juin 2009


small_DBEA-RIV-VIVANTE1NBProblème de qualité de l’eau potable, de prix de l’eau, de préservation de la rivière Dumbéa, des prélèvements sur la rivière, d’alimentation en eau potable depuis le barrage sur la Dumbéa ou la rivière Tontouta par le Grand Tuyau… Bien des sujets évoqués dans ce blog concernent l’eau, sa gestion, son usage et sa préservation. Ils sont une invitation à la gestion raisonnée de cette ressource précieuse.

Pour construire une politique de l’eau à l’échelle de la commune qui considère les demandes des associations œuvrant pour la protection de la rivière, les attentes des usagers réunis en associations de riverains ou en association de consommateurs, il existe un approche participative qui a déjà fait ses preuves en dehors du territoire, mais également en Nouvelle-Calédonie : le conseil de l’eau ou le comité de bassin.

Le conseil de l’eau est une structure qui rassemble l’ensemble des acteurs concernés par l’eau à l’échelle du bassin versant d’un  cours d’eau pour proposer un schéma de gestion durable de cette ressource.

La création d’un conseil de l’eau à Dumbéa est une proposition de l’association Dumbéa Rivière Vivante énoncée à l’occasion de son assemblée générale du 3 août 2008. L’association, dont le champ d’action était limité précédemment à la haute Dumbéa, marquait par cette proposition la nécessité d’avoir une vision globale à l’échelle de l’ensemble du bassin versant, depuis la source jusqu’à l’embouchure.

bénévoles-Dumbéa-chez-Bob_JElle trouva un prolongement par la suite dans le rapprochement opéré avec l’association de la pointe à la luzerne et dans l’organisation d’actions conjointes, puis plus récemment, dans le cadre du rapprochement avec l’association de la pointe à la dorade. Elle se poursuit ensuite par la création de l’association des riverains de Koé qui travaille notamment sur les questions liées à l’alimentation en eau potable de la vallée.

Hubert Géraux, coordinateur du WWF, qui est un partenaire majeur de Dumbéa Rivière Vivante depuis plus de huit ans à présent, a souligné l’intérêt que nous aurions à bénéficier de l’expérience de ceux qui contribué à créer une structure analogue à La Foa, rejoint en cela par Guy Forhinger, d’Action Biosphère, ardent défenseur de la démarche.

Le bassin versant de la Dumbéa comprend, outre les deux branches de la rivière Dumbéa (nord et est), La Couvelée, la Nondoué, le Carigou et la Ouanéoué qui prend sa source aux Monts Koghis.

Les échanges avec la commune sur la Création d’un conseil de l’eau ont été plutôt fructueux, Armelle Monneret, élue en charge de l’environnement, ayant marqué dès l’origine son intérêt pour la démarche. La commune prendra-t-elle l’initiative de rassembler les potentiels acteurs d’un futur conseil ?

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous qu’un Conseil de l’eau puisse favoriser une meilleure gestion de l’eau ou au contraire qu’il s’agit là d’une nouvelle « usine à gaz » gourmande en temps et en moyens ?

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pontferAlors que nous sommes nombreux à nous épuiser chaque matin dans les interminables bouchons pour quitter notre dortoir communal et retrouver notre travail nouméen, je voulais rappeler qu’en des temps pas si lointains de l’histoire dumbéenne, on pouvait se rendre à Nouméa en train.

Il a tout de même fallu plus de 17 ans entre la décision, prise par le Gouverneur Pallu de la Barrière, en 1884, qui déclara d’utilité publique la création d’un chemin de fer calédonien, et le début des travaux en 1901. C’est seulement en décembre 1904 que la ligne Nouméa-Dumbéa sera inaugurée, donnant un nouvel essor à la commune. Le creusement du tunnel de Tonghoué constituait le principal ouvrage d’art de ce premier tronçon. Il faudra attendre 1914 pour que le train parvienne à Païta, franchissant un pont sur la Dumbéa et le tunnel d’Erambéré

Le petit train n’a pas su hélas trouver son équilibre financier. Le déficit s’est creusé d’année en année jusqu’à la fermeture de la ligne en 1940, pour une brève renaissance pour le transport de munitions à l’occasion de la seconde guerre mondiale.

