honorée.

P1020894On remarquera au passage la rigueur de l’organisation protocolaire des services de l’Etat qui ont su se montrer à la hauteur de la mission qui leur a été confiée.P1020925

 

 

Ces cérémonies se sont prolongées à la chaleur d’un feu de bois par les traditionnels échanges de compliments et de présents aux senteurs insulaires.

P1020923Nous sommes certains que ce sens marqué de l’hospitalité, relayé comme il se doit sur les chaines de télévision nationales et internationales, présentes à l’occasion du Sommet France Océanie, sauront attirer vers notre destination enchanteresse les nombreux touristes dont notre économie à tant besoin.

P1020838Auteur : Lysis SONG

Depuis le 1er janvier 2003, le montant de la redevance d’enlèvement des ordures  ménagères était fixé à quinze mille francs CFP, et payable au semestre (soit 1250 F par mois, pour trois collectes hebdomadaires).

Avec une régularité de métronome (Aucune  collecte supprimée en plusieurs années), les éboueurs de la municipalité de DUMBEA munis de leurs crochets, saisissaient, « en plein vol »  avec une dextérité incomparable  nos sacs en plastique pour les balancer dans la benne de leur camion qui, après avoir  ralenti, les avalait tout en poursuivant sa tournée.

Puis,  vint le temps des containeurs et …des grèves. C’était au troisième trimestre 2006 : 240 litres pour tout le monde ! « Qu’importe le volume de vos déchets  ménagers, pourvu qu’on ait le fric ! »

En effet, le tarif mensuel passait, dès lors, à 2000 F CFP pour seulement deux collectes hebdomadaires. Au moment où la mairie de DUMBEA  met  en place des Points d’Apport Volontaire pour le tri sélectif et que l’on invite les citoyens à produire moins d’ordures (Ecologie oblige.), on peut s’étonner que l’on ne soit pas en mesure de laisser le choix aux dumbéens du volume forfaitaire correspondant à leurs besoins.

Si c’est le système de collecte qui oblige à l’utilisation d’un format unique de container, n’est-t-il pas possible de limiter à 120 litres le volume d’un bac de 240 ? 

Ce mode de facturation au forfait (Paiement pour un traitement de 240 litres d’ordures ménagères, alors qu’un bac de 120 litres pourrait suffire à bien des foyers ) et celui de la Calédonienne des Eaux qui vous fait payer 40 m3 d’eau même si vous n’en consommez qu’un seul se ressemblent comme …. deux gouttes d’eau.        

A votre avis, à qui cela profite-t-il ?

 Lysis SONG

P1020796P1020790AUTEUR : Patrick DE VIVIES

En parcourant le bord de mer dans le lotissement de la pointe à la dorade, qui est le premier quartier habité de Dumbéa-sur-mer, la menace pesant sur la mangrove dumbéenne est bien visible. Ordures, plastiques, déchets ménagers sont abandonnés en abondance sur chacun des cul-de-sac du lotissement qui offrent un accès à la mer. On y trouve même, à quelques mètres de l’eau, des déchets hautement toxiques comme des batteries, abandonnés dans ce qui ressemble à de véritables dépotoirs sauvages.

Mais cette pollution du fragile écosystème de la mangrove n’est que la partie visible de la pression résultant de l’urbanisation rapide de la façade maritime de Dumbéa. En effet, le réseau de traitement des eaux usées de ce lotissement qui accueille environ trois cents foyers n’est aujourd’hui pas opérationnel, si bien que l’on peut légitimement se demander si une part importante de cette pollution ne va pas directement dans la mangrove et à la mer. (voir Les Nouvelles Calédoniennes du 30 janvier 2009)

P1020798En effet une station d’épuration provisoire de 240 équivalents habitants avait été construite par le promoteur du lotissement en attendant d’en construire une plus grande. Mais la construction de cette dernière a été refusée par la mairie en 2004, parce qu’elle empiétait légèrement sur une zone maritime. Puis, lorsque le secteur a été intégré dans la zone d’aménagement concertée de Dumbéa-sur-mer en 2006, le lotissement de la pointe à la dorade s’est trouvé au milieu d’un véritable imbroglio juridico-financier opposant l’ancien promoteur, la commune de Dumbéa, la Secal, gestionnaire de la ZAC pour le compte de la Province sud (voir Les Nouvelles-Calédoniennes du 11 novembre 2008)

Depuis près de quatre ans, les pouvoirs publics sont donc  informés que la station d’épuration est saturée. Avec les conséquences qui en découlent en terme d’hygiène publique et d’environnement, sans qu’une solution n’ait pu être trouvée.

P1020827Comme si cela ne suffisait pas, la mangrove doit à présent absorber les milliers de mètres cubes de boues que les pluies drainent. En effet, plus de deux cents hectares sont en cours de terrassement sur le vaste chantier de Dumbéa-sur-mer et les pluies des ces derniers mois sont la source d’une intense érosion.

