small_DBEA-GRAND-TUYAU-nbEn mars 2008, la Chambre territoriale des comptes avait sorti un rapport accablant sur le Grand Tuyau et la manière dont son coût est répercuté sur la facture des usagers. Les Nouvelles-Calédoniennes du 6 juin 2008, dans un article intitulé  « Le Grand Tuyau pompe les usagers » indiquaient que « Les magistrats démontrent que le contrat avec le groupe Suez a été signé sur le dos des usagers, qui paient deux fois leur eau. »

La question du prix payé par l’usager pour être alimenté en eau potable a trouvé sur le terroir de la vallée de Dumbéa, et plus précisément le long de la plaine de Koé, un nouveau rebondissement. Les habitants du quartier ont constaté qu’il leur était facturé sous l’intitulé « investissement AEP» la redevance d’abonnement sur le Grand Tuyau. Or, comme l’indique Lysis Song, en charge du dossier de l’eau au sein de l’association des Riverains de Koé, nous ne sommes raccordés au Grand Tuyau que depuis le 14 janvier 2006.

Une redevance prélevée sans contrepartie

Contrairement à un impôt, une redevance est une « somme demandée à des usagers en vue de couvrir les charges d’un service public déterminé ou les frais d’établissement et d’entretien d’un ouvrage public qui trouve sa contrepartie directe dans les prestations fournies par le service ou dans l’utilisation de l’ouvrage ». En clair, la collectivité n’est pas fondée à prélever une redevance s’il n’y a pas en contrepartie un service rendu.

Pour cette raison, les riverains de Koé envisagent de demander à la commune le remboursement des sommes indument perçues entre 2001 et 2006.

Pour la période postérieure à 2006, la question est plus complexe. Tout d’abord, le rapport de la Chambre territoriale des comptes a souligné que, depuis la révision du mode de rémunération du concessionnaire de 2005, le coût du déficit d’exploitation antérieur à cette date a été répercuté sur la redevance. On peut se demander légitiment si la commune était fondée à répercuter sur des usagers des déficits d’exploitation correspondant à des périodes pendant lesquels ils n’étaient pas raccordés. 

De surcroit, les membres de l’association reçus par le directeur administratif de la Calédonienne des Eaux le 28 avril 2009 n’ont pas été éclairés par les explications données sur le fait de savoir si de l’eau du Grand Tuyau coule effectivement à ce jour à leur robinet. « Nous avons eu confirmation du fait que de l’eau du Grand Tuyau était injectée dans le réseau au niveau de Nakutakoin. Mais aucun fait prouvant que cette eau remontait le tuyau pour aller vers Koé ne nous a été apportée » indiquait l’un des participant à cette réunion. « On a tout de même un peu de mal à comprendre comment elle pourrait progresser dans cette conduite dans laquelle descend l’eau en provenance du barrage sur la Dumbéa en direction de Nouméa.».

Il faudrait un compteur capable de démontrer la réalité des flux.

En eau trouble

En conclusion, les Riverains de Koé attendent toujours la preuve qu’il y ait bien une contrepartie à la redevance prélevée, en terme de service public rendu. « L’eau du robinet est toujours d’une qualité médiocre, trouble voire parfois boueuse par temps de forte pluie. On ne comprend pas pourquoi on paye l’eau chère du Grand Tuyau pour ne recevoir que l’eau turbide du barrage. »

« Nous ne sommes pas opposé au Grand Tuyau, ni au paiement de son coût, nous voulons juste pouvoir voir et boire la couleur limpide de son eau. »

L’association souhaitait que la commune organise une réunion avec la Calédonienne des Eaux pour que des réponses moins troubles que l’eau soient apportées aux questions posées, au moment ou se négocie l’avenant n°3 au traité de concession en les quatre communes de l’agglomération et le groupe Suez.

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