Ce billet est un hommage à l’audace des pionniers d’avant qui n’avaient pas hésités à s’engager dans des travaux titanesques –surtout avec les moyens de l’époque- s’étalant sur plusieurs décennies, pour doter les pays d’un moyen de transport stratégique pour l’acheminement du Nickel, du bois de chauffage, du charbon de Nondoué et des personnes. Dans le contexte de la congestion croissante de la circulation automobile dans l’agglomération, un transport ferroviaire serait-il rentable ?

La réponse à cette question dépend probablement de la manière dont on calcule cette rentabilité : s’il on introduit l’économie que l’on pourrait réaliser sur les coûts cachés de notre mode actuel de transport – reposant exclusivement sur l’automobile, l’efficacité économique du transport collectif apparaitrait sans doute plus évidente.

En effet, notre société consacre collectivement un budget de plus en plus important au « tout-automobile », depuis la construction et l’entretien d’un nombre croissant de routes, en passant par la consommation de carburants, sans oublier les coûts de recyclage des épaves et déchets de la route et le prix du sang que payent ceux d’entre nous qui meurent chaque année dans des accidents de circulation.

290px-EstacionelevadaLes pionniers nous ont laissé en héritage le foncier de cette ancienne voie qui a largement échappé à l’urbanisation. Sachons le mettre en valeur en suivant leurs traces… et en nous inspirant de leur audace.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous à un transport collectif de type train rapide ou pensez-vous qu’au contraire, l’avenir est dans d’autres solutions de type « transport en commun en site propre« , c’est à dire à des bus sur des voies réservées ? Ou préféreriez vous des solutions du type transport collectif maritime comme à Sydney ?

P1020375Auteur : Lysis SONG

D’après le film de Yann Arthus BERTRAND diffusé le 5 juin 2009, « Home », un milliard d’habitants dans le monde n’a pas accès à l’eau potable.

D’après le Journal du Rassemblement-UMP du mois d’octobre 2008, la Nouvelle-Calédonie détient le record mondial de consommation d’eau par habitant.

D’après le Rapport d’Observations Définitives de la Chambre Territoriale des Comptes de Nouvelle-Calédonie, en 2001, dernière année où les statistiques d’ensemble étaient disponibles, la consommation était de 378 litres par jour et par personne en Nouvelle-Calédonie, loin devant la France (150 litres).

D’après les recommandations de la Calédonienne des Eaux, « Un filet d’eau oublié dans le jardin c’est 60 litres/heure, soit 525.000 litres/an. » ou encore « Une chasse d’eau c’est environ 10 litres. »

Malgré tous ces constats, et alors que la tendance est plutôt à l’action afin de réaliser des économies d’eau par des gestes simples et répétés, les factures trimestrielles d’eau des Dumbéens (mais aussi des abonnés de Païta, de La Foa et de Bourail), prévoient un forfait de 40 m3.

 

Est-ce une façon d’inciter les usagers à économiser l’eau tout en leur facturant 40 m3 quelle que soit leur consommation?

En associant cette idée de gestion durable de l’eau à des arguments économiques, il devrait être possible de vous convaincre du bien-fondé de cette suppression.

De surcroît, le relevé des compteurs effectué une fois par trimestre l’est de façon très irrégulière de telle sorte que la période entre notre nouvel et notre ancien index peut varier de 2 mois 9 jours (exemple, le 2ème trimestre 2002 allant du 7 mai 2002 au 16 juillet 2002) à 3 mois 14 jours (exemple, le 4 ème trimestre 2008 couvrant la période du 21 octobre 2008 au 4 février 2009). L’intervalle entre 2 relevés consécutifs n’est donc pas pris en compte lors de l’établissement de nos factures trimestrielles. Ce qui peut nous pénaliser doublement.

