P1020387Si vous passez entre trois quart d’heure et une heure et demi dans votre voiture chaque matin pour vous rendre à votre travail, vous devez vous demander comment nous sommes parvenus à nous enferrer collectivement dans une situation aussi absurde !

Le pétrole est une denrée de plus en plus rare à l’échelle planétaire, dont le coût ne va pas s’arrêter d’augmenter jusqu’à épuisement de la ressource. Et nous, nous sommes des centaines, que dis-je, des milliers, immobilisés, côte à côte, chaque jour, seuls dans nos véhicules respectifs, à brûler consciencieusement  le précieux or noir… tout cela as-t-il un sens ?

Chacun d’entre nous nous énervons plusieurs jours par an derrière notre volant en pure perte. Cela justifie l’intérêt porté aux problèmes posés par la circulation automobile. Ce thème, comme celui de la sécurité, a eu la vedette, lors des élections successives de ces dernières années. Pourtant, on ne voit pas de changements majeurs se dessiner.

Bien au contraire, les nouveaux lotissements sortent partout de terre comme les herbes après une forte pluie et déversent de nouveau flots de voitures sur les bonnes vielles mêmes routes, déjà bien saturées !!! Avec comme perspectives, pour les braves citoyens que nous sommes, des trajets qui s’allongent toujours…

Une urbanisation anarchique

L’urbanisation de Dumbéa a été complètement anarchique ! Entre la RT1 et la voie express, s’est développé un labyrinthe assez inextricable de voies de desserte d’habitations au grès des chantiers des lotisseurs sociaux. La création d’un maillage structurant entre ces deux grands axes, dans le cadre du chantier du centre urbain de Koutio et la desserte du lycée du Grand Nouméa, a débuté il y a plus d’une décennie et n’est toujours pas achevée.

Une ville nouvelle se construit à Dumbéa-sur-mer : les premiers habitants, à la pointe à la dorade, y accédaient en traversant un squat et un vaste chantier, puis depuis peu, en traversant le vieux quartier archi-saturé de Koutio. En attendant – combien de temps – que les échangeurs prévus sur la voie express se construisent.

1384842972_6db2c0ec54La voie express : une frontière dans la ville

Dans le développement urbain rapide que connaît la commune, le péage sur la voie express, enclavé entre nouveaux et anciens quartiers, ressemble au témoignage dépassé d’une époque pas si lointaine ou la brousse commençait après le péage. Il est aujourd’hui une entrave au développement, une frontière dans la ville qui fait de la voie rapide une sorte de mur de Berlin entre les Dumbéens d’hier et d’aujourd’hui. La voie express doit désormais devenir, à Dumbéa, une voie urbaine gratuite et ouverte sur les quartiers en construction. C’est indispensable pour l’unité de Dumbéa qui ne peut conserver une telle fracture au milieu de son visage !

Se déplacer autrement

Une meilleure anticipation du développement urbain pourrait limiter les problèmes de circulation. La modernisation de certains échangeurs anciens et inadaptés et la réalisation de certaines voies structurantes aussi.

Pourtant, il est clair que le problème appelle des solutions d’une autre nature. “Vouloir résoudre la congestion en multipliant les voies de circulation, c’est comme lutter contre son obésité en s’achetant une ceinture plus grande“. Cette affirmation, reprise par François Serve dans son blog illustre bien l’absurdité d’une approche basée sur « toujours plus de routes, toujours plus de voitures ».

Surtout à Dumbéa ou nous avons été une des communes de Nouvelle-Calédonie desservies par le train entre 1904 et 1940. C’est ainsi que des quartiers comme celui de la Pépinière ont été par les premières résidences secondaires de Nouvelle-Calédonie à se construire, dans les années 30, grâce à ce moyen de transport collectif. Le foncier de la voie ferrée a été rétrocédé par la Nouvelle-Calédonie aux communes. Pourquoi ne pas utiliser ce foncier pour construire un réseau de transport express interurbain ?

D’autre part, les bouchons sont bien éphémères. Il y a une heure très critique le matin et le soir. Ceci peut nous inviter à rechercher une partie de la réponse dans la modulation des horaires de travail. Enfin, il est sans doute possible de développer la décentralisation de certaines activités dans la périphérie et le travail à domicile. Bref, arrêter le « hors de Nouméa point de salut ! »

En attendant, l’association pointe-à-la-luzerne lance un vibrant appel au covoiturage : avis aux amateurs.

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