pontferAlors que nous sommes nombreux à nous épuiser chaque matin dans les interminables bouchons pour quitter notre dortoir communal et retrouver notre travail nouméen, je voulais rappeler qu’en des temps pas si lointains de l’histoire dumbéenne, on pouvait se rendre à Nouméa en train.

Il a tout de même fallu plus de 17 ans entre la décision, prise par le Gouverneur Pallu de la Barrière, en 1884, qui déclara d’utilité publique la création d’un chemin de fer calédonien, et le début des travaux en 1901. C’est seulement en décembre 1904 que la ligne Nouméa-Dumbéa sera inaugurée, donnant un nouvel essor à la commune. Le creusement du tunnel de Tonghoué constituait le principal ouvrage d’art de ce premier tronçon. Il faudra attendre 1914 pour que le train parvienne à Païta, franchissant un pont sur la Dumbéa et le tunnel d’Erambéré

Le petit train n’a pas su hélas trouver son équilibre financier. Le déficit s’est creusé d’année en année jusqu’à la fermeture de la ligne en 1940, pour une brève renaissance pour le transport de munitions à l’occasion de la seconde guerre mondiale.

Ce billet est un hommage à l’audace des pionniers d’avant qui n’avaient pas hésités à s’engager dans des travaux titanesques –surtout avec les moyens de l’époque- s’étalant sur plusieurs décennies, pour doter les pays d’un moyen de transport stratégique pour l’acheminement du Nickel, du bois de chauffage, du charbon de Nondoué et des personnes. Dans le contexte de la congestion croissante de la circulation automobile dans l’agglomération, un transport ferroviaire serait-il rentable ?

La réponse à cette question dépend probablement de la manière dont on calcule cette rentabilité : s’il on introduit l’économie que l’on pourrait réaliser sur les coûts cachés de notre mode actuel de transport – reposant exclusivement sur l’automobile, l’efficacité économique du transport collectif apparaitrait sans doute plus évidente.

En effet, notre société consacre collectivement un budget de plus en plus important au « tout-automobile », depuis la construction et l’entretien d’un nombre croissant de routes, en passant par la consommation de carburants, sans oublier les coûts de recyclage des épaves et déchets de la route et le prix du sang que payent ceux d’entre nous qui meurent chaque année dans des accidents de circulation.

290px-EstacionelevadaLes pionniers nous ont laissé en héritage le foncier de cette ancienne voie qui a largement échappé à l’urbanisation. Sachons le mettre en valeur en suivant leurs traces… et en nous inspirant de leur audace.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous à un transport collectif de type train rapide ou pensez-vous qu’au contraire, l’avenir est dans d’autres solutions de type « transport en commun en site propre« , c’est à dire à des bus sur des voies réservées ? Ou préféreriez vous des solutions du type transport collectif maritime comme à Sydney ?

Publicités