Supprimer ce volume forfaitaire de 40 m3, ce serait une économie non seulement pour les couples et les personnes seules ou retraitées mais aussi pour les nouveaux propriétaires qui ne construisent pas dès l’acquisition de leur terrain.

Pour cela, Dumbéens, demandons la suppression, dans la tranche 1, du volume forfaitaire de 40 m3.

Proposition faite par le responsable du dossier « S.eau.S, Bassin de KOE » de l’association des Riverains de Koé

Lysis SONG Téléphone : 92 09 48

barrageUne étude(1) réalisée en 2004 par l’Institut européen pour le conseil en environnement pour le compte de la Province sud dans le cadre du projet de parc soutenu par l’association Dumbéa Rivière Vivante souligne les risques de rupture du grand barrage sur la Dumbéa en cas de crue exceptionnelle.

Lors de sa construction en 1954, le barrage a été conçu pour résister aux plus fortes crues que l’on pensait possible à l’époque (soit une crue-projet de 730 m3/s, augmentée à 1090 m3/s en 1965). Le barrage a été rehaussé de 3 m en 1972 à la fois pour augmenter la capacité de la retenue, mais aussi pour améliorer la stabilité de l’ouvrage. La crue à laquelle le barrage pouvait résister avait été révisée à cette occasion à 1400 m3/s par des travaux de consolidation.

Les données hydrologiques et la connaissance des crues étant récentes sur la Dumbéa, la succession d’évènements climatiques à conduit à réévaluer la crue centennale (crue pouvant survenir tous les cent ans en moyenne) à 3000 m3/s en 1993 puis à la ramener à 1580 m3/s en 1995 suite à une étude plus approfondie.
L’expertise réalisée par Coyne et Bellier en 1993 envisage des crues exceptionnelles de 3 à 4000 m3/s. Il est dit que « dans ce cas, le mur en aile rive gauche et la culée rive droite seraient débordés, ce qui aggraverait brutalement des conditions de stabilité déjà problématiques. Ce qui conduit les missionnaires de l’Institut européen pour le conseil en environnement à considérer que « Le risque d’érosion de l’ouvrage en cas de crue exceptionnelle est réel »

Le risque de rupture est réel

L’étude mentionne ainsi qu’ : « un débit de 2300 m3/s peut juste passer (barrage à la limite d’être submergé à ses extrémités). Nous n’avons  as  u d’informations sur la durée de la poussée que la voûte peut supporter en cas de crue exceptionnelle. En fait, si le barrage était submergé, l’érosion se produirait  ur les fondations de l’ouvrage. L’altération de ces fondations serait dépendante de la durée de submersion. La ville de Nouméa envisage une baisse éventuelle du seuil déversant de l’ouvrage.  Compte tenu d’une part des difficultés à établir les débits des crues exceptionnelles sans historique portant sur un grand laps de temps et d’autre part des modifications climatiques qui se font de plus en plus sentir, il semble sage d’envisager l’occurrence d’évènements climatiques graves pouvant conduire à l’altération de l’ouvrage. Cet aléa reste d’occurrence faible mais sa puissance destructrice nous le font classer comme fort. »

En clair, l’étude indique que s’il est peu probable que le barrage se rompt, le risque existe bel et bien et les conséquences d’une rupture seraient graves. La ville de Nouméa, propriétaire du barrage, ainsi que la Calédonienne des Eaux, concessionnaire de l’ouvrage sont parfaitement au courant de la situation. Officieusement, il nous est dit qu’une solution est sur le point d’être mise en œuvre. Il faut donc remercier le ciel qu’aune crue majeure ne soit intervenue depuis que cette donnée est connue et espérer qu’aucune ne survienne à court terme.

 (1)Etude de faisabilité pour la création d’une aire protégée dans la Haute-Dumbéa
ECO-Conseil – Institut européen pour le conseil en environnement 
PROVINCE SUD DE NOUVELLE-CALEDONIE

foule-gens_~909-049-06Le sud de la commune a connu une urbanisation rapide à partir du début des années 70. Les quartiers résidentiels de Koutio et d’Auteuil se sont étendus dans la continuité du développement de Nouméa, par apport de population quittant la capitale pour la périphérie, ou s’installant dans l’agglomération en provenance de l’intérieur, des iles ou de l’extérieur du territoire.