Cette imposante pression  sur un écosystème aussi fragile que la mangrove surprend de la part d’acteurs publics engagés dans un aménagement urbain novateur présenté comme respectueux de l’environnement.

P1020793La mangrove joue un rôle central dans la chaine alimentaire du lagon, dans la préservation de la mer contre l’érosion et dans la reproduction des poissons. Et notamment dans la reproduction des poissons d’eau douce vivant dans la Dumbéa, comme l’on démontrés les études (1) sur la faune de poissons d’eau douce réalisées par Dumbéa rivière vivante et par la Province sud. La Dumbéa abrite une faune dulçaquicole parmi les plus diversifiée de Nouvelle-Calédonie. La plupart des espèces recensées dans le cours supérieur vont se reproduire dans la mangrove de l’estuaire aujourd’hui en danger.

 Il serait donc grand temps que les pouvoirs publics se mobilisent pour limiter l’impact de l’urbanisation de cet écosystème en danger. Ne croyez-vous pas ?

P1020804(1) Faune ichtyologique et carcinologique de Nouvelle-Calédonie, Christine Poellabauer,Province sud, Faune aquatique de la Rivière Dumbéa, Christine Poellabauer, Dumbéa rivière vivante.

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AUTEUR : Patrick DE VIVIES

Le jardin est un élément à part entière de l’art de vivre dumbéen. Nombreux sont ceux en effet qui ont choisi de venir s’installer à Dumbéa parcequ’ils n’avaient pas la possibilité de disposer à Nouméa, de l’espace nécessaire pour aménager le jardin de leurs rêves. Aussi, nous ouvrirons bien volontier notre blog à ceux d’entre vous qui voudraient offrir une visite virtuelle, par internet, de leur jardin. 

P1020319Il y a déjà un jardin dumbéen que l’on peut découvrir par l’intermédiaire du blog que son propriétaire lui consacre. Il s’agit du Jardin d’Adèle Deborde, bien connu des Calédoniens pour son livre »Les jardins essentiels, Culture biologique P1010004en Nouvelle-Calédonie« , riche en conseils pratiques sur l’art de jardinner sans tous ces pesticides ou engrais chimiques.

P1020329J’utilise pour illustrer cet article quelques photos de mon jardin, qui cherche à marier le minéral, le végétal et l’aquatique. Il traduit un goût immodéré pour la nature, qu’elle soit ou non endémique à la Nouvelle-Calédonie. Si vous aussi souhaitez nous faire profiter de votre jardin, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous ou à me contacter par mail (patrick.devivies@canl.nc).

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AUTEUR : Patrick de Vivies

P1020519Les amateurs de vieilles pierres laissées en souvenir par nos « vieux » en témoignage de leur histoire seront intéressés par les vestiges de l’ancien relais de la poste, situés en contre haut de la RT1, dans le lieu-dit « La pépinière » au sortir du Val de l’Ermitage. C’est probablement un des plus vieux édifices de la vallée de la Ouanaoué, hélas aujourd’hui en très mauvais état de conservation. Les sources écrites qu’il m’a été possible de consulter ne m’ont pas permis de retrouver la date précise de sa construction. Mais l’escalier colonial en brique peut laisser supposer une construction postérieure à la mise en service de la briqueterie de l’Administration pénitentiaire ouverte à Koé après 1879 sur les terrains loués par John Higginson. Le relais fut vraisemblablement  contemporain des premières  commissions municipales et  la première école située sur l’emplacement de l’actuelle école maternelle John Higginson.

P1020529 La bâtisse, en état de délabrement avancé, a été restaurée avec les moyens du bord par les actuels occupants, la véranda ne tenant que grâce à un renfort de poteaux en acier galvanisé. A l’intérieur, le plancher est partiellement effondré et il est difficile, dans la pénombre, de percevoir les étagères en bois d’époque qui servaient à stocker le courrier. Sur un des murs subsiste le  portrait d’une femme qu’un rayon de soleil glissé par cette porte si rarement ouverte tente de sortir de l’oubli.   

Le relais de la poste a vu ce quartier naitre et se développer lorsque la ligne de chemin de fer a favorisé l’installation de nombreux foyers entre 1920 et 1930. Dans un article d’Henri Daly, qui témoigne de « La Dumbéa des années 30 » dont de larges extraits ont été repris dans le bulletin n°64 de la société des études historiques, le relais est décrit comme « la première maison que l’on rencontrait dans le secteur », « celle des Hemion de 1902 à 1935 puis des Gazengel. La maison se trouvait sur la gauche en très légère surélévation, un peu en retrait de la route. Bien des années plus tôt elle avait constitué un relais de poste ou la « patache » venant de Nouméa changeait son atelage de chevaux fatigués par la montée et la descente du col. »

Si vous disposez de témoignages, d’anegdotes ou d’informations sur l’histoire du relais de la poste, n’hésitez pas à les partatger.

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