foule-gens_~909-049-06Le sud de la commune a connu une urbanisation rapide à partir du début des années 70. Les quartiers résidentiels de Koutio et d’Auteuil se sont étendus dans la continuité du développement de Nouméa, par apport de population quittant la capitale pour la périphérie, ou s’installant dans l’agglomération en provenance de l’intérieur, des iles ou de l’extérieur du territoire.

Pour ces « nouveaux dumbéens » de l’époque, le sentiment d’appartenir à la commune de Dumbéa n’existait pas véritablement. Pour leur part, les habitants de la vallée de la Dumbéa avaient (ont encore ?) tendance à se considérer comme les seuls « vrais dumbéens ». Les nouveaux venus, récemment installés de l’autre côté du col de Tonghoué, étaient souvent perçus comme des immigrés sur le terroir dumbéen.

Je me souviens qu’au milieu des années 90, l’actualité concernant les quartiers de Koutio et d’Auteuil était présentée dans les Nouvelles Calédoniennes dans la page « Nouméa », ce qui illustrait bien que ces quartiers urbanisés périphériques à la capitale n’étaient pas reconnus comme dumbéens.

On voit bien que le sentiment d’appartenance à une communauté humaine, que ce soit au niveau d’une commune ou au niveau d’un pays, dépend du vécu de chacun d’entre nous. Il est très différent pour le jeune qui est né et a grandi à Koutio, pour le nouméen venant qu’acquérir une maison hors de Nouméa, pour le descendant d’une des grandes familles historiques de Dumbéa…

Ce sentiment d’appartenance relève de la démarche identitaire. Dans identitaire, il y a le fait de se sentir appartenir à ce qui nous est identique, de nous séparer de qui nous est différent. Ce sentiment identitaire se construit. On le voit bien en Nouvelle-Calédonie, ou le sentiment d’appartenance aux différentes communautés est très fort. La construction d’une communauté de destin, qui nous rassemble au-delà de nos différences communautaires, est née d’une volonté politique inscrite dans l’Accord de Nouméa.

Au niveau municipal, le fait de se sentir appartenir à sa commune ne va pas de soit, surtout lorsque l’accroissement de la population est fort. Cette identité se construit. La municipalité joue un rôle prépondérant dans cette construction, par les infrastructures et services qu’elle met en place, qui permettent aux populations de se rencontrer et de partager ensemble. Etre sorti de la même école, avoir joué sur les mêmes terrains de sports, assisté aux mêmes spectacles crée du lien… Mais la répartition des équipements peut aussi faire prédominer le sentiment d’appartenance à un quartier.

Les grands événements et festivités qui rassemblent la population contribuent également à fédérer à l’échelle d’une commune.

img04

Les choix opérés en matière de développement urbains sont aussi déterminent. Par exemple, les vues d’architectes qui nous ont « vendu » l’idée d’un centre urbain à Koutio décrivaient une esplanade avec des bancs ombragés, des fontaines, des cinémas, des restaurants et cafés avec terrasses accueillantes. En un mot des lieux où l’on peut se rencontrer, se trouver, qui offriraient une alternative sérieuse à la sortie sur Nouméa.

 

P1020421Les premières réalisations de ce centre sortent de terre juste en face du lycée du Grand Nouméa semblent bien éloignées de cet idéal urbain : des logements, beaucoup de logements sans âme.

 Le centre d’une ville est son cœur : le lieu ou peut se forger une identité dans la rencontre. A l’heure ou se construit à Dumbéa une ville nouvelle qui va conduire au doublement de la population communale, la question «  qu’est-ce qu’être Dumbéen aujourd’hui ? » a tout son sens. Il y a derrière l’enjeu humain un enjeu urbain. Comment réussir à créer un cœur à la ville, des lieux de rencontre au centre et dans les quartiers, comment attirer des activités à Dumbéa ?

Pour que notre commune tourne le dos au destin de banlieue dortoir dans lequel veut l’enfermer son attractive voisine. Sans renier les racines rurales qui forge notre identité originelle.

Publicités