Pour ces « nouveaux dumbéens » de l’époque, le sentiment d’appartenir à la commune de Dumbéa n’existait pas véritablement. Pour leur part, les habitants de la vallée de la Dumbéa avaient (ont encore ?) tendance à se considérer comme les seuls « vrais dumbéens ». Les nouveaux venus, récemment installés de l’autre côté du col de Tonghoué, étaient souvent perçus comme des immigrés sur le terroir dumbéen.

Je me souviens qu’au milieu des années 90, l’actualité concernant les quartiers de Koutio et d’Auteuil était présentée dans les Nouvelles Calédoniennes dans la page « Nouméa », ce qui illustrait bien que ces quartiers urbanisés périphériques à la capitale n’étaient pas reconnus comme dumbéens.

On voit bien que le sentiment d’appartenance à une communauté humaine, que ce soit au niveau d’une commune ou au niveau d’un pays, dépend du vécu de chacun d’entre nous. Il est très différent pour le jeune qui est né et a grandi à Koutio, pour le nouméen venant qu’acquérir une maison hors de Nouméa, pour le descendant d’une des grandes familles historiques de Dumbéa…

Ce sentiment d’appartenance relève de la démarche identitaire. Dans identitaire, il y a le fait de se sentir appartenir à ce qui nous est identique, de nous séparer de qui nous est différent. Ce sentiment identitaire se construit. On le voit bien en Nouvelle-Calédonie, ou le sentiment d’appartenance aux différentes communautés est très fort. La construction d’une communauté de destin, qui nous rassemble au-delà de nos différences communautaires, est née d’une volonté politique inscrite dans l’Accord de Nouméa.

Au niveau municipal, le fait de se sentir appartenir à sa commune ne va pas de soit, surtout lorsque l’accroissement de la population est fort. Cette identité se construit. La municipalité joue un rôle prépondérant dans cette construction, par les infrastructures et services qu’elle met en place, qui permettent aux populations de se rencontrer et de partager ensemble. Etre sorti de la même école, avoir joué sur les mêmes terrains de sports, assisté aux mêmes spectacles crée du lien… Mais la répartition des équipements peut aussi faire prédominer le sentiment d’appartenance à un quartier.

Les grands événements et festivités qui rassemblent la population contribuent également à fédérer à l’échelle d’une commune.

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Les choix opérés en matière de développement urbains sont aussi déterminent. Par exemple, les vues d’architectes qui nous ont « vendu » l’idée d’un centre urbain à Koutio décrivaient une esplanade avec des bancs ombragés, des fontaines, des cinémas, des restaurants et cafés avec terrasses accueillantes. En un mot des lieux où l’on peut se rencontrer, se trouver, qui offriraient une alternative sérieuse à la sortie sur Nouméa.

 

P1020421Les premières réalisations de ce centre sortent de terre juste en face du lycée du Grand Nouméa semblent bien éloignées de cet idéal urbain : des logements, beaucoup de logements sans âme.

 Le centre d’une ville est son cœur : le lieu ou peut se forger une identité dans la rencontre. A l’heure ou se construit à Dumbéa une ville nouvelle qui va conduire au doublement de la population communale, la question «  qu’est-ce qu’être Dumbéen aujourd’hui ? » a tout son sens. Il y a derrière l’enjeu humain un enjeu urbain. Comment réussir à créer un cœur à la ville, des lieux de rencontre au centre et dans les quartiers, comment attirer des activités à Dumbéa ?

Pour que notre commune tourne le dos au destin de banlieue dortoir dans lequel veut l’enfermer son attractive voisine. Sans renier les racines rurales qui forge notre identité originelle.

P1020387Si vous passez entre trois quart d’heure et une heure et demi dans votre voiture chaque matin pour vous rendre à votre travail, vous devez vous demander comment nous sommes parvenus à nous enferrer collectivement dans une situation aussi absurde !

Le pétrole est une denrée de plus en plus rare à l’échelle planétaire, dont le coût ne va pas s’arrêter d’augmenter jusqu’à épuisement de la ressource. Et nous, nous sommes des centaines, que dis-je, des milliers, immobilisés, côte à côte, chaque jour, seuls dans nos véhicules respectifs, à brûler consciencieusement  le précieux or noir… tout cela as-t-il un sens ?

Chacun d’entre nous nous énervons plusieurs jours par an derrière notre volant en pure perte. Cela justifie l’intérêt porté aux problèmes posés par la circulation automobile. Ce thème, comme celui de la sécurité, a eu la vedette, lors des élections successives de ces dernières années. Pourtant, on ne voit pas de changements majeurs se dessiner.

Bien au contraire, les nouveaux lotissements sortent partout de terre comme les herbes après une forte pluie et déversent de nouveau flots de voitures sur les bonnes vielles mêmes routes, déjà bien saturées !!! Avec comme perspectives, pour les braves citoyens que nous sommes, des trajets qui s’allongent toujours…

Une urbanisation anarchique

L’urbanisation de Dumbéa a été complètement anarchique ! Entre la RT1 et la voie express, s’est développé un labyrinthe assez inextricable de voies de desserte d’habitations au grès des chantiers des lotisseurs sociaux. La création d’un maillage structurant entre ces deux grands axes, dans le cadre du chantier du centre urbain de Koutio et la desserte du lycée du Grand Nouméa, a débuté il y a plus d’une décennie et n’est toujours pas achevée.

Une ville nouvelle se construit à Dumbéa-sur-mer : les premiers habitants, à la pointe à la dorade, y accédaient en traversant un squat et un vaste chantier, puis depuis peu, en traversant le vieux quartier archi-saturé de Koutio. En attendant – combien de temps – que les échangeurs prévus sur la voie express se construisent.

1384842972_6db2c0ec54La voie express : une frontière dans la ville

Dans le développement urbain rapide que connaît la commune, le péage sur la voie express, enclavé entre nouveaux et anciens quartiers, ressemble au témoignage dépassé d’une époque pas si lointaine ou la brousse commençait après le péage. Il est aujourd’hui une entrave au développement, une frontière dans la ville qui fait de la voie rapide une sorte de mur de Berlin entre les Dumbéens d’hier et d’aujourd’hui. La voie express doit désormais devenir, à Dumbéa, une voie urbaine gratuite et ouverte sur les quartiers en construction. C’est indispensable pour l’unité de Dumbéa qui ne peut conserver une telle fracture au milieu de son visage !

Se déplacer autrement

Une meilleure anticipation du développement urbain pourrait limiter les problèmes de circulation. La modernisation de certains échangeurs anciens et inadaptés et la réalisation de certaines voies structurantes aussi.

Pourtant, il est clair que le problème appelle des solutions d’une autre nature. “Vouloir résoudre la congestion en multipliant les voies de circulation, c’est comme lutter contre son obésité en s’achetant une ceinture plus grande“. Cette affirmation, reprise par François Serve dans son blog illustre bien l’absurdité d’une approche basée sur « toujours plus de routes, toujours plus de voitures ».

Surtout à Dumbéa ou nous avons été une des communes de Nouvelle-Calédonie desservies par le train entre 1904 et 1940. C’est ainsi que des quartiers comme celui de la Pépinière ont été par les premières résidences secondaires de Nouvelle-Calédonie à se construire, dans les années 30, grâce à ce moyen de transport collectif. Le foncier de la voie ferrée a été rétrocédé par la Nouvelle-Calédonie aux communes. Pourquoi ne pas utiliser ce foncier pour construire un réseau de transport express interurbain ?

D’autre part, les bouchons sont bien éphémères. Il y a une heure très critique le matin et le soir. Ceci peut nous inviter à rechercher une partie de la réponse dans la modulation des horaires de travail. Enfin, il est sans doute possible de développer la décentralisation de certaines activités dans la périphérie et le travail à domicile. Bref, arrêter le « hors de Nouméa point de salut ! »

En attendant, l’association pointe-à-la-luzerne lance un vibrant appel au covoiturage : avis aux amateurs.

small_DBEA-GRAND-TUYAU-nbEn mars 2008, la Chambre territoriale des comptes avait sorti un rapport accablant sur le Grand Tuyau et la manière dont son coût est répercuté sur la facture des usagers. Les Nouvelles-Calédoniennes du 6 juin 2008, dans un article intitulé  « Le Grand Tuyau pompe les usagers » indiquaient que « Les magistrats démontrent que le contrat avec le groupe Suez a été signé sur le dos des usagers, qui paient deux fois leur eau. »

La question du prix payé par l’usager pour être alimenté en eau potable a trouvé sur le terroir de la vallée de Dumbéa, et plus précisément le long de la plaine de Koé, un nouveau rebondissement. Les habitants du quartier ont constaté qu’il leur était facturé sous l’intitulé « investissement AEP» la redevance d’abonnement sur le Grand Tuyau. Or, comme l’indique Lysis Song, en charge du dossier de l’eau au sein de l’association des Riverains de Koé, nous ne sommes raccordés au Grand Tuyau que depuis le 14 janvier 2006.

Une redevance prélevée sans contrepartie

Contrairement à un impôt, une redevance est une « somme demandée à des usagers en vue de couvrir les charges d’un service public déterminé ou les frais d’établissement et d’entretien d’un ouvrage public qui trouve sa contrepartie directe dans les prestations fournies par le service ou dans l’utilisation de l’ouvrage ». En clair, la collectivité n’est pas fondée à prélever une redevance s’il n’y a pas en contrepartie un service rendu.

Pour cette raison, les riverains de Koé envisagent de demander à la commune le remboursement des sommes indument perçues entre 2001 et 2006.

Pour la période postérieure à 2006, la question est plus complexe. Tout d’abord, le rapport de la Chambre territoriale des comptes a souligné que, depuis la révision du mode de rémunération du concessionnaire de 2005, le coût du déficit d’exploitation antérieur à cette date a été répercuté sur la redevance. On peut se demander légitiment si la commune était fondée à répercuter sur des usagers des déficits d’exploitation correspondant à des périodes pendant lesquels ils n’étaient pas raccordés. 

De surcroit, les membres de l’association reçus par le directeur administratif de la Calédonienne des Eaux le 28 avril 2009 n’ont pas été éclairés par les explications données sur le fait de savoir si de l’eau du Grand Tuyau coule effectivement à ce jour à leur robinet. « Nous avons eu confirmation du fait que de l’eau du Grand Tuyau était injectée dans le réseau au niveau de Nakutakoin. Mais aucun fait prouvant que cette eau remontait le tuyau pour aller vers Koé ne nous a été apportée » indiquait l’un des participant à cette réunion. « On a tout de même un peu de mal à comprendre comment elle pourrait progresser dans cette conduite dans laquelle descend l’eau en provenance du barrage sur la Dumbéa en direction de Nouméa.».

Il faudrait un compteur capable de démontrer la réalité des flux.

En eau trouble

En conclusion, les Riverains de Koé attendent toujours la preuve qu’il y ait bien une contrepartie à la redevance prélevée, en terme de service public rendu. « L’eau du robinet est toujours d’une qualité médiocre, trouble voire parfois boueuse par temps de forte pluie. On ne comprend pas pourquoi on paye l’eau chère du Grand Tuyau pour ne recevoir que l’eau turbide du barrage. »

« Nous ne sommes pas opposé au Grand Tuyau, ni au paiement de son coût, nous voulons juste pouvoir voir et boire la couleur limpide de son eau. »

L’association souhaitait que la commune organise une réunion avec la Calédonienne des Eaux pour que des réponses moins troubles que l’eau soient apportées aux questions posées, au moment ou se négocie l’avenant n°3 au traité de concession en les quatre communes de l’agglomération et le groupe Suez.

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